17 novembre 2009
Au Théâtre Chaillot, pour "La Belle"
Ce soir, trajet jusqu'au Trocadéro. J'allais au Théâtre National de Chaillot, en compagnie de Nicolas Thuet, pour assister à la générale de "La Belle". Il s'agit d'une version musicale et dansée de "La Belle au Bois Dormant", sur un fond sonore à base de tubes des sixties. Je ne suis pas sûr d'avoir tout compris, mais le spectacle s'appuie sur une profusion d'effets visuels et scéniques. Quant à la performance physique des danseurs, elle est époustouflante.
Pour tout vous dire, j'étais surtout allé là-bas pour revoir Christelle Gasiglia. Ce fut un triomphe pour elle. Je mesure le chemin qu'elle a parcouru depuis deux ans. C'est sympa de voir des gens qui réussissent, surtout quand ils le méritent, et Christelle a terriblement bossé pour y arriver. Du coup, je me dis que ce fut une chance incroyable de pouvoir (modestement) travailler avec elle.
14 novembre 2009
A la soirée d'ActuSf et Griffe d'Encre
Hier soir, j'étais à une soirée littéraire organisée par l'association Muses et Merveilles, laquelle convoquait les éditeurs Actusf et Griffe d'Encre. Le premier propose "69" et le second "Chasseurs de fantasmes" : deux anthologies de nouvelles mêlant SF et érotisme. C'était sympa et ça m'a permis de retrouver des gens. Une réserve : trouver le Passage de l'Atlas, où cela se déroulait, relève de l'exploit ! Si on voulait décourager le public d'aller aux conférences, on ne s'y prendrait pas autrement.
13 novembre 2009
Première réponse négative
Je reçois donc la première réponse de ma salve d'appels à textes, et elle est négative :
Bonjour,
Nous sommes désolés de répondre par la négative à la proposition de
votre nouvelle.
Votre texte présente un style tout à fait correct et les thèmes qu'il
aborde correspondent à la ligne éditoriale de Pénombres. Néanmoins, le
nœud de l'intrigue est amené de façon un peu maladroite: la
présentation de la situation du héros est un peu longue et la
découverte des faits peu palpitante, alors qu'une ambiance terrifiante
aurait pu se construire en jouant sur les sons, les sensations du
héros. La fin, sans être surprenante, relance cependant l'intérêt. Ce
serait davantage la mise en place du cadre qui serait à retravailler.
En vous remerciant de nouveau pour votre soumission,
Nos sincères salutations,
Vanessa Terral
10 novembre 2009
Psychopathes et Compagnie - Collection Dix de Plume - 2009
"Psychopathes et Compagnie" est un ouvrage collectif, une anthologie de nouvelles sur le thème des
psychopathes. Il est édité aux Editions Maruja Sener, dans la collection Dix de Plume.
Il comprend les histoires :
-Les feux de l'amour (Cyrille Audebert)
-Le plus doux des hommes (Jean Gualbert)
-Amour fou (Frédéric Vasseur)
-La défensive (Pitoum)
-La rivière a promis (Michèle Desmet)
-Saraba (Pascal Hurbourg)
-Premier jour de soldes (Macha Sener)
-Inspiration (Stéphane Thomas)
-Doudou (Brigitte Vasseur)
-Huit vies de trop (Pitoum)
-Léonard (Jacques Païonni)
-Coq au vin (Anne-Laure Buffet)
-L'instrument du diable (Stéphane Thomas)
-Bien dégagé autour des oreilles (Vincent Cuomo)
-Nuisibles (Frédéric Vasseur)
-Je suis un misérable (Evariste de Saint-Germain)
Comme tous les ouvrages de ce genre, celui-ci se révèle inégal. Mais le niveau général est excellent. L'embêtant est qu'en lisant, on en arrive à se demander si les plus psychopathes sont les personnages de ces histoires ou ceux qui les ont écrites ! En effet, mieux vaut avoir le moral pour lire jusqu'au bout. Le titre n'est pas une publicité mensongère.
On démarre très fort avec, tout de suite, le roi incontestable des psychopathes : M. Landru en personne. Ensuite, on a droit à toute la collection : tortionnaire nazi, tueurs multirécidivistes, assassins compulsifs. Mais aussi, pour élargir l'éventail, des cas plus pointus : épouse trahie punissant le mari volage, femme se rendant aux soldes, personne souhaitant purger la société des gens nuisibles. On en vient à se demander si on est normal quand on n'appartient à aucune de ces catégories ! Les thèmes sont forts, ainsi qu'on le voit. Pour le style, c'est variable, mais c'est globalement de la bonne écriture. Je signale surtout Pascal Hurbourg, au style impeccable.
Ma seule réserve, c'est que l'imprimeur a visiblement assuré le service minimum et que ce bouquin aurait mérité mieux.
En conclusion, un bon recueil de nouvelles, à découvrir. Mais à lire après avoir pris un comprimé !
09 novembre 2009
Un de mes textes présélectionné pour le concours de Station Fiction
Je suppose que la plupart d'entre vous ne doivent pas savoir à quoi ressemble un concours de nouvelles. J'ai donc l'idée de vous donner un exemple.
Le fanzine Station Fiction a lancé un concours sur le thème "TEMPUS FUGIT". Des gens ont répondu, et voici la première présélection qu'ils publient sur leur site. Je précise que mon histoire porte le numéro 26 :
http://chantier-imaginaire.winnerbb.net/station-fiction-f2/at-n6-tempus-fugit-31-10-2009-t486.htm
Ainsi que vous le constatez, près de 45 textes se retrouvent en lice. Or, le fanzine n'en retiendra que 5 ou 6, pour des raisons techniques, et une quarantaine seront éliminés. Donc, mes chances sont les mêmes que pour les autres, soit très réduites. C'est le jeu, et il faut l'accepter.
Vous savez maintenant à quoi ressemble un concours de nouvelles.
06 novembre 2009
Photos du Far West
La vie quotidienne au Far West n'était pas ce que le cinéma a montré. On s'en doutait un peu. Ces vieux clichés ont donc le mérite de remonter du passé des instants saisis et fixés, comme autant de témoignages. Des voyageurs qui prennent la diligence, l'équipe de shériffs de Dodge City, des cow-boys qui ont formé une fanfare,
des trappeurs et leurs poneys devant leur cabane, une famille en route sur la piste de l'Oregon. Sans le savoir, ils mettent en marche une légende.
05 novembre 2009
Photos du Far West
Dodge City vers 1876. Le moins qu'on puisse dire est que les conditions de vie devaient y être rudimentaires. La ville était réputée pour ses duels au revolver et toute une équipe de shériffs dut s'employer pour la pacifier.
Une autre image de Dodge City. Les carrioles indiquent un rassemblement. Un office religieux ? Un mariage ? Un enterrement ? En tout cas, un instantané de la vie quotidienne.
Wichita, vers 1875. Regardez l'état de la rue principale ! On n'ose imaginer à quoi devaient ressembler les autres ! C'était vraiment la Frontière. Pourtant, observez la quantité d'enseignes commerciales : la civilisation avance, malgré tout.
Tombstone, vers 1880, soit l'époque du règlement de comptes à OK Corral. En voyant ce décor primitif, on comprend pourquoi la violence y était répandue. Par la suite, Tombstone est devenue une ville fantôme.
Photos du Far West
Impressionnant. La photo de gauche a été prise pendant les guerres indiennes. Les chevaux du premier plan ont servi aux raids et aux combats. C'est comme si le passé ressurgissait. Quelle tribu ? Et que vont devenir ces Indiens ? On ne le sait pas.
Les photos suivantes ont été prises en temps de paix, mais elles n'en sont pas moins saisissantes. À droite, des Comanches guettant l'horizon, comme à l'époque où ils attaquaient les caravanes. On mesure à quel point le cinéma a su (de quelle manière ?) fixer l'image instantanée, celle qui crée immédiatement la légende. Et on ne sait plus si c'est la légende qui a nourri le cinéma, ou le cinéma qui a créé la légende.
Des cavaliers de la nation cheyenne se découpant sur l'horizon. Image de paix, mais évoquant les longues années de guerre. On aimerait être avec eux, leur parler, comme si le temps s'était arrêté.
À droite, des Indiens autour d'un feu. Impossible de savoir si la scène est réelle ou s'il s'agit d'une mise en scène pour le photographe. L'histoire et la légende se mêlent définitivement.
02 novembre 2009
La prisonnière du désert, de John Ford
Le plus grand western de tous les temps ? C'est bien possible. Le Far West porté aux dimensions de l'Odyssée homérique. Inoubliable.
31 octobre 2009
Emile Zola : Contes et Nouvelles - Flammarion
Si je vous dis suspense, épouvante, fantastique, je suppose que vous penserez à l'actuelle littérature de genre. Je me trompe ? Et si je vous dis Emile Zola, je suppose que vous pensez à tout à fait autre chose. Je me trompe ?
De là l'intérêt de ces Contes et Nouvelles, parce qu'elles nous forcent à redécouvrir un Emile Zola que les manuels scolaires ont bêtement enfermé dans Germinal et l'affaire Deyfus. C'est le Zola "officiel". Et ces Nouvelles nous rappellent qu'il y en eut un autre. Tout simplement un grand, un fabuleux écrivain, au talent immense et universel. Remarquons bien que pas mal de gens auraient intérêt à le garder dans son cadre officiel. Parce que, disons-le, cette lecture nous oblige à remettre à leur place beaucoup de choses, et beaucoup de personnes. Par exemple, l'épouvante. Si, si, Zola fut le maître de l'épouvante. Vous en doutez ? Lisez "L'inondation" (une famille décimée par la crue d'un fleuve, au cours d'une nuit d'enfer), "La mort d'Olivier Bécaille" (l'histoire d'un homme enterré vivant), "Angeline" (figure classique de la maison hantée). Monumental. En comparaison, Stephen King paraît un honnête scribouillard.
Et le suspense ? Une spécialité moderne ? Que nenni, voici "Nantas", un suspense psychologique d'une intensité telle qu'il démode tous les thrillers d'aujourd'hui, y compris par le coup de théâtre final. Le suspense et l'épouvante sont si présents qu'ils imprègnent tous les contes, que ce soit les drames sociaux (Le capitaine Burle, Comment on meurt) ou le récit de guerre (L'attaque du moulin). Pourtant, Zola reste Zola : son naturalisme est là, omniprésent. Il l'emploie simplement à autre chose. Il élargit sa palette, et avec quelle maestria. Dans "Comment on meurt", il nous livre une étude sociale à la fois impitoyable et tendre. Dans "L'attaque du moulin", il détourne les images d'Epinal de 1870 pour nous asséner un rigoureux réquisitoire contre la guerre.
On sort de là heureux, regonflé, en se disant que la littérature est bien la plus belle chose jamais inventée, du moins quand elle est pratiquée par des gens ayant du talent et de la passion. Est-ce si difficile ? Il faut croire. Zola était un génie ? Oui.











