Le Blogue de Manuel Ruiz

16 juin 2017

À l'AG de la SACD

19149188_10155489030299306_5672763522649644300_nNon, je ne suis pas devenu une fashion victim !

Plus simplement, je participais à l'Assemblée Générale de la SACD, qui se tenait au Théâtre de l'Oeuvre. Avouez que je ne manquais pas d'allure ! D'ici à ce que je me présente à la députation, il n'y a qu'un pas.

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14 juin 2017

L'année des amours buissonnières - Julie-Anne de Sée - Editions du 38 - 2016

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Un roman contemporain de Julie-Anne de Sée, publié chez les Éditions du 38, en 2016.

THÈME : Camille Depresle et Camille Depresle sont homonymes, sauf que l’un est un homme et l’autre une femme. Ils entretiennent une amitié sincère et se rencontrent deux fois par semaine. Une amitié et rien d’autre. Parce que Camille, le masculin, est homosexuel. Pendant un an, ils vont tenir une sorte de journal à deux, notant leurs dîners, leurs voyages, leurs expériences professionnelles, leurs aventures sentimentales et sexuelles. Ce parcours les emmène en Amérique, en Angleterre, à Méribel, et ailleurs. Tous deux croient trouver l’amour, et sont déçus à chaque fois.

MON AVIS : Après « L’année de tous les dangers », voici « L’année des amours buissonnières ». À peine moins périlleux. Encore un bouquin que j’ai découvert grâce à Facebook, et que j’ai beaucoup aimé.

Tout d’abord, je dois souligner l’originalité de la démarche de l’auteure. Prendre deux personnages et les suivre simultanément pendant une année entière, en décrivant leurs activités respectives. Il fallait y penser. D’abord surpris, le lecteur finit par accrocher et suit les protagonistes.

Ensuite, ce livre se distingue par un élément que j’apprécie, et de plus en plus rare : une parfaite maîtrise de la langue française. Ce fait, qui devrait être évident dans la littérature, est devenu si inhabituel qu’on le remarque et qu’on l’applaudit.

Pour ma part, j’avoue sans complexe que je vais sombrer dans l’égoïsme, car les passages que j’ai préférés sont ceux dans lesquels je me suis reconnu. Par exemple, ces pots de départ au bureau accompagnés de discours interminables : j’aurais pu les écrire moi-même ! Ou bien cette corvée annuelle des fêtes de Noël : je connais. Ou bien le récit hilarant d’un séjour linguistique aux U.S.A., qui m’a rappelé des souvenirs (pas aux U.S.A., mais ailleurs).

Parce que « L’année des amours buissonnières » est un conte sur notre vie quotidienne. On y retrouve nos villes, nos rues et avenues, nos stations de radio. Notre univers quotidien transformé en décor de l’intrigue. Le roman n’est pas vraiment érotique, plutôt sentimental, mais il aborde sans détour tous les sujets de la société actuelle. Avec franchise, car les hommes s’y font pas mal égratigner, et les femmes aussi. On se reconnaît aisément dans les personnages et dans leurs aventures, à la fois intéressantes et banales. À la lecture, je me suis dit que cela ferait un bon sujet de scénario pour un téléfilm de France3 : le bouquin en a l’allure et les éléments. Peut-être l’auteure tentera-t-elle sa chance.

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07 juin 2017

Tournage de "Profilage"

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Ce lundi, je passais sur les quais de la Seine, quand je suis tombé sur le tournage de "Profilage", la série de TF1.

Naturellement, cela m'a intéressé. Parce que j'aime bien cette série. Et parce que vous connaissez mes activités. Cela devait attirer mon attention. Je me suis arrêté et j'ai observé un moment.

Alors, qu'en ai-je pensé ? Eh bien, je dois admettre que la réalité s'est avérée un peu différente de ce que j'imaginais. Moi, je voyais une grosse super-production, énorme et écrasante. Rien de tout cela. Le plateau est relativement sobre. Juste deux ou trois tentes pour abriter l'équipe. Un camion pour les costumes, un autre pour le maquillage. Ajoutez le matériel de filmage, et voilà. Finalement, j'ai eu l'impression d'un tournage à dimension humaine, loin de la machine titanesque que j'imaginais. D'ailleurs, les comédiens et techniciens semblaient détendus. Franchement, je trouve ça rassurant. Je pourrai voir les futurs épisodes avec plaisir et bonne conscience.

Est-ce à dire que ça m'a donné confiance ? C'est une autre paire de manches. D'ici à ce que ma modeste personne trouve un producteur qui s'intéresse à mes oeuvres, j'aurai le temps d'assister à d'autres tournages.

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28 mai 2017

L'Ultra-Univers - M.A. Rayjean - Anticipation - 1960

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Un roman de la collection Anticipation (N°161) du Fleuve Noir, écrit par M.A. Rayjean, datant de 1960.

THÈME : Némox et Zacra, accompagnés de leurs épouses Jelda et Myriem, s’apprêtent à quitter la planète Errêtropolis à bord d’un vaisseau révolutionnaire. L’embêtant est qu’il s’agit d’un voyage sans retour. En effet, ils partent explorer l’Ultra-Univers, autrement dit l’infiniment grand. Un endroit où nul n’est jamais allé. Leur départ est une réussite, mais ils se retrouvent coincés dans un monde totalement inconnu et où ils ne possèdent aucun repère. De péripétie en péripétie, ils finissent par atterrir sur une planète mystérieuse et morte, qui ressemble fortement à la Terre.

UN ROMAN ULTRA-VIOLET : Un vieux bouquin qui nous vient de 1960. Lointaine année, mais importante. 1960, c’est le moment où la littérature populaire, né dans les années 50, va devenir un produit de super-consommation. À partir de là, elle sera déclinée par centaines de romans déversés dans les kiosques et les gares. Des polars, de l’espionnage, de l’aventure. Et naturellement de la science-fiction, précisément ce que faisait la collection Anticipation. De la lecture à profusion.

Bien sûr, devant ce phénomène, la réaction logique est de se dire que tout cela devait être répétitif et ennuyeux. Il y a du vrai, écrivons-le sans complexe. Comment aurait-il pu en aller autrement ? Mais il y a aussi du faux dans ce raisonnement. Parce que ce qui nous surprend le plus dans la littérature populaire est justement ça : sa créativité. Aussi incroyable que cela paraisse à certains, chacun de ces romans avait une particularité, une spécificité, quelque chose qui attirait l’attention.

Prenons celui-ci, un des milliers de numéros qui composèrent la collection Anticipation. Eh bien, il est original. Plutôt, il contient des éléments originaux. D’abord, tous les personnages sont des extra-terrestres et aucun humain ne passe dans les pages. Assez rare, n’est-il pas ? Ensuite, son sujet, puisque nous voici plongé dans la mécanique quantique, domaine pas vraiment commun. Bref, loin d’être un roman de plus, il s’agit de « L’Ultra-Univers », et pas d’un autre. Ajoutons que, pour une fois, la réalité scientifique est préservée. Alors que tant de textes de SF tordent la science dans tous les sens, celui-ci reste dans le domaine de la vraisemblance, y compris au moment des rebondissements les plus spectaculaires. Encore plus rare.

Après cela, qu’il y ait des longueurs, c’est vrai. Que la fin soit quelque peu téléphonée, aussi. Rappelons-le : nous parlons de littérature populaire, pas du théâtre antique. Chacun son boulot.

Créativité, créativité, tel était le secret de ce genre des années 60, qui nous étonne aujourd’hui, précisément par son immensité et son renouvellement perpétuel. Un roman parmi des milliers ? Oui, mais un roman à lire.

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20 mai 2017

La Charrette Créole

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Je connais bien le quartier de Montparnasse, et pour cause : pendant longtemps, une éternité, il fut mon fief personnel, celui où je promenais ma jeunesse.

Pourtant, j’avoue sans honte que je ne connaissais pas la Charrette Créole. Je l’ai découverte hier soir, au hasard d’un rendez-vous entre copains. Il est vrai qu’elle ne s’avère guère facile à trouver : la rue Jules Chaplain est planquée dans un coin, non loin du métro Vavin. On peut même passer devant sans la remarquer, tant la façade est petite et discrète. Une fois à l’intérieur, on découvre que l’espace est plus grand qu’il y paraissait, et qu’il y a même un sous-sol.

En résumé, c’est une bien belle surprise. La famille qui tient le lieu se révèle sympa, hospitalière et dynamique. Ensuite, il s’agit réellement d’un restaurant de cuisine de l’Océan Indien et non d’une sorte de copie artificielle. Par les temps qui courent (ou ne courent pas), c’est à signaler. Alors, on a droit à du poulet boucané, du riz frit, du requin, et autres mets qui, il faut l’admettre, se retrouvent rarement sur d’autres tables. Une soirée exotique au sens plein du terme.

Une seule réserve : les portions sont un peu copieuses. Il faut vraiment avoir un estomac de fer pour ingurgiter ces quantités ! Je suppose que peu de clients se plaindront. D’autant que l’ambiance est au diapason : vers minuit, la musique et la danse règnent en maîtres.

Moi, j’ai aimé, et je conseille. Si vous passez par Montparnasse, faites un détour.

La Charrette Créole – 15 rue Jules Chaplain – 75006 PARIS – Métro Vavin -

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16 mai 2017

Les Caractères - La Bruyère - La Pléiade - 1951

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La Bruyère a existé. Oui, il m’a fallu un certain temps pour m’en apercevoir. En effet, je dois admettre qu’à l’école, entre Molière et La Fontaine, je l’avais un peu zappé. À ma décharge, on ne peut pas être partout. Bien des années plus tard, j’ai essayé de me rattraper.

Alors, d’après ce que j’ai cru comprendre, ce brave La Bruyère commença par traduire les « Caractères » d’un certain Théophraste, auteur antique. Cela l’emballa tant et si bien qu’il décida d’écrire ensuite ses propres Caractères. Un cas classique et sans cesse répété à travers les époques. Celui de ces cinéastes qui se passionnaient pour le cinéma hollywoodien et finissaient par faire des films qui étaient des copies conformes de ce cinéma. Peut-être l’histoire de tous les artistes du monde. Peut-être.

Vous me demandez ce que j’en ai pensé ? Il est évident qu’on ne peut faire un résumé des « Caractères », puisqu’il ne s’agit pas d’un roman et qu’il ne raconte aucune histoire. C’est une succession de réflexions, résumées en formules, et regroupées selon les sujets qu’elles traitent : des hommes, des femmes, des biens de fortunes, des jugements, etc. Un alignement de formules cinglantes, parfois péremptoires, mais toujours d’une lecture passionnante. Parce qu’il faut le dire avec objectivité : tout cela se révèle écrit dans un style formidable. De la grande écriture, un grand écrivain. Pas de malentendu, ou de réputation usurpée : nous avons bel et bien affaire à un géant de la littérature française.

Maintenant, demandons-le : combien de gens les connaissent-elles effectivement ? Nous savons que peu de gens pourraient citer plus de deux ou trois fables de La Fontaine. Nous pouvons parier qu’ils seraient aussi peu nombreux à pouvoir citer davantage de « Caractères ». La plupart de nos contemporains se contentent de noter quelques formules de La Bruyère sur un bout de papier et de les sortir sur les réseaux sociaux, histoire de frimer devant les copains. D’ailleurs, ça marche, et je vous conseille de le faire : vous vous paierez trente secondes d’admiration à moindre frais.

Pour ma part, j’admire, tout en gardant une distance. Quel que soit le talent de La Bruyère, il lui arrive comme à tant d’autres : il sombre quelquefois dans le cliché. Ses réflexions sur les femmes, par exemple, rejoignent les lieux communs qu’on entend depuis toujours sur le sexe féminin. Disons qu’il a quand même le mérite, non universel, de loger tout le monde à la même enseigne : il ne fait pas non plus de cadeau aux hommes, aux juges, aux courtisans, aux militaires. Tout le monde a droit à sa petite flèche.

Cette philosophie a entretenu une certaine méprise, faisant de La Bruyère un « anarchiste », ou un « antimilitariste », de l’époque. Débarrassons-nous en : cet écrivain évoluait dans un contexte radicalement différent du nôtre, et ne visait pas le public que la littérature vise aujourd’hui. Interpréter ses « Caractères » selon nos critères nous mènerait à des erreurs colossales, et regrettables. Il échappe à nos analyses modernes, qu’on le regrette ou pas.

Ce que l’on peut dire, c’est que si les Fables de La Fontaine étaient le Canard Enchaîné de l’époque, les Caractères étaient « l’Album de la Comtesse » du XVII° siècle. Nous n’y voyons plus que des textes agréables à lire. En fait, ils contiennent infinité d’allusions aux personnages de ce temps-là : politiciens, courtisans, bourgeois. Les contemporains de La Bruyère les reconnaissaient, et s’en amusaient, ou s’en offusquaient. C’était presque un magazine d’informations. Nous ne pouvons plus le comprendre et nous lisons avec une vision purement littéraire. Dommage, mais que peut-on y faire ?

Ce que je dirais, néanmoins, est que le profil de La Bruyère lui-même qui se dégage de la lecture n’est pas forcément sans tache. Cette méchanceté qu’il vilipende tant chez les autres, il y tombe aussi. Il suffit de lire les boulets de canons avec lesquels il dézingue Corneille, Ronsard, Rabelais. Qui oserait aujourd’hui s’attaquer à ces classiques de la littérature ? Évidemment personne. Lui osait, et avec une fulgurance qui laisse supposer l’existence de quelques différents personnels. Bref, pour résumer, La Bruyère n’était pas un saint. Pas plus que ceux à qui il s’attaquait. Il paraît que sa réception à l’Académie Française fut accueillie avec plus que de la fraîcheur. Rien d’étonnant : plusieurs académiciens s’étaient probablement reconnus dans quelques-uns des « Caractères ».

Ils sont encore là, disponibles dans les librairies. Même si nous ne les comprenons plus aussi bien que les lecteurs du XVII° siècle, nous pouvons toujours les lire, et admirer cette langue admirable qu’était le français de jadis. Ne nous en privons pas.

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28 avril 2017

Une soirée à La Musardine

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Hier soir, une fois de plus, je suis retourné à La Musardine, pour une soirée de présentation de nouveaux livres. Quand je dis "une fois de plus, ne croyez pas que je m'exprime par rejet, ou lassitude. Je suis toujours heureux d'y aller. Non, en fait, je me demande simplement, et de plus en plus, pourquoi je participe à ces happenings, fort sympathiques au demeurant. Il est vrai que j'y retrouve des gens que je connais, et que j'apprécie. Soit. Seulement, je constate que je n'y achète plus aucun livre, et depuis un moment. Logique : je possède chez moi une pile de bouquins à lire, et qui attendent patiemment que je le fasse. Difficile d'élever encore la pile. Et puis, et surtout, quand je retrouve des ami(e)s dans ces endroits, c'est pour découvrir qu'ils sont dans la même situation que moi : ils ne savent plus quoi écrire, et ils ne savent plus à qui proposer ce qu'ils écrivent. Exactement comme moi. Alors, quel intérêt ? S'il s'agit simplement d'échanger notre déception, et de nous raconter nos échecs, j'appelle cela du temps perdu, puisque cela n'apportera rien. Je m'interroge sur la suite. Même si, je le répète, je suis heureux de retrouver des gens que j'apprécie.

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02 avril 2017

Au Bus Palladium

IMG00221Curieuse vie que la nôtre. Si vous m'aviez dit qu'un jour j'irai au Bus Palladium, je vous aurais évidemment traité de fou.

Eh bien, j'y étais hier soir. L'occasion de découvrir enfin ce mythique haut-lieu de la nuit parisienne. Mon impression ? Tout cela fleure bon une autre époque. La salle et l'environnement semblent jaillir tout droit des années 60. Pour faire plus vrai, on y trouve même une figure aujourd'hui démodée : un chauffeur de salle. Vous savez, le type qui monte sur la scène et fait tout un pataquès simplement pour présenter la chanteuse.

La chanteuse ? Julia Palombe. Elle proposait un concert original, puisqu'elle présentait une chose qui n'existe pas : son prochain album, pas encore en vente. Alors, puisque je suis témoin, je peux vous le dire : c'est super. Les chansons sont autant de tubes en puissance. Une riche création de la rockeuse de diamant, qui demeure une bête de scène.

J'ai suivi le concert. Ensuite, j'avoue que je ne suis point resté, car les karaokés ne sont point pour moi. Mais j'ai été au Bus Palladium. J'aurais au moins fait ça dans ma vie.

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29 mars 2017

La main au fez (Fire in the hole) - Glen Chase - Editions et Publications premières - 1975

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Le numéro 17 de la collection Cherry O, écrit par Glen Chase, datant de 1975.

THÈME : Cherisse Delissio, dite Cherry O, agent secret américain, se voit confier une nouvelle mission : se rendre au Maroc pour protéger un certain Abdullah. Celui-ci est menacé par la Mafia, car ses terres renferment du pétrole. Cherry O se rend sur place. À peine débarquée à Casablanca, les problèmes se multiplient : elle est même kidnappée et brutalisée. Elle va devoir s’enfuir en plein désert, avec le mystérieux Abdullah.

MON AVIS : Être un amateur de littérature populaire signifie qu’on doit se taper tout et n’importe quoi. Il faut l’accepter. Sinon, mieux vaut consacrer ses loisirs à autre chose. Moi, je le suis. Alors, je me tape tout.

Par exemple, ce numéro 17 de la collection Cherry O. Un machin datant de 1975 et qui traîne chez les bouquinistes, vestiges d’une époque lointaine et révolue. De la série Z ? Oui, simplement parce qu’il n’y a pas de lettre en plus sur l’alphabet. Nul et archi-nul. Lire jusqu’au bout exige de la patience. Pourtant, il faut le faire. Parce que ces trucs se vendaient en ce temps. Il y avait des lecteurs. Le jeter à la corbeille serait donc une erreur.

D’abord, nous nous devons d’être juste : l’auteur est parfaitement conscient de ce qu’il écrit et ne se prend pas au sérieux. Il le fait comprendre dans plusieurs passages. Sans façon, il se contente de remplir son cahier des charges et offre au public ce que ce dernier attendait : une intrigue pas plus bête que d’autres, de l’action, du suspense, et du sexe, beaucoup de sexe. Les descriptions érotiques occupent presque le tiers du texte. C’était ce que cherchaient les lecteurs, c’était pour ça qu’ils déboursaient quelques francs et ils se sentaient satisfaits de la lecture. Contrat rempli. Répétons-le, ça se vendait.

Alors, n’importe quoi ? Pas complètement. Ce bouquin de 1975 nous propose, au-delà de l’intrigue, quelques réflexions sur l’Islam et la culture islamique. Comme ça, sans prétendre à une analyse profonde. Et il faut bien admettre qu’elles résonnent aujourd’hui d’une étrange manière. À l’époque, l’Islam était considéré comme une curiosité amusante. Depuis, nous avons appris que cette religion, apparemment inoffensive, recelait d’autres aspects, bien plus inquiétants. À sa manière, ce roman populaire de série Z nous le disait, déjà. Finalement, même dans le n’importe quoi, on peut trouver quelque chose d’intéressant. Le tout est de se donner la peine de lire.

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26 mars 2017

Le Salon du Livre 2017

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Un de plus. Le Salon du Livre est comme le printemps, ou autres événements cycliques : il revient chaque année. Et nous, on doit y aller, sans pouvoir déterminer s'il s'agit d'une chance, ou d'une corvée.

Dans mon cas personnel, c'est surtout une occasion de confirmer que le calendrier fonctionne, et que le temps passe. En 2010, j'allais au Salon pour voir des copains et des copines. En 2017, j'y retourne pour voir des copains et des copines. Sauf que ce ne sont plus les mêmes. Mes connaissances de 2010 se sont depuis longtemps évanouies dans le brouillard du passé. Ceux que je vais voir aujourd'hui sont différents. Qu'y faire ? À moins de laisser couler le sablier à l'envers, il faut bien l'accepter.

Cette année, je suis donc allé voir Monique Le Dantec, peut-être ma future éditrice (je l'espère). J'ai découvert son fiston, très dégourdi, qui m'a fait une interview filmée. Sympa, non ? J'ai vu également Julie-Anne de Sée, Julie Derussy, Clarissa Rivière, Edmonde Permingeat, et l'équipe de Lune Ecarlate. Et quelques autres. Bons moments, et belles photos. Bref, j'ai fait mon Salon.

La question est qu'on se demande de plus en plus ce qu'on fout là. Quand donc irai-je à la Porte de Versailles en tant qu'invité, pour présenter mes bouquins ? Parce qu'en tant que visiteur, je crois avoir fait le tour. J'espère que c'est pour bientôt. Sinon, ma visite annuelle risque de devenir rébarbative pour moi. En clair, je risquerai de ne plus y retourner.

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