Le Blogue de Manuel Ruiz

08 février 2016

Une soirée à la Porte des Lilas

108974712_oC'était samedi soir et c'était dans un sous-sol de la Porte des Lilas. Dehors, il faisait froid et le vent soufflait.

À quelques mètres sous terre, nous étions quelques-uns, non pas à attendre la gloire, mais à nous réunir. Un simple concert privé, sans autre prétention que celle de nous rencontrer. On pourrait comparer ça à une jam session, sauf qu'il ne s'agissait pas vraiment de jazz. Chacun à son tour est monté sur la scène pour chanter des chansons, avec l'accompagnement d'Olivier au piano. Rassurez-vous : je ne me suis pas ridiculisé en le faisant aussi. Je suis resté bien sagement à ma place.

Nous étions donc là et c'était formidable. Au-dessus, le monde poursuivait sa marche absurde et déprimante. Quant à nous, nous avons passé une soirée formidable. On sentait une ambiance d'amitié, de complicité, une passion commune pour la musique, peu importe le genre. Chansons, sourires, plaisanteries. Pour parler simplement, on se sentait bien ensemble, et on aurait pu y rester longtemps. Hélas, il a bien fallu repartir, tard dans la nuit. J'avoue que je l'ai fait avec regret et que la rue de Belleville m'a semblé très noire et très vide sur le chemin du retour.

Vous me rétorquerez que voilà des choses bien simples et qui ne méritent guère qu'on leur consacre un article. Sans doute. Seulement, notre époque est si peu enthousiasmante que ces petites choses acquièrent une signification qu'elles n'auraient sûrement pas à un autre moment. Dans ce sous-sol, nous avons partagé un cadeau rarissime : quelques heures de bonheur. Je ne l'oublierai pas. Merci à tous.

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01 février 2016

Macumba les pattes (What a way to go !) - Glen Chase - Editions et Publications Premières - 1975

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Le N°16 de la collection Cherry O, écrit par Glen Chase, et datant de 1975.

THÈME : Cherry Delight est envoyée à la Jamaïque avec une mission simple : démanteler un important trafic de drogue. Dès son arrivée, elle est kidnappée et enfermée dans une maison en pleine jungle. Elle parvient à s’évader de manière rocambolesque. Dans la poursuite de sa mission, elle peut compter sur l’aide de quelques autochtones qui vont jusqu’à l’inviter à une cérémonie vaudoue. Mais sont-ils vraiment si bien intentionnés qu’ils y paraissent ? À en juger par les dangers qui se maintiennent, on peut en douter.

MON AVIS : La collection de Cherry O (The Sexecutioner, en américain) continue avec le N°16. Comme souvent dans les romans populaires de l’époque, le titre est trompeur, puisque l’intrigue ne se déroule pas au Brésil, mais à la Jamaïque. Hélas, je dois dire que l’intérêt de ce numéro est parfaitement résumé par la couverture : le sexe. Les deux premiers chapitres, à eux seuls, contiennent autant de scènes érotiques qu’un roman entier. Et la suite est à l’avenant. Rien à objecter de ce côté, si j’ose dire.

Malheureusement, quand on lit un bouquin, il y a aussi le reste. Or, le reste, dans ce cas précis, est limité. En fait, quasiment inexistant. En dehors des descriptions sexuelles, cette enquête de Cherry O apparaît quelque peu bâclée. On assiste à de longues cérémonies vaudoues, et pas grand-chose d’autre. Le suspense, qu’on attend et qu’on espère, n’est pas vraiment au rendez-vous et la fin des méchants semble téléphonée d’avance. Bref, comme signalé plus haut, ce numéro est bien reflété par la couverture, plutôt réussie.

On pourrait me rétorquer que l’intérêt est ailleurs. Ces collections érotico-policières étaient fort à la mode dans les années 70. Et aujourd’hui ? Les bouquinistes et les collectionneurs nous assurent qu’on en trouve des cartons entiers, abandonnés dans des greniers de provinces. Je suis sûr que ce doit être vrai. On les découvre de temps en temps, au hasard des déménagements et des changements de propriétaires. Des piles de vieux bouquins jaunis et écornés, et à présent tapis dans l'ombre. Ultimes témoignages d’une époque lointaine, disparue, et qui ne reviendra jamais. Celle de notre jeunesse.

 

28 janvier 2016

Une nouvelle chronique sur "La dentelle du Colorado"

 

La dentelle du Colorado

Titre: La dentelle du Colorado Maison d'édition: Auteur: Manuel Ruiz Format: numérique 262 pages Prix: 4,49€ Lune-Ecarlate en cliquant ICI Le résumé : Au Colorado, la belle Margareth Dallard prend la diligence pour Fort-Laramie. Or, nous sommes en 1862, en pleine Guerre de Sécession.

http://unmondedeconteuses.weebly.com

 

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18 janvier 2016

Le problème à N corps - Catherine Quilliet - Paul & Mike - 2015

97-thickbox_defaultUn roman contemporain de Catherine Quilliet, publié aux éditions Paul & Mike.

THÈME : Vincent est un scientifique bien installé, et qui vit heureux dans son couple. Un jour, il retrouve le journal intime qu’il tenait à son époque d’étudiant à Grenoble. Un épisode évoque une liaison qu’il aurait eu avec une fille prénommée Marianne. Problème : il ne s’en souvient pas. Il ne garde aucun souvenir de cette liaison. Comment peut-il en parler dans son journal ? Troublé, il décide de retourner à Grenoble pour mener son enquête personnelle. Cette dernière va l’amener à s’interroger sur tous ceux qui l’entourent : sa compagne, ses amis, ses collègues de travail, et même un étrange écrivain qui affirme avoir oublié tout ce qu’il a écrit. Peu à peu, il va approcher d’une étrange vérité.

MON AVIS : Décidément, j’ai fait du chemin depuis la création de ce blog. Voilà qu’aujourd’hui, on me contacte et on me propose spontanément des livres en me demandant de les chroniquer ici. Plutôt flatteur, sauf que je me demande jusqu’où cela me mènera. Va-t-on bientôt me demander de décerner des prix littéraires ? Je ne l’exclus pas.

Bref, j’ai reçu celui-ci et, finalement, je ne le regrette pas. En effet, ce bouquin contient ce qui est devenu le plus difficile à trouver de nos jours : l’originalité. Avec la surproduction artistique qui nous submerge, il devient de plus en plus problématique de dénicher quelque chose d’original. Catherine Quilliet a donc réussi cet exploit : imaginer un récit indéniablement original. « Le problème à N corps » ne ressemble à rien d’autre. Ce n’est pas vraiment un thriller, pas vraiment un polar. Il ne propose pas d’enquête criminelle, ni de policiers à la poursuite de gangsters. C’est autre chose. Et c’est ce qui m’a, personnellement, accroché.

Ensuite, pour le développement du sujet, les goûts de chacun provoqueront évidemment des lectures différentes. En ce qui me concerne, j’ai trouvé que les descriptions de la vie amoureuse de tous les personnages étaient un peu trop longues et qu’elles affaiblissaient le suspense. Point de vue qui n’engage que moi, naturellement. En revanche, les personnages sont bien campés. J’ai particulièrement percuté celui de l’écrivain amnésique, très intéressant, et qu’on aurait aimé voir plus souvent intervenir. Peut-être dans une suite ?

Ce bouquin mérite d’être découvert pour l’originalité de son propos, qui tranche avec l’ensemble de la production actuelle. En tout cas, c’est ce que je conseille fortement.

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06 décembre 2015

Catherine Frot au théâtre Antoine

P1010011Samedi après-midi au théâtre Antoine. Je suis allé voir Catherine Frot.

Soyons clairs : la pièce, une comédie de boulevard, n'avait pas vraiment d'intérêt. En fait, aucun. Les gens étaient venus pour voir Catherine Frot, point. Ils lui ont réservé deux ovations : une à sa première apparition, une autre à la fin. C'est pour elle que le théâtre était plein.

Catherine Frot, l'actrice française la plus populaire du moment ? Bien possible.

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29 novembre 2015

Clémentine Célarié au Théâtre Rive Gauche

P1010005Une actrice belle, talentueuse, sensible, professionnelle. Ce samedi, elle jouait au théâtre Rive Gauche : "24 heures de la vie d'une femme". Pendant une heure et demie, elle a tenu la scène, sans interruption et sans défaillance. À la fin, ovation générale du public. Elle est apparue pour nous remercier d'être venus, malgré les attentats, et elle a crié : "vive le théâtre". Chapeau, madame Clémentine Célarié !

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08 novembre 2015

Le Romain de ma soeur (In a Pinch) - Glen Chase - Editions et Publications Premières - 1975

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Le N°15 de la Collection Cherry O, écrit par Glen Chase, datant de 1975.

THÈME : Cherisse Delissio, dite Cherry Delight, ou Cherry O, est une agent du SPASM, chargée de lutter contre la mafia. En mission à New York, elle découvre une jeune fille qui s’apprête à tuer un mafieux et l’en empêche. La jeune fille, Donna Avicella, est la sœur d’un homme assassiné par la mafia et qui désire le venger. Le patron du SPASM leur propose un marché : travailler ensemble. Donna pourra identifier les mafieux et Cherry se chargera de les « éliminer ». Pour cela, elles partent ensemble en Italie. Afin de remplir leur mission, elles deviennent danseuses dans un bouge, histoire d’attirer leurs proies. Ce qui va arriver et les plonger toutes deux dans des situations pour le moins difficiles.

MON AVIS : La moitié. Oui, j’ai déjà chroniqué ici la moitié de la collection Cherry O. Je vous avoue que je ne m’en étais pas aperçu. Le temps passe vite, trop vite. Moi, j’espère ne pas arriver à la fin. Je voudrais que ça ne s’arrête jamais. On est si bien avec la belle Cherisse Delissio. On prend tant de plaisir à partager ses aventures, policières ou sexuelles. On aimerait rester avec elle pour toujours. Hélas, la moitié est déjà passée et l’autre moitié passera aussi. Partis en 1973, nous voilà en 1975, et la collection disparaîtra en 1978. Quel dommage.

Je vous baratine, je vous baratine, et je devine ce que beaucoup d’entre vous pensent : « Mais il va nous parler de ce numéro 15 ou pas ? » Si, si, je vais vous en parler. Pour vous dire qu’il est légèrement décevant. Ce n’est pas le meilleur de la série. Pourtant, le point de départ est spectaculaire et prometteur. Hélas, le roman sombre ensuite dans la platitude et n’en ressort plus. Tous les événements sont d’une banalité décourageante. Au point qu’on parvient à deviner ce qu’il va se passer, un comble dans ce qui est quand même un bouquin de suspense.

En cherchant bien, on trouvera deux éléments originaux qui pourraient retenir l’attention. Sur le plan des scènes d’action, on note que Cherry tue les mafieux avec un sadisme inusité et nouveau dans la collection. Violence très crue. S’agissait-il d’un basculement de la part de l’auteur ? Peut-être bien. Sur le plan des scènes de sexe, elle nous surprend aussi avec une pratique inédite pour elle : le voyeurisme. Elle fait la voyeuse à deux reprises. Surprenant : d’habitude, la belle rouquine ne se contente pas de regarder, elle participe activement !

Deux éléments originaux qui peuvent justifier la lecture. Pour le reste, franchement, un numéro faible et en retrait par rapport aux précédents.

05 novembre 2015

Souviens-toi... - Nicolas Bouvier - Sudarènes Editions - 2015

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Un roman de Nicolas Bouvier, édité chez Sudarènes Editions.

THÈME : Hugo est un jeune libraire de Périgueux. Passionné par la littérature, il écrit un manuscrit : « Juste un flirt ». Sur les conseils de sa collègue Anne (dont il est secrètement amoureux), il l’envoie à divers éditeurs. Après quelques refus, il est enfin accepté par les Editions des Ecrivaillants et il part à Paris pour assurer l’édition et la promotion. Grâce au succès, il est invité dans les principaux médias et devient une star. Réussira-t-il à rester calme, ou bien va-t-il attraper la grosse tête ? D’autant plus compliqué qu’il a entamé en parallèle une liaison avec la fille de son éditeur.

MON AVIS : Encore un auteur découvert sur Facebook. Réseau qui devient la nouvelle pépinière de la littérature.

Je vais vous dire tout de suite, avec honnêteté, que ce roman est parfaitement défendable et tout à fait digne d’être édité. Bref, il mérite d’exister. En aucun cas, on ne peut le dénigrer. D’ailleurs, pour vous prouver que je l’ai lu, je conseille sa lecture aux éventuels candidats. Il est aussi bon à lire que beaucoup d’autres.

Non, en ce qui me concerne, ma réserve personnelle est que tout ça est un peu... « gentillet ». En résumé, tout le monde il est beau et tout le monde il est gentil. On a beau tourner les pages, tout reste lisse et mignonnet. Même les coups de griffes au milieu éditorial et médiatique en restent à de simples égratignures. Pour ce que je connais de ce milieu, j’aurais personnellement envoyé des critiques beaucoup plus dures ! L’auteur a fait un choix différent.

C’est ma seule observation négative. Pour le reste, je le répète : ce bouquin est parfaitement défendable et lisible.

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23 octobre 2015

Tout pour écrire

P1010222Je ne pense qu'à écrire. Eh bien, je suis servi.

Me voici équipé : du papier à en-tête (le mien), des cartes de visite, des marque-pages, un encreur avec mes coordonnées, et même des cartes postales. Sans oublier un beau stylo. Tout cela m'a pris du temps et de l'argent, mais j'y tenais.

Bref, je suis paré. Et maintenant, croyez-moi, je vais écrire ! Rien ne m'arrêtera plus !

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10 octobre 2015

Nouvelle vie

P1010216J'ai oublié de vous le dire. Mais de toute façon, vous vous en fichez complètement. J'ai décidé de quitter Facebook. En fait, non, puisque j'y suis toujours. Mais je ne veux plus m'y rendre et je n'y interviens plus.

La raison en semble évidente : quand on a 170 « amis » et que, au bas mot, 150 d'entre eux n'en ont rien à carrer de ce que vous faites, on commence par se démotiver et on finit par se décourager. C'est ce qu'il m'est arrivé.

Bref, je ne suis plus sur Facebook. Du coup, me voici rendu (comme disent nos amis québécois) à mon existence « d'avant ». Je me retrouve, à nouveau, en train d'imprimer des manuscrits et de les apporter au photographe pour faire la reliure. Je me retrouve, à nouveau, dans des papeteries, à faire des provisions de feuilles blanches et d'enveloppes. Et à projeter des courriers futurs et variés. Ce que je faisais jadis et que je redécouvre aujourd'hui.

Bon, au passage, je constate simultanément que j'ai tendance à dépenser un peu plus de pognon. Mettons que c'est un autre sujet.

Je préfère penser que je redécouvre que j'ai du temps. Pour faire des courses, pour me balader, pour écrire, pour un tas d'autres choses. Même du temps pour ne rien faire, aussi. Tout le temps que je n'avais pas quand je le passais sur le réseau social. Conséquence : je me remets à élaborer des plans littéraires, activité un peu oubliée.

Enfin, pour résumer, je retrouve ma vie d'avant et je me dis que ce n'est, finalement, pas plus mal. Et si la vie était mieux sans Facebook ? Je me contente de poser la question.

 

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