Le Blogue de Manuel Ruiz

25 janvier 2012

Une interview sur le blog de Myriam Salomon Ponzo

L'écrivaine Myriam Salomon Ponzo m'a fait une interview sur son blog :

http://mabibliothequeetmescoupsdegueule.over-blog.com/article-manuel-ruiz-auteur-et-producteur-emissions-radiophoniques-97469272.html

Franchement, c'était amusant et intéressant !

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24 janvier 2012

Bonanza

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Bonanza ! Il suffit de prononcer ces trois syllabes et toute une génération bondit d’excitation. Et si on rajoute l’inoubliable musique, plus moyen de se retenir. Jamais l’expression « la série d’une génération » n’a été aussi juste. En fait, il semble qu’aucune série n’ait égalé une telle popularité.

Bonanza, c’est une série western qui apparaît en 1959. Elle est créée par un certain David Dortort, qui n’avait pas fait grand-chose auparavant et qui vivra le restant de ses jours sur cette création. Elle durera jusqu’en 1973, soit 14 années d’un succès exceptionnel. Hélas, l’ORTF de l’époque, fidèle à elle-même, se contenta de traduire une soixantaine d’épisodes et ce sont ceux-là qui furent diffusés et rediffusés sans relâche. Ils racontent les aventures de Ben Cartwright et ses fils, Adam, Hoss, Joë, propriétaires du ranch Ponderosa.

Comme la plupart des séries américaines, celle-ci fut méprisée en son temps. Lamentable. Si les dédaigneux avaient bien voulu se donner la peine de regarder, ils auraient découvert ce qu’on redécouvre aujourd’hui : une richesse scénaristique absolument exceptionnelle. Plus personne ne connaît les scénaristes de Bonanza et c’est bien dommage. Quel talent, et quel professionnalisme ! On voit défiler les épisodes et on se dit que les scripts sont extraordinaires, bien trouvés, travaillés, et retravaillés. Intrigues, situations, personnages : tout est ciselé et perfectionné. Un épisode de Bonanza a davantage de scénario que dix épisodes d’une série actuelle. J’oserais dire que certains épisodes, par le scénario, sont à la hauteur des plus grands classiques du western.

David Dortort a bien ficelé son affaire et l’univers de Bonanza se caractérise par une parfaite localisation, géographique et sociale. Géographique, car nous sommes au Nevada : forêts immenses, arbres gigantesques, lacs infinis. Aucune confusion possible avec l’Arizona ou le Texas. Sociale, car Virginia City est sans arrêt présentée comme une ville de mineurs, ce qui correspond à la sociologie du Nevada de l’époque. On notera que les Indiens sont toujours présentés sous un jour favorable, ce qui n’est pas un détail.

Maintenant, la force de Bonanza est ailleurs. Quand l’écran s’écarte et qu’apparaît Virginia City, on a l’impression d’être chez soi. Cette ville est la nôtre, et on croit vraiment être un des habitants. Bonanza, c’est nous. Aucune autre série TV n’a jamais pu retrouver cette magie unique.

Elle s’est arrêtée en 1973. Mais qu’importe. Quelque part, dans les montagnes du Nevada, les quatre Cartwright chevauchent toujours. Pour l’éternité.

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La jeune fille et la mort - Ariel Dorfman - Théâtre Darius Milhaud -

2912fdc519262409853a54d514b76ef8« La jeune fille et la mort », d’Ariel Dorfman. Avec : Stéphanie Reynaud, Régis Bourgade, Alain Fabre.

LE THEÂTRE : Le Théâtre Darius Milhaud est une salle, finalement sympathique, plantée en plein milieu du populaire XIXè. Elle semble faire un effort au niveau de la programmation. Le problème est qu'on ne sait pas bien comment elle fonctionne. Quand on arrive, il n'y a personne. Quand on revient une heure après, il n'y a toujours personne. Le comptoir qui tient lieu de billetterie n'ouvre que 10 minutes avant le début du spectacle. Lequel débute avec du retard, bien sûr. Y a-t-il un théâtre à Paris où la pièce débute à l'heure ?

LE THÈME : Dans un pays d'Amérique Latine sortant à peine d'une dictature militaire, un jeune avocat vit avec une femme qui fut jadis victime d'arrestation et de torture. Un soir, il ramène à la maison un homme, médecin, qui l'a dépanné sur la route. La jeune femme croit reconnaître en lui un de ses anciens tortionnaires. Contre l'avis de son mari, elle décide de le retenir de force, en l'attachant. Puis elle fait, tout simplement, son procès. Le procès improvisé d'un homme accusé des pires crimes. Un procès qui va durer une nuit entière.

MON AVIS : Disons-le sans tarder : le projet est formidable. À l’heure où le théâtre se referme sur ses valeurs sûres, éliminant les risques, voilà un spectacle qui sort complètement de l’ordinaire et qui nous propose enfin « autre chose ». Initiative à saluer. Pour ma part, j’ai apprécié essentiellement la forme. Les trois comédiens sont visiblement et totalement impliqués dans un projet auquel ils croient et qu’ils nourrissent de leur adhésion. Régis Bourgade très bon en mari dépassé par les évènements, Alain Fabre fort dans le rôle du méchant. Stéphanie Reynaud, après un début hésitant, rentre peu à peu dans son personnage et son jeu va crescendo. Le décor, noir, colle parfaitement au sujet. Certes, il y a quelques balbutiements. Certes, il y a quelques invraisemblances de mise en scène. Mais c’est le jeu. Sur la forme, on peut considérer qu’il s’agit d’une réussite à applaudir.

Mes seules petites réserves concernent le fond. Je ne connais pas Ariel Dorfman et je ne sais pas ce qu’il a voulu démontrer. Apparemment, la pièce se déroule à l’époque des dictatures militaires. Mais ce contexte paraît aujourd’hui lointain. Je ne suis pas sûr qu’une histoire dans ce contexte ait l’impact qu’elle avait jadis. Je peux me tromper, bien sûr. Mais tout au long de la pièce, j’ai eu l’impression de réentendre des débats remontant à ma jeunesse et un peu oubliés depuis. L’intérêt, c’est le jeu des comédiens et le suspense bien entretenu.

 

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11 janvier 2012

Mon auto-interview

 

J'ai un problème : c'est que personne ne s'intéresse à moi. Logique, bien sûr, en voyant la place modeste que j'occupe dans le paysage culturel de ce pays. En tout cas, je ne reçois jamais de demande d'interview et je ne peux jamais répondre à des questions sur moi-même, ou sur mon oeuvre. Alors, il m'est venu une idée : m'interviewer moi-même. Je me pose des questions et j'y réponds. Tout seul, comme un grand. Amusant, non ? Voici le résultat :

 

1/C'est vous, Manuel Ruiz ? Il paraît que vous n'êtes pas satisfait de votre nom ?

Pas vraiment. C'est un nom, et un prénom, trop communs. Difficile d'attirer l'attention avec ça. J'aurais dû prendre un pseudonyme, mais quand on est jeune, on ne pense pas à ces choses-là.

2/C'est vous qui faites croire aux gens que vous êtes écrivain alors que c'est faux ? Vous êtes un imposteur.

Non, non, je suis vraiment écrivain. La preuve est que je suis inscrit à la SGDL. Or, pour être admis, il faut pouvoir justifier d'au moins une édition à compte d'éditeur, et présenter le contrat. Ma carte de la SGDL est donc la preuve irréfutable que je suis réellement un écrivain. Maintenant, si vous voulez dire que je suis un écrivain inconnu, marginal, ignoré, isolé, c'est la stricte vérité. Mais écrivain néanmoins.

3/Et vous n'avez pas honte de n'avoir jamais trouvé le succès après tant d'années ?

J'en ai eu honte, mais plus aujourd'hui. En revoyant mon parcours, je m'aperçois que j'ai eu ma chance, mais que je n'ai pas su la saisir. C'est un peu banal, mais c'est ainsi.

4/Votre parcours ? Un bien grand mot ! Déjà, vous ne faites pas dans l'originalité : vous avez commencé à écrire dans votre enfance, comme tout le monde.

Oui, comme tout le monde. À l'époque, il y avait des cahiers d'école avec une page blanche et une page quadrillée. C'est là-dessus que j'ai commencé à écrire. Depuis, je n'ai jamais arrêté. J'ai écrit au stylo, à la machine à écrire, sur un ordinateur. J'ai pris des notes sur des carnets, des feuilles volantes. J'ai jeté du papier à la corbeille. Je ne sais plus combien de pages j'ai noircies. Une vie entière à écrire. J'en ai le vertige quand j'y pense.

5/À écrire quoi ? Vous n'avez cessé de changer de genre !

Pas tout à fait vrai : je suis toujours resté dans le cadre de la littérature populaire. Ensuite, j'ai changé de créneau plusieurs fois, oui. Simplement parce que je n'avais pas le choix : tous les 4 ou 5 ans, je devais repartir à zéro. C'est ainsi que j'ai écrit successivement des polars, des romans historiques, des articles de presse, des thrillers, de la science-fiction, du fantastique. Le plus drôle est que c'est dans le dernier genre que j'ai le mieux réussi, alors que c'était celui auquel je pensais le moins ! Aujourd'hui, je crois pouvoir dire que je suis enfin stabilisé dans la littérature de l'étrange, parce que c'est ainsi que la plupart des gens me connaissent.

6/Si vous aviez trouvé un éditeur, cela aurait mieux marché, non ?

En effet, mais justement, je n'en trouvais pas. Pourtant, j'ai failli réussir. Le Fleuve Noir avait accepté un de mes premiers polars. Mais à ce moment, la collection qui devait l'accueillir a été supprimée. Pas de chance. Quelques années plus tard, un directeur de collection de J.C. Lattès m'a reçu dans son bureau pour un roman historique. Il m'a dit qu'il souhaitait personnellement le publier, mais que la conjoncture économique n'était pas bonne. Pas de chance, là non plus. Ainsi donc, ce n'est pas faute d'avoir cherché : j'ai passé ma jeunesse à poster des manuscrits. Mais je n'ai pas trouvé d'éditeur. Plus tard, grâce à Internet, j'en ai enfin trouvé. Seulement, c'était des petits éditeurs, sans moyens. Pour résumer, c'est moi qui devait vendre les livres à leur place. Impossible de percer dans ces conditions.

7/Toujours la faute aux autres ! Vous n'avez donc jamais fait de bêtises, vous ?

Si, si. Ma principale a été la presse. À une époque, j'écrivais des articles pour des magazines, et ça marchait fort bien. J'aurais dû continuer et investir dans un groupe de presse. Cela aurait été formidable. Mais comme j'avais un emploi et un salaire stables, je n'ai pas osé. Ce fut la grande erreur de ma vie.

8/Et aujourd'hui, vous embêtez tout le monde avec un feuilleton radio qui n'existe pas ?

Il existe, et c'est une réalisation formidable. Le problème est que les radios ne tiennent jamais leurs promesses. Voilà pourquoi seuls quelques amis ont pu entendre un certain nombre d'épisodes. C'est aussi frustrant que l'édition, quoique d'une autre manière.

9/Et vous allez continuer à enquiquiner le monde avec vos écrits ?

Bonne question. En fait, je n'en sais rien. Je le répète : j'ai eu ma chance dans la littérature et je n'ai pas su la saisir. Aujourd'hui, je sais que je ne percerai jamais. Alors, continuer à écrire ? C'est dur de trouver une motivation après tant d'années. Même les concours de nouvelles ne me motivent plus.

10/Et si c'était à refaire ?

Comme ça, à brûle-pourpoint, je vous dirais que je ne recommencerais pas. Tant d'efforts pour si peu de choses ! Le sentiment d'une vie gâchée. Ensuite, je réfléchis et... je me demande ce que je pourrais bien foutre. Je ne sais rien faire d'autre qu'écrire. Alors, je suppose que je recommencerais quand même, d'une autre manière.

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14 décembre 2011

L'ours normand - Fernand Léger - Théâtre de la Bastille

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Le Théâtre de la Bastille propose « L'ours normand », une sélection de textes de Fernand Léger, dits par Arnaud Churin, seul en scène.

Je ne connaissais pas l'endroit, mais la première impression est plutôt bonne. Un théâtre sobre et fonctionnel. Un accueil simple et professionnel. Moi, ça me convient. La salle en elle-même correspond à ce que sont de plus en plus souvent les théâtres parisiens, à savoir que la scène n'est qu'une longue pièce dépouillée devant le public.

« L'ours normand », c'est donc Fernand Léger. Soyons franc : en arrivant, j'en savais autant sur Fernand Léger que la moyenne des gens. C'est-à-dire pas grand chose. Il s'agit d'un peintre qui a traversé la période cubiste (comme tout le monde), qui a fait la guerre de 14 (comme tout le monde), et qui a été communiste (comme tout le monde). Rassurez-vous, j'en savais un peu plus en repartant. Parce que la pièce est précisément cela : Fernand Léger se tient devant nous, interprété par Arnaud Churin, et nous raconte sa vie, dans un décor minimaliste et une ambiance proche d'un spectacle son et lumière. Pas exactement sa vie en fait. Le texte est composé d'extraits d'entretiens accordés par le peintre et il suit l'exemple de tous les artistes : il nous délivre une suite d'anecdotes amusantes ou émouvantes sur son parcours. Comme toujours dans ces cas, impossible de savoir si ces anecdotes sont vraies, ou si elles sont le produit de l'affabulation. Cependant, l'accent de vérité est indéniable quand il parle des difficultés financières qu'il a dû supporter. Il a souffert, ainsi que tous les créateurs.

La voix d'Arnaud Churin nous fait donc découvrir Fernand Léger. Ses débuts à Montparnasse. Sa participation à la Grande Guerre ( il était, paraît-il, brancardier à Verdun). Ses rencontres avec Apollinaire ou Cendrars. J'ai aimé sa confidence, quand il avoue qu'il aimait beaucoup Cendrars mais qu'il n'a jamais lu ses livres. L'éternelle fragilité des amitiés entre artistes, et entre humains. Fernand Léger fut un peintre de son temps, mais toujours un peu à part.

On en sait plus sur lui après le spectacle, et on en sait beaucoup plus sur Arnaud Churin, comédien fort et puissant, capable de tenir une heure devant le public, seul sur une scène quasiment nue, avec un simple micro pour seul allié. Un comédien qui mériterait probablement une reconnaissance plus grande que celle qu'il semble avoir.

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06 décembre 2011

Libre comme le vent (Saddle The Wind) - Robert Parrish - 1957

librecommeleventUn film de Robert Parrish (1957) – Production : MGM - Scénario : Rod Serling – Avec : Robert Taylor, Julie London, John Cassavetes, Donald Crisp, Charles McGrath.

THÈME : Près d'une petite ville, deux frères vivent dans un ranch : Steve et Tony. Steve fut jadis un pistolero, mais il a renoncé à se servir des armes. Au contraire, Tony montre de plus en plus qu'il porte la mort dans le sang. Même sa belle fiancée n'arrive pas à le contrôler. Il tue d'abord un homme venu abattre Steve. Ensuite, il s'en prend à une famille de pionniers qui désire s'installer dans la vallée. Condamné et recherché par tous, il finira par tirer sur le plus gros rancher de la région. Steve n'aura plus le choix : il devra se lancer lui-même à la poursuite de son frère, pour un ultime et tragique affrontement.

SADDLE THE WIND : Une chanson sublime et déchirante lance le générique sur des images grandioses de montagnes couvertes de fleurs. Voici que débute « Saddle The Wind », un western de Robert Parrish. Un metteur en scène un peu marginal pour lequel les cinéphiles éprouvent une grande estime. Moi, un peu moins. Il a fait du bon et du moins bon. Celui-ci est plutôt bon. Le qualifier de « grand western » serait une exagération et une erreur. Parce que ce n'est pas un grand western. Mais un film curieux, oui. C'est curieux de lire le générique et de trouver le nom de Rod Serling, futur maître d'oeuvre de « La Quatrième Dimension ». C'est curieux de voir arriver Charles McGraw, classique du film noir, métamorphosé en pistolero inquiétant. C'est curieux de voir Donald Crisp dans un rôle absolument identique à celui qu'il tenait dans « L'homme de la plaine », identique jusqu'à la blessure finale. Mais le plus curieux, naturellement, est de découvrir John Cassavetes en cow-boy : un personnage qui deviendra une légende du cinéma, mais dans un tout autre créneau. Enfin, il y a Robert Taylor, qu'on a bêtement enfermé dans le statut de « star hollywoodienne », alors qu'il s'est sans arrêt remis en cause pour se diversifier et s'améliorer.

Reconnaissons que le mérite de Parrish est grand. Certaines images évoquent exactement le cinéma des années 60 et 70. Alors que nous ne sommes qu'en 1957 ! C'est ce qui s'appelle être en avance sur son temps. Autre mérite, et non des moindres : ce western est apparemment le seul à condamner sans rémission les armes à feu. Ici, point de discours convenu sur la froideur des armes et la responsabilité du tireur. Non, Parrish nous assène qu'un homme qui tient un revolver deviendra obligatoirement un tueur. Ce sont des objets maléfiques. Dans l'Amérique des années 50, il fallait du courage.

Ma véritable réserve porte sur les multiples plans de raccord qui, il faut l'avouer, gâchent l'impression d'authenticité que le réalisateur a réussi à créer. On préférera garder en mémoire les vastes champs de violettes couvrant les montagnes et l'écran. Ces violettes sur lesquelles John Cassavetes se couchera pour mourir.

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03 décembre 2011

A la Lucarne des Ecrivains

Vendredi, je suis allé à la Lucarne des Ecrivains, une librairie du XIXè, située près du canal de l'Ourcq. Cela m'a fait sourire puisque c'est simplement le quartier où j'ai travaillé pendant des années. Les souvenirs affluent sur chaque trottoir.

Il y avait une conférence à propos de FUSEES, une revue culturelle. Les rédacteurs étaient là, ainsi que quelques artistes qui y apparaissent. Franchement, c'était bien. Intéressant, original, et avec quelques traits d'humour. Absolument pas d'ambiance intello-coincée.

Je n'ai qu'une réserve : c'est que l'endroit n'est guère adapté à ce genre d'évènement. Nous étions serrés comme des sardines ! En sortant, on est soulagé de retrouver un trottoir où on peut marcher sans bousculer personne. Cela mis à part, le lieu mérite d'être découvert.

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02 décembre 2011

La dernière femme sur terre (Last woman on earth) - Roger Corman - 1960

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Un film produit et réalisé par Roger Corman. Avec : Betsy Jones-Moreland, Anthony Carbone, Robert Towne.

 

THÈME : Harold et Ev Gern passent des vacances à Porto Rico et sont rejoints par l'avocat Martin Joyce. Tous trois font une sortie en mer et une plongée sous-marine. Mais quand ils remontent, ils découvrent qu'un mystérieux phénomène atmosphérique a fait mourir tous les êtres humains. Ils restent les derniers survivants. Ils essayent de s'organiser. Mais très vite, une attirance apparaît entre Ev et Martin, provoquant la jalousie de Harold. Ev et Martin décident de s'enfuir, mais Harold les poursuit et la bagarre est inévitable.

LE FILM : On va être franc : j'ai voulu voir ce film à cause de l'actrice, Betsy Jones-Moreland, que j'ai découverte dans un épisode de « Au-delà du réel ». Sans elle, il n'aurait probablement pas attiré mon attention. Eh bien, je vais vous dire : je la trouvais nettement plus sexy en uniforme. Même si elle n'est pas mal non plus en jupe. Cela étant mentionné, le film : ma foi, j'avais entendu beaucoup de mal à son sujet et je craignais le gros navet. Ce n'est pas le cas : au contraire, c'est plutôt bon, et on regarde jusqu'au bout. Bien sûr, c'est du Roger Corman. Autrement dit, la mise en scène est assez aléatoire. On peut s'amuser à compter les incohérences. Par exemple, quand les personnages sont sous la mer, Martin reçoit une flèche sur le bras et saigne. Et quand il remonte à la surface, le bras est intact, sans blessure ! D'autre part, le montage est approximatif et les raccords inexistants. Répétons-le, c'est du Roger Corman. On adhère ou on passe à autre chose.

Le film, donc, n'est pas mal. Le thème de la fin du monde est certes vieux comme... le monde. Mais il est ici adapté à la série B. C'est amusant de voir cette belle femme de classe obligée de se plonger dans des travaux ménagers auxquels elle n'est visiblement pas accoutumée. C'est amusant aussi de voir l'avocat et son client continuer de se comporter comme tels alors que ces notions n'ont plus de sens dans ce contexte ! Corman trouve des choses intéressantes. Je pense notamment à la grande scène où Ev attend dans une église pendant que les deux hommes se battent pour elle. Vraiment symbolique. Naturellement, la fin est un peu précipitée : en fait, il n'y a pas de fin. De même qu'il n'y avait pas de début, ou de milieu. C'est du Roger Corman. Ne cherchons pas à comprendre.

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20 novembre 2011

Un article sur mon Cycle de l'Etrange

L'écrivaine Myriam Salomon Ponzo a publié sur son blog une chronique sur mon Cycle de l'Etrange :

http://mabibliothequeetmescoupsdegueule.over-blog.com/pages/le-cycle-de-l-etrange-premier-cycle-de-manuel-ruiz-6016606.html

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14 novembre 2011

La révolte des dieux rouges (Rocky Mountain) - William Keighley - 1950

B2458THÈME : Vers la fin de la guerre de Sécession, un groupe de Sudistes est chargé d’une mission désespérée : se rendre dans l’Ouest pour lever une milice et détourner l’attention de l’armée nordiste. Le détachement est commandé par Barstow. Ils ont rendez-vous avec un certain Smith. Mais en l’attendant, ils sont témoins de l’attaque d’une diligence par les Indiens. Quoique n’étant pas concernés, ils décident d’intervenir et sauvent le conducteur et une femme. Or, cette dernière est la fiancée d’un officier nordiste. Le groupe de Sudistes se retrouve isolé sur une hauteur, encerclé à la fois par les Unionistes et par les Indiens. Quelques heures dramatiques qui aboutiront à une tentative de sortie désespérée.

LE FILM : Je suis un amateur de westerns. Pourtant, je ne connaissais pas celui-ci. Je l’ai donc découvert en DVD. Eh bien… voilà une surprise qu’elle est bonne ! Un super-western. Magnifique. Superbe. Injustement oublié. J’oserais dire qu’on y trouve une ambiance digne de William Wellman, une utilisation des paysages digne d’Anthony Mann, des personnages dignes de Budd Boetticher. Sans oublier le final, digne de Raoul Walsh. Le metteur en scène William Keighley (vétéran de la Warner) pose ses héros sur une hauteur désolée, en plein désert, et il prend une journée et une nuit pour nous les décrire, à l’aide d’une caméra-loupe. On pense à « La patrouille perdue », de John Ford. Entre autres. Là-haut, sur la "Montagne Fantôme", c'est un havre de paix et de sécurité. Fragile, naturellement. En bas, c'est la fureur des hommes. Pourtant, il faudra bien qu'Errol Flynn et ses compagnons redescendent. Comment faire autrement ? Le symbolisme est puissant et bien maîtrisé.

C’est tout simplement passionnant et poignant. Le film est à l’image du décor naturel : aride, âpre, sans fioriture. Les dialogues sont réduits au minimum, les gestes et mouvements presque étouffés. On oserait parler de « western crépusculaire », s’il avait été fait un peu plus tard. Une impression encore renforcée par Errol Flynn : vieilli, les joues creusées. On voit que le temps a passé et que la déchéance approche.

Pourquoi ce grand western est-il presque oublié ? Peut-être à cause de ce foutu noir et blanc qui a condamné tant de chef d’œuvres à la marginalité. À moins que le souvenir des succès d’Errol Flynn l’ait enseveli. Mais c’est du vrai western. À découvrir d’urgence.

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