Le Blogue de Manuel Ruiz

13 décembre 2017

Qui parle de conquête (Who speaks of conquest) - Lan Wright - Fleuve Noir - 1959

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Un roman de la collection Anticipation (N° 128) du Fleuve Noir, datant de 1959.

THÈME : Une expédition terrestre, menée par le capitaine Brady, a découvert l’existence de civilisations extra-terrestres très avancées. Plus exactement, il y en a une, les Rhiniens, qui contrôle la galaxie à travers les autres. Se sentant menacés, les Terriens choisissent de passer à l’attaque. Ils s’emparent de la technologie des aliens et déclenchent les hostilités. D’ailleurs, ils sont victorieux et deviennent à leur tour les maîtres de la galaxie. Du moins le croient-ils. Car le capitaine Brady va s’introduire dans un vaisseau isolé où une énorme surprise l’attend.

MON AVIS : 1959, ça remonte loin. À un autre siècle, au propre et au figuré. Les reliques que nous retrouvons de cette époque nous apparaissent comme des vestiges du Moyen Âge. Un peu dur, j’en suis conscient. Mais telle est la réalité.

Comme ce roman, par exemple. Un nouveau numéro de l’imposante collection Anticipation, du Fleuve Noir. Peut-être la plus énorme de la littérature populaire. Elle contient tant de volumes qu’on serait tenté de leur donner un numéro et de les aligner, tel un assemblement uniforme. Ce serait une erreur. Celui-ci en apporte la preuve. Naturellement, je ne connais ce Lan Wright ni d’Ève, ni d’Adam. Mais son bouquin vaut la découverte.

Certes, il appartient à un genre précis : la science-fiction militaire. En le lisant, j’ai beaucoup pensé à « Starship Troopers », ou à « Babylon 5 ». Surtout, j’ai pensé à « Dispergerums Antecesors », de mon copain A.J. Crime, chroniqué ici même. Oui, je sais bien que ce genre ne branche pas tout le monde. Je sais que cette succession d’opérations et de batailles dans l’espace peut devenir répétitive. J’ai moi-même ressenti cette impression. Un énième récit sur la lutte entre les Terriens et les Aliens ? Vous êtes tenté de stopper la lecture et de refermer le livre ? Ne le faites pas !

Parce que si vous allez jusqu’au bout, vous ne regretterez pas le temps consacré. La deuxième partie se révèle simplement passionnante. D’abord, le dénommé Lan Wright est superbement documenté : tous les détails qu’il donne sur les planètes et le cosmos sont d’une absolue précision. Convenons que ce n’était toujours le cas dans la SF de l’époque. Et puis, il y a le dénouement, vraiment génial et complètement inattendu. Un dénouement fort et d’une ironie féroce, qui pulvérise tous les discours sur la gloire et la puissance. L’auteur désirait-il transmettre un message ? Bien possible. Ce dénouement, à lui seul, justifie qu’on se tape les 186 pages.

Alors, un numéro de plus ? Sûrement pas. Ce bouquin surgi de la nuit des temps possède son originalité, son audace. Ici, les Terriens ne sont point des pauvres victimes sans défense. Bien au contraire, ce sont eux qui déclenchent la guerre en employant une ruse franchement condamnable. Une philosophie peu répandue en ce temps. Même si ce Lan Wright s’est englouti dans le trou noir du passé, son roman mérite d’être découvert.

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30 novembre 2017

June - Virginie Bégaudeau - La Musardine - 2017

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Un roman de Virginie Bégaudeau, à La Musardine, de 2017.

THÈME : 1973, aux États-Unis. June est une épouse insatisfaite et déçue. Son amie Elsa la convainc de tout quitter pour commencer une nouvelle vie. Voilà les deux femmes embarquées dans un van et qui parcourent le pays en toute liberté. Du moins est-ce ce que June croit au début. Mais très vite, Elsa lui avoue qu'elle l'emmène dans un endroit précis : la maison des Carpenter, mystérieuse demeure sur laquelle courent bien des rumeurs. Lors d'une halte, elles rencontrent Sacha. Celui-ci les prévient du danger de cette maison et leur annonce qu'il va les accompagner, afin de les protéger. Un peu plus tard, ils atteignent ce lieu énigmatique et font connaissance avec le maître des lieux, Adrian. La malheureuse June ne se doute pas du piège diabolique qui est en train de se refermer sur elle et qui va la mener aux limites de la mort.

MON AVIS : J'ai acquis ce livre au dernier Salon du Livre Erotique. J'ignore d'ailleurs si c'est le bouquin lui-même qui m'a interpellé, ou la poitrine de l'auteure. En tout cas, je l'ai pris. J'ai bien fait : alors que je comptais le lire peu à peu, je l'ai dévoré en un après-midi. J'en suis le premier surpris, mais il faut le dire sans détour : il est passionnant.

Cependant, une précision : contrairement à ce que laisserait entendre la couverture, il ne s'agit pas vraiment d'un road-movie. Moi-même, je m'attendais à « Thelma et Louise », ou « Easy Rider ». Or, le voyage en van n'occupe qu'une portion du récit. L'essentiel de l'intrigue se compose d'un huis-clos interminable et étouffant, dans une maison terrifiante que nous ne recommanderons pas aux lecteurs. Une fois la jeune June entrée, on se demande comment elle pourra en ressortir.

Pendant ce huis-clos, il se passe beaucoup de choses. J'ai bien aimé cet aspect : au rythme des péripéties, on découvre les différentes facettes des occupants de la demeure. La belle June elle-même montrera la face obscure de sa personnalité, et Elsa et Sacha aussi. J'avoue pourtant que le rôle exact d'Elsa est resté pour moi difficile à définir. Celui du mari de June également, mais il intervient peu.

Je ne peux pas prétendre que j'ai été dépaysé. 1973, j'ai connu. C'était mon époque, mon adolescence. J'ai retrouvé dans ce volume toute l'ambiance des seventies : le sexe, la drogue, le rock'n roll. Tout cela paraît si loin désormais. On s'imaginait vraiment que le futur serait meilleur. On s'est trompé, pas grave. Virgine Bégaudeau a le mérite de ne rien cacher des élément sordides de ce temps que nous mythifions un peu trop.

Je le répète : je l'ai lu en un après-midi. C'est donc qu'il accroche. Alors, accrochez aussi : ouvrez-le. Vous ne pourrez plus le refermer jusqu'à la fin.

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27 novembre 2017

Le Salon du Livre Erotique

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Par un dimanche froid, je marchais sur les trottoirs pour me rendre à nouveau au Salon du Livre Érotique. Celui de l'année dernière m'avait emmené dans le III°. Celui de 2017 me ramenait au 153, bar bien connu du quartier des Halles, et qui commence à devenir le QG d'une génération de joyeux amateurs de littérature.

En arrivant, l'attente a été longue et le passage à la caisse un peu chaotique. Ces détails évacués, j'ai retrouvé avec plaisir les grands classiques de ces événements, qui se trouvent être également des amis : Flore Cherry, infatigable organisatrice, et Clarissa, Julie Derussy, Julie-Anne de Sée, Nathalie Giraud, Lady Shagass. Sans oublier les stars Brigitte Lahaie, ou Octavie Delvaux. Je mettrais « etcetera » si cela ne paraissait pas quelque peu expéditif. Rassurez-vous, nous n'étions pas seuls, car la foule a répondu présent. Les trois étages apparaissaient noirs de monde. Parce que la chose s'étirait sur trois étages : les livres à l'étage, le bar au rez-de-chaussée, les conférences au sous-sol.

Je suis resté l'après-midi. Le temps de me faire un avis. En effet, je dois vous dire que mon devoir de chroniqueur l'emporte, et que je vais exposer mon impression en toute objectivité.

D'abord, il s'avère que le 153 est le seul bar parisien à ne pas faire de café, quel que soit le jour, et quel que soit l'événement ! Plus sérieusement, cela s'appelait « le Salon du LIVRE Érotique ». Or, des livres, il y en avait peu. Je n'en ai vu que quelques-uns, sur les tables à l'étage. Un choix assez réduit, et sans mesure avec la production dans ce genre. Moi qui arrivais décidé à remplir mon sac, j'avoue que je me suis senti déçu. Mais le véritable contretemps fut d'apprendre qu'on n'acceptait pas la carte bleue au moment des achats. Ce qui nous obligeait à faire une excursion dans le quartier pour trouver du liquide. Pas le meilleur moyen de motiver les lecteurs.

Pourtant, il faut croire que j'étais motivé, car j'ai malgré tout acquis deux bouquins. Celui de Julie-Anne, prévu à l'avance. Et puis, celui d'une jeune, découverte au salon : Virginie Bégaudeau. Dans ce deuxième cas, j'ignore en toute franchise si c'est le livre qui a attiré mon attention, ou la poitrine de l'auteure. La preuve qu'il faut fréquenter les salons : on y trouve toujours quelque chose d'intéressant.

Je le répète : je suis resté l'après-midi, à naviguer entre l'étage et le sous-sol. C'est en voyant que je n'avais plus rien à faire que je me suis décidé à repartir, comme j'étais venu. À l'année prochaine ?

 

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19 novembre 2017

Un avis sur le Cycle de l'Etrange

L'auteure Myriam Salomon Ponzo a publié sur son blog un avis sur le premier volume de mon Cycle de l'Etrange :

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http://mabibliothequeetmescoupsdegueule.over-blog.com/pages/LE_CYCLE_DE_LETRANGE_Premier_Cycle_de_Manuel_RUIZ-6016606.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE CYCLE DE L'ETRANGE Premier Cycle de Manuel RUIZ                                                                                          

    Il s'agit ici de récits et nouvelles courtes qui ont fait l'objet de mise en scène pour émissions radiophoniques de 2005 à 2011.  

L'auteur, Manuel RUIZ a ressenti le besoin de regrouper tous ses écrits sous la forme d'un livre pour le bonheur de ses lecteurs.      

    Un univers de choses aussi étranges qu'inquiétantes, un prétexte pour une intrusion au sein de l'être humain dans toute sa complexité.  

    Un voyage dans l'espace, tour à tour au temps des cowboys du farwest, puis dans un futur lointain à bord d'astronefs traversant les galaxies, en passant par notre présent, l'auteur nous emporte    comme une feuille volante à bord de son imagination.        

    J'ai aimé retrouver certains personnages dans plusieurs nouvelles et j'avoue même que j'attendais impatiemment au détour des pages. Quelque chose de mystérieux se dégage vraiment des personnages    créés par Manuel Ruiz et c'est ce qui fait du Cycle de l'étrange, un ouvrage qu'on s'approprie tout doucement au fil des histoires qui le composent.  

    Les personnages sont si réels (alors que nous sommes dans un livre d'histoires fantastiques !) qu'ils finissent par s'intégrer au quotidien de notre subconscient.  

    Pourquoi ? Tout simplement, parce que les thèmes abordés par Manuel Ruiz sont universels, sauf qu'il a eu le talent de les présenter à sa manière de façon inquiétante, parfois macabre et toujours avec émotion.   

    Vous l'aurez compris, je pense lire le Deuxième cycle un de ces jours.  

       

     

 

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"Le Chaud et le Froid" disponible sur Ebay

"Le Chaud et le Froid" est disponible sur Ebay pour la modique somme de 5,40 euros. Cela peut vous intéresser :

 

http://www.ebay.fr/itm/Le-chaud-et-le-froid-Ruiz-Manuel-Occasion-Livre/381994150104?hash=item58f0a028d8%3Ag%3Ac44AAOSw%7EAVYvs4s

 

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28 octobre 2017

Une femme sur un bateau - Edilivre - 2017

image_27569_1_20304_1_9323_1_38646_1_150611Ce fut long, mais on y est arrivé. Dans l'euphorie de "La Dentelle du Colorado", je m'étais lancé dans une romance contemporaine. Malheureusement, les choses ne se passèrent pas comme prévu et le manuscrit est resté dans un tiroir.

Aujourd'hui, et après un parcours du combattant, je le publie enfin, chez Edilivre :

https://www.edilivre.com/catalog/product/view/id/882634/s/une-femme-sur-un-bateau-27cacce8c1/#.WfRzSztpGM8

En toute franchise, j'ai pris beaucoup de plaisir à écrire ça. Je suis conscient que cette édition ne produira pas de miracle, mais je prefère que le texte soit là plutôt que sur un disque dur. Peut-être un producteur tombera-t-il dessus et sera-t-il intéressé. L'espoir ne me quitte pas.

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22 octobre 2017

Bibliomania, le salon des papiers anciens

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Alors, ce week-end, nouvelle expédition. Je me suis tapé le déplacement jusqu'à l'Espace Champerret pour assister à Bibliomania, le salon des papiers anciens.

En fait, il s'agit simplement d'une immense brocante. Vieux livres, vieilles cartes postales, vieilles affiches, vieux magazines. Une exposition sans pareille, et franchement impressionnante. On y trouve de tout. J'y ai vu de vieux guides sur l'élevage de lapins, et aussi des manuels de 1940 sur la manière d'affronter des attaques aériennes. À côté, tout ce qu'un collectionneur peut rêver sur la presse et la littérature du passé. Une offre à nul autre pareil. On ne sait où donner de la tête.

Alors, pourquoi suis-je reparti avec une impression de ras-le-bol ? D'abord, une histoire de pognon. Pour donner un exemple, j'ai vu des bouquins du Fleuve Noir des années 60 à 180 euros ! À ce prix-là, soyons francs, le désir d'être collectionneur s'amenuise. Les autres articles étaient à l'avenant.

Et surtout, il y avait le comportement des vendeurs. Vraiment incompréhensible. On leur demande poliment des infos, et tout ce que je peux dire est qu'ils ne mettent guère d'enthousiasme à vous répondre. Si on les dérange... Voilà pourquoi je ne suis pas resté tout l'après-midi et que je suis reparti avant.

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20 octobre 2017

Le Bar Fleuri

IMG00392C'est dans la rue des Alouettes, sur le plateau des Buttes-Chaumont, au-dessus du fameux parc. Une brasserie qui fait coin : le Bar Fleuri.

En réalité, les amis, vous connaissez tous cet endroit. Oui, si vous avez suivi "Diane, femme flic", série de TF1. Le bar où se réunissaient les personnages, c'était celui-là. Aujourd'hui encore, le patron reçoit des commentaires des clients sur ce sujet. Il est vrai que le décor s'avère familier.

Mais rassurez-vous, l'aspect cinématographique n'est pas le seul intérêt du lieu. Le Bar Fleuri, c'est une brasserie tout à fait convenable. Déjà, elle présente une particularité : un poulet fermier à 6,86 euros. Si vous connaissez moins cher, vous êtes forts. Autrement, la carte (il n'y a point de menu) se révèle riche et attirante. Pour moins de 20 euros, vous ferez un repas de qualité. Et le patron est un passionné de bons vins : si vous insistez, il vous sortira toujours un petit cru de son arrière-boutique que vous n'oublierez pas.

Ce que je préfère, ce qui me pousse à revenir, c'est l'ambiance. Une bonne brasserie comme au temps de notre jeunesse. Familiale, amicale et accueillante. On se croirait revenu à d'autres époques. Franchement, ça fait du bien.

Alors, si vous passez par la rue des Alouettes, n'hésitez pas à entrer.

 

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16 octobre 2017

La fête des vendanges

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Salut ! Ce dimanche, l'association La Ruche des Arts se réunissait dans les jardins Rosa Luxembourg, non loin de Montmartre, pour célébrer la fête des vendanges.

Bah, la Ruche des Arts, c'est une bande de copains et copines, amateurs de musique et de poésie, qui cherchent tous les prétextes pour assouvir leurs passions. Cette date était un prétexte comme un autre. En vertu de quoi, ils se sont offert un banquet accompagné de chansons et de déclamations.

Et moi, j'étais là ? Ouais, toujours dans les bons coups. En plus, il faisait beau. Il aurait été idiot de s'en priver.

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07 octobre 2017

Enquêtes très spéciales

 

Nephael (@Nephael) | Twitter

The latest Tweets from Nephael (@Nephael). Animatrice #TV sur @CSTAR @C8TV #DORCELTV. #ETS #VBN -- Modèle de charme -- // french TV host & Erotic model -- nephael(at)https://t.co/42vgbuV3bn. Aube

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Nous avons tous des rendez-vous. Pour ma part, j'en ai un le vendredi soir, vers 23H30. Je me branche sur Cstar pour suivre "Enquêtes très Spéciales". C'est une sorte de relaxation hebdomadaire.

Pour ceux qui seraient surpris, ou choqués, je me dois de rappeler que nous sommes en 2017. Voilà belle lurette que le cinéma porno n'est plus isolé derrière une barrière et qu'il fait partie de la société, comme le reste. Depuis des années, les séries TV américaines (Game of Thrones, par exemple) utilisent des actrices du cinéma porno sans état d'âme. Depuis plus longtemps encore, le cinéma français, celui que vous voyez sur les affiches, est financé par des taxes perçues sur le cinéma porno. Telle est la réalité.

Ainsi donc, tous les vendredis soirs, la belle @Nephael nous emmène en voyage à travers cet univers, dont nous découvrons les arcanes. Ce que j'aime, c'est le style choisi. À l'encontre d'autres "journaux du hard" qui se prétendent réalistes, "Enquêtes très Spéciales" nous présente des hommes et des femmes souriants, détendus, visiblement heureux de faire le métier qu'ils font. Franchement, dans la morosité ambiante, ça fait du bien. C'est un moment de rafraîchissement et d'optimisme. De rêve aussi. Alors, pourquoi se priver ? 

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