Le Blogue de Manuel Ruiz

Manuel Ruiz, écrivain, scénariste, producteur de radio, s'adresse à son public, avec amitié et avec le désir d'entamer un dialogue.

06 novembre 2009

Photos du Far West

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La vie quotidienne au Far West n'était pas ce que le cinéma a montré. On s'en doutait un peu. Ces vieux clichés ont donc le mérite de remonter du passé des instants saisis et fixés, comme autant de témoignages. Des voyageurs qui prennent la diligence, l'équipe de shériffs de Dodge City, des cow-boys qui ont formé une fanfare,Stagecoach_Old des trappeurs et leurs poneys devant leur cabane, une famille en route sur la piste de l'Oregon. Sans le savoir, ils mettent en marche une légende.

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05 novembre 2009

Photos du Far West

WWdodgecityDodge City vers 1876. Le moins qu'on puisse dire est que les conditions de vie devaient y être rudimentaires. La ville était réputée pour ses duels au revolver et toute une équipe de shériffs dut s'employer pour la pacifier.

Dodge_20City_20Gathering_500Une autre image de Dodge City. Les carrioles indiquent un rassemblement. Un office religieux ? Un mariage ? Un enterrement ? En tout cas, un instantané de la vie quotidienne.

Wichita_20Mainstreet__201875_500Wichita, vers 1875. Regardez l'état de la rue principale ! On n'ose imaginer à quoi devaient ressembler les autres ! C'était vraiment la Frontière. Pourtant, observez la quantité d'enseignes commerciales : la civilisation avance, malgré tout.

Tombstone__20Allen_20Street__201882_500Tombstone, vers 1880, soit l'époque du règlement de comptes à OK Corral. En voyant ce décor primitif, on comprend pourquoi la violence y était répandue. Par la suite, Tombstone est devenue une ville fantôme.

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Photos du Far West

indienImpressionnant. La photo de gauche a été prise pendant les guerres indiennes. Les chevaux du premier plan ont servi aux raids et aux combats. C'est comme si le passé ressurgissait. Quelle tribu ? Et que vont devenir ces Indiens ? On ne le sait pas.

ComanchesLes photos suivantes ont été prises en temps de paix, mais elles n'en sont pas moins saisissantes. À droite, des Comanches guettant l'horizon, comme à l'époque où ils attaquaient les caravanes. On mesure à quel point le cinéma a su (de quelle manière ?) fixer l'image instantanée, celle qui crée immédiatement la légende. Et on ne sait plus si c'est la légende qui a nourri le cinéma, ou le cinéma qui a créé la légende.

CheyenneWarriorsDes cavaliers de la nation cheyenne se découpant sur l'horizon. Image de paix, mais évoquant les longues années de guerre. On aimerait être avec eux, leur parler, comme si le temps s'était arrêté.

indien_03À droite, des Indiens autour d'un feu. Impossible de savoir si la scène est réelle ou s'il s'agit d'une mise en scène pour le photographe. L'histoire et la légende se mêlent définitivement.

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02 novembre 2009

La prisonnière du désert, de John Ford

Le plus grand western de tous les temps ? C'est bien possible. Le Far West porté aux dimensions de l'Odyssée homérique. Inoubliable.

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31 octobre 2009

Emile Zola : Contes et Nouvelles - Flammarion

zolaSi je vous dis suspense, épouvante, fantastique, je suppose que vous penserez à l'actuelle littérature de genre. Je me trompe ? Et si je vous dis Emile Zola, je suppose que vous pensez à tout à fait autre chose. Je me trompe ?

De là l'intérêt de ces Contes et Nouvelles, parce qu'elles nous forcent à redécouvrir un Emile Zola que les manuels scolaires ont bêtement enfermé dans Germinal et l'affaire Deyfus. C'est le Zola "officiel". Et ces Nouvelles nous rappellent qu'il y en eut un autre. Tout simplement un grand, un fabuleux écrivain, au talent immense et universel. Remarquons bien que pas mal de gens auraient intérêt à le garder dans son cadre officiel. Parce que, disons-le, cette lecture nous oblige à remettre à leur place beaucoup de choses, et beaucoup de personnes. Par exemple, l'épouvante. Si, si, Zola fut le maître de l'épouvante. Vous en doutez ? Lisez "L'inondation" (une famille décimée par la crue d'un fleuve, au cours d'une nuit d'enfer), "La mort d'Olivier Bécaille" (l'histoire d'un homme enterré vivant), "Angeline" (figure classique de la maison hantée). Monumental. En comparaison, Stephen King paraît un honnête scribouillard.

9782081208230Et le suspense ? Une spécialité moderne ? Que nenni, voici "Nantas", un suspense psychologique d'une intensité telle qu'il démode tous les thrillers d'aujourd'hui, y compris par le coup de théâtre final. Le suspense et l'épouvante sont si présents qu'ils imprègnent tous les contes, que ce soit les drames sociaux (Le capitaine Burle, Comment on meurt) ou le récit de guerre (L'attaque du moulin). Pourtant, Zola reste Zola : son naturalisme est là, omniprésent. Il l'emploie simplement à autre chose. Il élargit sa palette, et avec quelle maestria. Dans "Comment on meurt", il nous livre une étude sociale à la fois impitoyable et tendre. Dans "L'attaque du moulin", il détourne les images d'Epinal de 1870 pour nous asséner un rigoureux réquisitoire contre la guerre.

On sort de là heureux, regonflé, en se disant que la littérature est bien la plus belle chose jamais inventée, du moins quand elle est pratiquée par des gens ayant du talent et de la passion. Est-ce si difficile ? Il faut croire. Zola était un génie ? Oui.

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30 octobre 2009

Photos du Far West

fighting_terrorism_since_1492__a_19172_20090904_292Un hommage aux stars du western : les Apaches. Sans doute les Indiens qu'on vu le plus au cinéma. Les films ont proclamé leur ruse et leur courage, mais aussi leur cruauté dans la guerre.

Ils étaient pourtant bien moins nombreux que les Sioux, mais leur guérilla a davantage inspiré les réalisateurs. Première photo : des guerriers Apaches. Celui de droite, c'est Cochise.

Cochise7Un Cochise qu'on voit mieux sur la droite. Sorcier des Apaches, il avait une autorité spirituelle, mais cela ne lui facilitait pas la tâche à l'heure de commander aux chefs guerriers dans le genre Geronimo. Les désaccords furent nombreux.

Les Apaches se cachaient au Mexique et franchissaient le Rio Grande pour lancer des raids contre les ranches isolés. C'était l'idéal pour les scénaristes de westerns et c'est sans doute pourquoi cette tribu a été si souvent représentée.

1_21_geronimoEt à gauche, le grand Geronimo, terreur du Far West. Le cliché est pris alors qu'il a déjà capitulé, mais son allure suffit à expliquer pourquoi il épouvantait l'Arizona et le Nouveau-Mexique. On comprend que la réserve de San Carlos devait lui paraître étroite !

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29 octobre 2009

Miles Davis en concert


Miles Davis and John Coltrane - So What

L'incomparable Miles Davis nous ressert une tranche de son talent. Bravo.

On se souviendra de sa réponse à quelqu'un qui lui demandait ce qu'il avait fait dans sa vie : "Je n'ai pas fait grand-chose. J'ai juste révolutionné trois fois la musique."

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26 octobre 2009

Drôle d'époque

P1010016Drôle d'époque que nous vivons : aujourd'hui, les employés font grève pour soutenir leurs patrons. (Photo prise samedi dans le 9è).

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Lettre du 26 octobre

CIMG2175Je vais peut-être vous surprendre (après tout, un blog est fait pour ça), mais j'ai passé ce week-end à satisfaire à des "obligations mondaines". Si, si.

Cela commençait vendredi soir. Je me rendais aux Rendez-Vous Transitionnels, dans un pub du la rue Cujas. Il ne s'agissait de rien d'autre que d'une rencontre organisée par Transition, un nouveau magazine qui tente de se lancer. J'ai été reçu par Vanessa Terral, la rédactrice, très sympa. D'ailleurs, c'est toujours sympa de mettre un visage sur des noms qu'on est habitué à trouver sur des forums. La soirée s'est achevée dans une crêperie du boulevard Saint-Michel.

CIMG2166

La vie étant une chose étrange, ces Rendez-vous m'ont permis de rencontrer Thomas Bauduret, le responsable des éditions Malpertuis, que... je connaissais déjà ! En effet, nous avons découvert que nous avions fréquenté les mêmes endroits, voilà un certain temps. Le monde est petit.

P1010018Mais c'est le samedi qu'arrivait le gros morceau du week-end : j'avais rendez-vous avec mon copain Sacha Messier, celui qui jouait le Diable dans ma radio-série. Et ce type m'a emmené... au Kata Bar ! Décidément, c'est une malédiction pour moi. Cette fois, ça s'est bien passé, parce qu'il y avait Sacha, et parce que nous ne sommes pas descendus au sous-sol. Bref, un après-midi à descendre des pintes de bière, puis des "shots" (des machins qui vous secouent comme des coups de poing). J'avoue qu'on est sortis dans un drôle d'état. Sacha continue ses spectacles et il travaille régulièrement avec Olivier Raymond. Je suis content pour lui.

Le dimanche, je n'ai rien fait, parce que j'ai dormi !

Ces "obligations mondaines" ont l'avantage de me faire patienter, puisque j'attends le mois de novembre et les différentes réponses qui doivent fixer mon avenir.

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20 octobre 2009

Lettre du 20 octobre

Depuis que j'ai rangé mon dictaphone (pour combien de temps, je l'ignore), je constate que j'ai repris sans m'en apercevoir ma vie d'antan. Quand arrive le week-end, je ferme ma porte et je m'en vais à travers les rues de Paris, dans une longue flânerie sans but, avec mes bonnes chaussures pour compagnes. Je marche, je m'arrête, je regarde. Voilà bien longtemps que je ne le faisais plus. Je retrouve donc des sensations oubliés, et des lieux où je ne remettais plus les pieds, et ces brasseries dont j'étudie l'ardoise avant d'entrer. C'était ma vie, jadis, et elle le redevient. Sauf que mes cheveux ont un peu blanchi.

Ces flâneries amènent quelquefois des surprises : dans une librairie, j'ai découvert que, par la grâce du classement alphabétique, Zemmour était à côté de Zola. Curieux rapprochement ! Et Beigbeder n'est pas très loin de Chateaubriand. J'ai calculé que, si mes bouquins étaient sur les étagères, je serais (probablement) voisin de Sagan. Flatteur.

Tiens, j'ai d'ailleurs repris la lecture des « Mémoires d'Outre-Tombe ». Que dire ? Simplement qu'un seul paragraphe de Chateaubriand contient plus de littérature que tout un livre d'aujourd'hui. Quel écrivain, et que je me sens petit en le lisant.

Mais qui s'y intéresse encore ? Le niveau culturel de notre société ne cesse de décliner. J'en veux pour preuve cet incroyable débat sur les « dérives monarchiques » de notre Président de la République. Je me vois obligé de rappeler que, dans l'Histoire de France, ce n'est pas le terme exact : les « dérives monarchiques » désignent quelqu'un qui se lance dans les fêtes luxueuses et les apparats grandioses. Ce qu'on reproche à Sarkozy (népotisme, copinage, contrôle de la presse, etc) s'appelle normalement des « dérives bonapartistes », et c'est le mot qu'on devrait entendre, puisque c'est celui qu'employèrent Victor Hugo et Zola pour pourfendre Napoléon III. Le fait qu'on ne l'entende pas démontre que nos journalistes ne connaissent plus l'Histoire de France.

Quoique, pour être franc, le summum de l'inculture demeure l'inqualifiable Séguéla. Dernièrement, il n'a rien trouvé de mieux que de dire que Internet était « la plus grande saloperie de tous les temps ». Bon, rappelons rapidement que ce Séguéla était le chargé de communication de Lionel Jospin pendant la campagne de 2002. On connaît le résultat...

Voilà où j'en suis. Bien sûr, je réalise qu'il s'agit d'une parenthèse pour moi. Un jour ou l'autre, il faudra que je reprenne la plume. Quand, et pour écrire quoi ? Mis à part que je veux poursuivre ma radio-série, j'avoue que j'ignore de quoi demain sera fait.

Posté par Dalleray à 14:21 - Au jour le jour - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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