Un roman de la collection commissaire Maigret, datant de 1959.

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THÈME : Un meurtre a été commis dans la vieille maison de la famille Lachaume, propriétaire d'une célèbre marque de biscuits. Mais quand le commissaire Maigret arrive, il s'aperçoit que les membres de ladite famille ne montrent aucun empressement à témoigner, alors que la victime est un de leurs parents. D'où vient cette réticence ? Quel secret cachait donc cette maison ? Et surtout, qui a tué et pourquoi ?

MA LECTURE : Quand on se trouve en vacances et qu'on a envie de lire quelque chose, on ramasse ce qu'on trouve. Comme ce vieux bouquin oublié sur une étagère. Pourquoi pas ? Ce ne doit pas être plus nul que le reste.

Finalement, ce n'est pas nul du tout. C'est tout simplement que ce genre de livres vient vous rappeler ce qu'on oublie trop souvent : tout ce qui existe a un début, un milieu et une fin. Tel est l'univers en trois dimensions dans lequel nous vivons. Ainsi donc, le commissaire Maigret a eu un début, un milieu et une fin. Comme tout le monde.

Et justement, ce numéro appartient à la période finale. Nous sommes en 1959. La dernière ligne droite des enquêtes du célèbre commissaire. Encore quelques minces années et Simenon arrêtera de les écrire, pour se consacrer à d'autres oeuvres, plus autobiographiques. Oui, la fin approche, et ça se voit. Ce "Témoins récalcitrants" reflète l'essoufflement de la collection. On n'y trouve plus l'extraordinaire ampleur de "Pietr le Letton", ou de "M. Gallet, décédé". On les cherche en vain. Ici, l'intrigue se révèle assez pâle, voire stéréotypée. On attend sans cesse que ça décolle, ça ne décolle jamais. Bah, ne soyons pas trop injuste : l'ensemble est sauvé par une fin typiquement simenonienne. Pour ça, au moins, le grand Georges demeure à la hauteur.

En attendant, on doit s'avouer envahi par la nostalgie, sentiment pourtant bien éloigné de notre caractère. Le vrai commissaire Maigret, c'était celui de l'avant-guerre, celui du chapeau melon et du vieux poêle. C'est celui-là qui nous a fait rêver. Celui de 1959 est vieux et essoufflé. Ses enquêtes ne captivent plus comme jadis. Bientôt, il prendra enfin sa retraite, et on se dit que c'était ce qu'il avait de mieux à faire.