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Un roman de la collection Maigret, datant de 1931, chez Presses Pocket.

THÈME : Un meurtre a été commis au carrefour des Trois-Veuves. Un homme a été découvert mort au volant d’une voiture. Le commissaire Maigret demeure perplexe. En effet, le carrefour ne compte que trois bâtiments : la maison du couple Andersen, celle d’un représentant en assurances, et un garage. Comment un meurtre a-t-il pu se produire en un tel endroit et passer inaperçu ? Maigret n’a d’autre choix que de tourner autour du carrefour, à la recherche de la vérité.

MON AVIS : Comment lire un livre dont on connaît l’histoire par cœur ? Nous dirons qu’il s’agit d’un exercice, parmi d’autres. Après tout, il y a bien des films qu’on revoit dix fois. Alors, on se lance dans la lecture, bien vaillamment, et on va au bout. D’ailleurs, on ne le regrette pas. Le cas de figure est relativement fréquent : on dresse un décor et on essaye de deviner comment un événement (en l’occurrence, un crime) a pu s’y produire. Hitchcock l’a fait à plusieurs reprises. Simenon ne s’en sort pas trop mal et l’explication qu’il nous donne à la fin a le mérite de tenir la route.

Parce qu’au-delà de l’intrigue, il s’agit, encore et toujours, de lire Simenon. On l’a tant fait dans notre vie. Certains ne s’en lassent jamais. D’autres s’en lassent, parce qu’il en est ainsi. On continue, ou on arrête, c’est selon. Ce qui frappe chez Simenon, et ce qui devient peu à peu répétitif, est que la victime l’est rarement (victime). Presque toujours, on découvre au dénouement que l’homme assassiné était un sale type, et même si cela n’est pas dit ouvertement, on croit comprendre qu’il a plus ou moins mérité son sort. Quelques critiques appellent ça la « neutralité » de Simenon. D’autres expliquent posément qu’il avait une vision « réaliste » de l’humanité. Pour ma part, je serai plus franc et je dirai que le sieur Simenon ne devait pas être, dans la vie, quelqu’un de très sympathique. Parce que le talent et la sympathie, ça ne va pas toujours ensemble. Roman Polanski est-il sympathique ? Ah, c’est embêtant. Mais il faut s’y faire : les artistes qui nous émerveillent ne sont pas toujours les plus admirables. Alors, le carrefour des Trois-Veuves, mieux vaut y aller sans se poser trop de questions.