Le Blogue de Manuel Ruiz

07 décembre 2014

Ottawa que je m'y mette (The book that Jack wrote) - Rod Gray - Editions et Publications Premières - 1974

770994670

Un roman de la collection OSSEX (N°19) datant de 1974.

THÈME : Eve Drum, blonde espionne américaine, reçoit une nouvelle mission, mais celle-ci se révèle plutôt inhabituelle : elle doit participer à un congrès de science-fiction. En effet, un espion soviétique vient pour chercher un message capital et le lieu prévu pour le rendez-vous avec son contact est précisément un congrès de science-fiction à Québec. Voici donc Eve Drum parmi les fans de SF, essayant de repérer ses ennemis au milieu des participants. Un fan français, Philippe Genty, devient son ami et va jouer, involontairement, un rôle capital pour permettre à Eve de neutraliser les agents adverses.

MON AVIS : Il faut le constater encore et toujours : la littérature de kiosque des seventies se révélait pleine de bizarreries. Comme ce numéro d’OSSEX, datant de 1974, si bizarre qu’on se demande s’il serait publié aujourd’hui. Probablement pas. Mais ça existait, et ça se vendait.

Bizarre, il l’est dès le titre : l’histoire ne se déroule pas à Ottawa, mais à Québec et à Boston (pour les dernières pages). Mais il est surtout bizarre par son intrigue. Cela commence par un premier chapitre franchement pornographique : Eve et son cher David nous offrent une scène tout à fait digne d’un film X en guise de hors-d’œuvre. Ensuite, et de façon inattendue, le roman devient une grosse blague potache avec une cible claire : la science-fiction et ses fans. Près de la moitié des pages proposent une parodie amusante et mordante des amateurs de science-fiction, présentés comme de braves gars un peu hurluberlus. Moi, je suis un fan de SF et j’ai trouvé ça très rigolo. Hélas, je ne suis pas sûr que tous comprennent cet humour. Enfin, et alors qu’on était bien installé dans la parodie, les derniers chapitres replongent brusquement dans le thriller made in 70,s, avec des révolutionnaires violents et sadiques, et avec la sempiternelle et rituelle scène de viol collectif (je répète qu’on n’est pas obligé de partager tous les fantasmes). Mieux vaut vous prévenir : le final est ultra-violent.

Bref, encore une bizarrerie de la littérature populaire de l’époque. Une époque si lointaine qu’on se demande maintenant comment ces bouquins ont pu exister, comment des gens ont pu les acheter et les lire. Mais ils ont existé, c’est un fait, et on les relit aujourd’hui avec curiosité. Celui-ci ne s’inscrit pas dans les meilleurs de la série d’OSSEX, mais il se laisse lire. Souvenirs, souvenirs.

Posté par Dalleray à 16:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


19 novembre 2014

Mes romans en photo

10431441_10152902909819306_6712124657084071588_n

Posté par Dalleray à 19:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

16 novembre 2014

Mon CV

Inscrit à la SGDL, la SACD et la SCAM. 

PRESSE : 

Nombreux articles publiés dans les magazines :

-Les Dessous de l'Histoire

-Les Voyageurs de l'Histoire

-L'Epée du Ciel

-L'Initiation

 

LITTERATURE : 

ROMANS :

-La Reine Celte (cyberédition) – Mobipocket

-L'île de Circé - Edilivre : http://www.amazon.fr/L%C3%AEle-Circ%C3%A9-Manuel-Ruiz/dp/2356070206

http://www.babelio.com/livres/Ruiz-Lile-de-Circe/177946

-L'homme qui trouva l'éternité (cyberédition) – Mobipocket

-La Société Secrète – Editions de l'Ixcea (traduit en turc) : http://www.ixcea.eu/product.php?id_product=68

-Le Dossier du Bateleur – Editions de l'Ixcea (traduit en turc) : http://www.ixcea.eu/product.php?id_product=81

-Le Chaud et le Froid – Editions JePublie : http://www.numilog.com/36946/Le-Chaud-et-le-Froid.ebook

-La poussière en était rouge – Atelier de Presse : http://www.priceminister.com/s/la+poussiere+en+etait+rouge#xtatc=INT-601

http://www.amazon.fr/poussi%C3%A8re-en-%C3%A9tait-rouge/dp/2353100341

RECUEILS :

-Le Cycle de l'Etrange Tome I – The Book Edition : http://www.thebookedition.com/le-cycle-de-l-etrange-premier-cycle-de-manuel-ruiz-p-63945.html

-Le Cycle de l'Etrange Tome II – The Book Edition : http://www.thebookedition.com/le-cycle-de-l-etrange-deuxieme-cycle-de-manuel-ruiz-p-75980.html

 

RADIO :

-Les Chroniques de l'Etrange – Série radiophonique pour le compte des Créations Radiophoniques Maurice Clément-Faivre – 42 épisodes de 10 minutes :

http://www.camcf.com/fiches/cde.htm

-Les Chroniques de l'Etrange Deuxième Saison – 25 épisodes de 15 minutes

 

-Les Chroniques de l'Etrange Troisième Saison – 42 épisodes de 15 minutes

 

-À la recherche des civilisations anciennes – Documentaire de vulgarisation historique – 17 épisodes de 8 minutes : http://www.camcf.com/fiches/rac.htm

 

Posté par Dalleray à 18:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Le ranch des amours - Aline Tosca - Numeriklivres - 2014

le-ranch-des-amours-536885-250-400

Un roman numérique d’Aline Tosca, sur le site de Numeriklivres.

THÈME : Aurore de Saint-Amour est une jeune femme qui vit dans un ranch de Camargue, et dans une famille assez dissolue. Un jour, dans un magasin, elle rencontre Tobias Emerson, un garçon très séduisant. Hélas, la famille Emerson est rivale des Saint-Amour. Pour garder la relation secrète, Aurore se fabrique donc une identité fictive : celle d’une journaliste d’un magazine féminin. Mais les choses vont se compliquer quand elle tentera de déterminer l’identité réelle de Tobias. Cela l’amènera à connaître Georges, l’autre fils des Emerson, totalement différent de son frère, mais tout aussi séduisant.

MON AVIS : Avant de parler de ce bouquin, deux mises au point s’imposent. D’abord, il ne s’agit pas d’un livre-papier mais d’un livre numérique, qu’on télécharge et qu’on lit sur l’écran. Je sais que nombre de lecteurs demeurent réticents à cette formule, mais elle représente aujourd’hui une bonne part de la littérature. Ensuite, la couverture peut tromper : nous ne sommes pas au Far-West, mais en Camargue, dans un de ces mas camarguais qui rappellent tant les mas catalans de mon enfance.

Maintenant, pour en arriver au roman, soyons directs : le titre et l’illustration sont parfaitement clairs. En aucun cas, on ne peut le lire par accident. Si on l’ouvre, c’est en sachant à l’avance ce qu’on va y trouver : de l’érotisme. Oui, c’est un roman érotique, et très érotique. Mais attention : Aline Tosca ne fait pas de l’érotisme pour midinettes. Sous sa plume acérée, les « cul » et les « pute » claquent comme les coups de cravache dans les écuries. C’est cru, et c’est détaillé, entre les fellations dans la cuisine, et les « éjacs faciales ». Tout cela se déroulant dans une ambiance de chevaux, de harnais de cuir, et de guitares gitanes. Nous sommes en Camargue, et le décor est superbement planté. Un décor qui souligne encore le stupre dans lequel se vautrent ces hommes et ces femmes : du triolisme au SM, ils ne reculent devant rien.

L’auteure réussit d’ailleurs à se démarquer des codes du genre : l’héroïne n’est pas un top- model, mais une fille qui se goinfre de sucreries, et sa copine est une cuisinière rondouillarde. Tous les personnages féminins sont assez originaux. En revanche, les personnages masculins m’ont paru plus classiques : étant personnellement hétéro à 100%, il m’est difficile de juger des charmes de Tobias et Georges Emerson, mais il m’a semblé qu’ils ressemblaient aux héros de certaines séries TV.

En fait, je n’ai qu’une réserve : le style de l’auteure. Des phrases très longues dans des paragraphes très longs. J’avoue que j’ai eu du mal au début. Cela mis de côté, je le considère comme un roman érotique de qualité, et à découvrir.

Posté par Dalleray à 15:32 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

12 novembre 2014

Au Chêne Galant - Frédérique Gabert - Editions Artalys - 2014

51y26MOQftL

Une nouvelle numérique édité chez Artalys.

THÈME : Marion Kléberg, une femme d'une quarantaine d'années, est prise sous la pluie. Elle se réfugie dans une auberge : le « Chêne galant ». Là, elle loue une chambre. Mais avant d'y monter, elle rencontre un homme étrange, Henry. Ce personnage la fascine tant qu'elle accepte de le laisser entrer dans la chambre et de passer la nuit avec lui. Une nuit de sexe et de passion. Mais qui est donc cet Henry, et quelle est donc cette curieuse auberge ?

MON AVIS : Un double avertissement. Il ne s'agit pas d'un livre-papier, mais d'un fichier numérique (pour ma part, je l'ai lu sur Kindle). Et puis, il ne s'agit pas d'un roman, mais d'une nouvelle équivalente à 11 pages imprimées.

Ce deuxième élément pose de lui-même la principale réserve à émettre : c'est trop court. Beaucoup trop court. On lit ça rapidement et on en ressort frustré. Parce que le texte est bon. Je le résumerai en un mot : classe. L'héroïne est classe, l'écriture est classe, l'ambiance est classe. On croirait voir une de ces pubs pour des grandes marques de parfums. Maintenant, soyons directs : c'est classe, mais ainsi que l'indique clairement la couverture, c'est de l'érotisme. L'essentiel du récit est consacré à une longue description érotique, dans laquelle l'auteure n'oublie aucun détail. Ensuite viennent un élément fantastique et une chute finale bien trouvée : on s'aperçoit que toute l'histoire était conçue pour amener la toute dernière phrase.

Malheureusement, c'est trop court. On aurait pu développer les circonstances qui ont amené l'héroïne à l'auberge, et même la rencontre avec Henry. Je calcule qu'on aurait pu faire jusqu'à une quarantaine de pages. Mais c'est trop court.

Posté par Dalleray à 11:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :



02 novembre 2014

Un siècle trop tard - Stéphane Loiseau - Editions Durand-Peyroles - 2013

9782366880090_large

Un roman d'anticipation de Stéphane Loiseau, édité en 2013.

THÈME : Alex Fournier, un armateur, est sur le point de fermer son entreprise quand il reçoit une commande pour le moins étrange : un mystérieux milliardaire lui ordonne de construire un paquebot, rigoureusement identique à ceux qui naviguaient dans les années 1920. Pour sauver sa boîte, Fournier accepte. Mais il n'est pas au bout de ses surprises : une fois le navire terminé, le milliardaire lui ordonne de le lui apporter lui-même à Bombay. Intrigué, Fournier doit donc embarquer avec un équipage composé de quelques copains. Leur destination est Bombay. Mais en fait, leur énigmatique voyage va se révéler beaucoup plus étonnant, et beaucoup plus lointain.

MON AVIS : Stéphane Loiseau poursuit son ascension (j'allais dire son envol) dans le panorama littéraire. Ce bouquin, apparemment son troisième roman, le confirme. Bon, je vais le dire franchement : pour ma part, j'avais quand même préféré « Massa », qui reste actuellement la grande réussite de cet auteur. Celui-ci n'est pas mal non plus.

Chacun ayant ses références, il m'a rappelé un vieil épisode de « La quatrième dimension », dans lequel un avion se trouvait perdu dans le temps et ne parvenait pas à retrouver son aéroport. Ici, il ne s'agit pas d'un avion, mais d'un navire. En fait, c'est la seule petite réserve que j'émets : dans le premier chapitre, l'auteur donne tant de détails sur le paquebot que le lecteur de SF averti devine plus ou moins ce qui va se passer.

Pour le reste, rien à dire : Stéphane Loiseau demeure un conteur qui sait captiver son public. On suit Fournier et sa bande de copains dans cette aventure, en se demandant comment ils vont s'en sortir. Il y a dans cette bande de copains comme des réminiscences des vieux volumes de la Bibliothèque Verte. Et des références à des films plus récents. Une histoire de marine, en hommage aux marins.

Posté par Dalleray à 15:30 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

26 octobre 2014

Dispergerum antecessors - A.J. Crime - Edilivre - 2014

10450855_358467530967230_4559053306045081560_nUn roman de SF d'A.J. Crime, chez Edilivre, publié en 2014.

THÈME : Nous sommes sur une lointaine planète. Deux civilisations se font la guerre. L'objet du conflit est le contrôle de la planète Heilénia. Les deux camps se neutralisent et aucun ne parvient à prendre le dessus. Deux savants, Meidar et Talianés, travaillent dans un laboratoire, tout en entretenant une relation amoureuse. Or, ils vont faire une découverte qui pourrait influencer le cours et l'issue de la guerre. Comment vont réagir les gouvernements des deux camps ?

MON AVIS : Alors là, je suis obligé de vous donner des explications ! Par souci de clarté, et d'honnêteté. A.J. Crime, je le fréquente depuis longtemps. Je l'ai connu sur des forums de SF. J'ai même été inscrit sur le sien. Ainsi donc, l'univers d'Heilénia, j'en ai souvent entendu parler. Je l'ai vu se constituer peu à peu. Ce n'est pas vraiment une découverte pour moi. La découverte, c'est de le voir enfin complet et imprimé sur des pages.

Que peut-on en dire ? Tout d'abord, prévenir le lecteur : il s'agit d'un roman-univers, genre bien connu des amateurs de SF. C'est-à-dire que l'auteur crée un univers en entier et qu'il faut se familiariser avec lui pour lire le bouquin. C'est ce qu'a fait A.J. Crime : il a patiemment bâti son univers, celui d'Heilénia. Avec sa civilisation, son calendrier, sa technologie, sa faune, et naturellement ses habitants. Je n'ose imaginer le temps et les efforts qu'il a dû y consacrer. En conséquence, il est déconseillé de se lancer dans la lecture tête baissée, au risque de s'essouffler. Pour ma part, j'ai lu le roman en plusieurs morceaux, et en me reportant au glossaire (situé au début). Je conseille fermement aux lecteurs potentiels de faire de même. J'espère qu'il y en aura, car ce genre de SF a ses adeptes.

Le bouquin en lui-même ? Eh bien, j'avoue que j'ai une petite réserve à émettre : c'est qu'une partie du public (surtout le lectorat féminin) risque de trouver ça un peu trop guerrier. L'univers est essentiellement basé sur une guerre impitoyable et interminable. Ce serait dommage que cela rebute certains lecteurs. En effet, l'auteur sait alterner la guerre et l'amour. Les combats s'interrompent souvent pour laisser place à des scènes sentimentales, voire davantage. Comme dans tous les romans de ce genre, on change fréquemment de lieu, et de contexte.

En conclusion, je le répète : il ne faut pas se lancer dans ce livre tête baissée. Il vaut mieux le lire morceau par morceau, chapitre par chapitre. C'est de cette manière qu'on découvre peu à peu l'univers bâti par A.J. Crime, et ses multiples personnages. Un univers qu'on retrouvera dans une suite ? C'est bien possible.

Posté par Dalleray à 18:21 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

02 octobre 2014

La fiancée du tsar - Editions Sharon Kena - Marie Laurent - 2014

ikiosque180785

Ce roman est disponible en version papier et en e-book. C'est la version papier qui est chroniquée ici.

THÈME : La jeune princesse Irina Ivanovna Apraxina a un secret : elle est amoureuse du tsar Alexandre 1er. Tellement amoureuse qu'elle se considère comme sa fiancée. En conséquence, quand le tsar part en voyage dans le sud de la Russie, elle n'hésite pas à le suivre. Hélas, Alexandre 1er meurt subitement. Or, en passant devant son corps, Irina a la conviction qu'il ne s'agit pas de lui. Le tsar serait-il toujours vivant ? Irina part à sa recherche. Très imprudent dans cette Russie où les routes sont infestées de brigands. Heureusement, le lieutenant Anatole Potemkine est là pour la protéger. Le fait-il par devoir, ou par amour ?

MON AVIS : Le tsar dîne à l'huile ! Bon, je devine la perplexité de ceux qui vont découvrir ce livre chroniqué par mes soins : « Quoi, vous avez lu ça, vous ? » Ben oui, j'ai lu ça, moi. Et je vais vous dire : j'ai bien aimé. Il faut vous expliquer que j'ai toujours eu une âme très fleur bleue, même si c'était en secret (ce n'est plus un secret, puisque je viens de vous l'avouer).

Maintenant, je vais commencer par le dire franchement : j'ignore ce qu'il y a d'historique et de non-historique dans ce récit. Parce que je connais mal cette période. Mais la documentation de l'auteure semble solide. C'est bourré de détails sur la vie quotidienne en Russie sous Alexandre 1er, au point qu'on s'y croirait : la nourriture, les vêtements, les moyens de transport, etc.

Ainsi que je le disais, j'ai bien aimé. Après un début un peu lent, j'ai été pris et j'ai suivi les personnages jusqu'au bout. Cette Irina Ivanovna Apraxina est une peste insupportable, mais son obstination à se prétendre la fiancée du tsar finit par la rendre sympathique. Le lieutenant Potemkine se révèle intéressant aussi. On est avec eux et on souhaite de tout cœur qu'ils s'en sortent. Pas de malentendu : l'auteure ne triche pas. Ici, c'est de la romance, avec tous les ingrédients classiques de la romance. Mais c'est de la bonne.

Alors, histoire d'entretenir ma réputation de râleur incurable, je vais quand même émettre une réserve : le format du bouquin. C'est du semi-poche, autrement dit pas tout à fait du roman de poche, et pas tout à fait du grand format. Moi, je ne pouvais pas le mettre dans la poche pour l'emporter, et prévoir un sac pour ça était embêtant. Bon, c'était juste histoire de râler un peu.

Posté par Dalleray à 10:47 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

27 juillet 2014

Terreur dans l'Arkansas (The Youngerman Guns) - Lewis B. Patten - Série Noire - 1970

product_9782070483549_195x320

Un roman de la Série Noire, datant de 1970.

THÈME : Dan Youngerman est shérif-adjoint dans une petite ville de l’Arkansas. Jusqu’au jour où une silhouette surgie dans la nuit ramène vers lui un passé qu’il s’efforçait d’oublier. Bien des années auparavant, il participait à la Guerre de Sécession. Il faisait partie des guérilleros de Quantrill, coupables du massacre de Lawrence, au Kansas. Il a changé de vie. Mais son frère et ses anciens complices sont restés des bandits. Voilà qu’ils approchent de la ville, prêts à recommencer le coup de Lawrence. Dan doit les arrêter. Mais il doit aussi cacher son identité aux habitants. En fait, le voilà pris en tenaille. Il va tenter de s’opposer à la bande, sans se dévoiler. Difficile, surtout qu’il s’agit de son frère qui a juré de le tuer.

MON AVIS : Que ce western ait été traduit dans la Série Noire peut surprendre, mais cela s’explique peu à peu, en tournant les pages. C’est qu’il s’agit bien d’un western, mais calqué exactement sur le modèle du roman noir. On pourrait remplacer les shérifs par des détectives, et les chevaux par des voitures : l’ambiance resterait, à peu près, la même. La façon dont le suspense est déclenché, puis entretenu, est la même aussi.

Si vous êtes amateur de western, le sujet ne vous surprendra certainement pas : un ancien Sudiste de la bande de Quantrill est rattrapé par son passé violent. Oui, rien de surprenant, puisque ce thème a été traité, et rabattu, un nombre incalculable de fois. Le roman n’est donc pas vraiment original. Ce qu’on peut noter, c’est que Lewis B. Patten parvient néanmoins à apposer sa marque personnelle. D’abord, il nous épargne le prosélytisme pro-sudiste dans lequel ont plongé nombre de ses collègues, surtout au cinéma. Ici, pas de mensonge au lecteur : les assassins sont des assassins, et l’uniforme gris qu’ils emploient comme alibi ne trompe pas longtemps. Ensuite, le récit créé par Patten rappelle beaucoup celui de la « Ville en colère », déjà chroniqué ici-même. Il nous décrit comment une ville de l’Ouest sombre dans la panique : lâcheté et mesquinerie des habitants, médiocrité à chaque coin de rue. Un humanisme désenchanté et déchirant, typique de Patten. Enfin, le suspense s’articule autour d’un mécanisme de répétition souvent utilisé dans le fantastique : le massacre de Dobeville s’annonce comme une réédition de celui de Lawrence. L’histoire va se répéter, l’histoire se rapproche d’heure en heure…

Le public classique de la Série Noire en a eu certainement pour son argent. Pour les vrais amateurs de western (ou les amateurs de vrai western), je conseillerai plutôt de retrouver ceux de Lewis B. Patten dans la collection du Masque. En tout cas, je les préfère.

Posté par Dalleray à 16:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

15 juillet 2014

Une salve pour le shérif (Last train from Gun Hill) - Gordon D. Shirreffs - Série Noire - 1960

$_35

Ce roman est un western, mais il a été traduit et publié en France dans la série Noire.

THÈME : Au début du XXè siècle, en Oklahoma, deux hommes violent et tuent une femme indienne. Or, celle-ci était l'épouse du marshal Morgan. Il part à leur poursuite, jusqu'à Gun Hill, au Texas. Il découvre qu'un des accusés est le fils de Craig Belden, gros propriétaire du cru, et un de ses anciens amis. Naturellement, Belden refuse de lui livrer son enfant. Morgan va néanmoins l'arrêter. Il s'enferme avec lui dans une chambre d'hôtel et attend le train du soir pour repartir. Belden et ses hommes encerclent l'hôtel. Les habitants étant terrorisés, Morgan ne peut compter que sur l'aide de Linda, ancienne petite amie de Belden.

MON AVIS : Le titre français ne vous dira peut-être rien, mais si vous avez lu le titre américain, ou le petit résumé ci-dessus, vous aurez compris de quoi il s'agit : oui, c'est bien « Le dernier train de Gun Hill », le film de John Sturges, avec Kirk Douglas et Anthony Quinn. Un classique du western. Le grand auteur Gordon D. Shirreffs a été chargé d'en faire une version littéraire. Un cas comparable à « La diligence vers l'Ouest », déjà chroniqué ici. Comme dans ce dernier exemple, le livre suit strictement le schéma du film. Quel était l'intérêt de ce genre d'initiatives ? J'avoue que je ne le vois pas. Je suppose que ces romans devaient se vendre. Oui, probablement.

N'ayant pas grand-chose à dire sur l'ouvrage (puisque je connais le film presque par cœur), je voudrais m'étendre sur Gordon D. Shirreffs. Ce grand auteur exécute une figure imposée : malgré cela, il parvient, par-ci et par-là, à apporter sa petite touche personnelle, sortant du carcan scénaristique. Dans les petits détails du contexte historique : il nous décrit divers objets, nous parle du téléphone et des vélos, nous faisant ainsi comprendre que nous sommes au début du XX è siècle, bien après la période de la Frontière, laquelle est plusieurs fois évoquée avec nostalgie. Et surtout dans les personnages : Shirreffs développe parfois ce que le film ne faisait qu'évoquer. Notamment le personnage de Linda, qui apparaît ici dans toute sa complexité.

Shirreffs, je l'admire. Autant que Lewis B. Patten. Cet écrivain ne triche pas. Il ne trompe personne. Quand son nom apparaît sur une couverture, on sait ce qu'on va trouver. Du western. Shirreffs ne philosophe pas, ne se lance pas dans des pseudo-inventions littéraires ou sociologiques. Il écrit du western. À l'état pur. Avec professionnalisme et passion. C'est dans ses tripes. Et dans les nôtres. Les miennes, en tout cas. Quand je lis ça, je me sens chez moi. Le western est ma patrie. Comme pour Shirreffs.

Posté par Dalleray à 12:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,



Fin »