Le Blogue de Manuel Ruiz

07 mars 2017

L'appel de Cthulhu - H.P. Lovecraft - Presses Pocket - 1975

Une nouvelle fantastique de Howard Phillips Lovecraft, publiée en 1926, réédition de 1975 en poche.

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THÈME : Un jeune étudiant apprend la mort de son grand-oncle. Il doit se rendre chez ce dernier pour inventorier ses biens et découvre un étrange bas-relief, et des papiers non moins étranges. Tout cela raconte une enquête menée par le grand-oncle. En Louisiane, en Afrique, au Groënland, des peuples primitifs se livrent à un culte horrible, ponctué de sacrifices humains, et dédié à une étrange créature dénommée Cthulhu, représentée tel un monstre multiforme. Le jeune décide de reprendre l’enquête à son compte. Elle le mène en Nouvelle-Zélande, où il recueille le témoignage d’un marin ayant assisté à un phénomène extraordinaire. Qui est donc ce Cthulhu, et pourquoi des gens lui livrent-ils un culte ?

QUI CTHULHU CRU ? : Un des plus grands mythes littéraires du XX° siècle tient entièrement dans une nouvelle de 50 pages. Incroyable ? Oui, un des paradoxes de ce siècle qui n’en a point manqué. Le fait est que l’univers de Cthulhu a changé et marqué toute la littérature fantastique jusqu’à aujourd’hui. Toutes les histoires que vous connaissez d’aventuriers découvrant des vestiges étranges et plongeant dans des mondes occultes proviennent de là, de ce texte publié en 1926. Romans, BD, films, tous sont venus s’abreuver à cette source. Et l’univers de Cthulhu, c’est 50 pages. Un cas qui mérite étude.

Cthulhu, c’est un monstre, une déité. On ne sait pas trop, et on ne saura pas. « Une tête molle, tentaculée, surmontait un corps grotesque et écailleux, équipé d’ailes rudimentaires ». Telle sera sa description, et l’unique image que l’on nous donnera de lui. Le fait qu’il soit issu de la mer semblerait indiquer que Lovecraft se serait inspiré, apparemment, des légendes mésopotamiennes. Peut-être, allez savoir. On nous explique qu’il a régné voilà longtemps, avant de s’enfouir sous la mer, et qu’il peut revenir à n’importe quel moment.

Lovecraft. Après l’avoir lu, je peux témoigner qu’il est fidèle à sa réputation, et qu’il la justifie. Morbide, macabre, angoissant, sinistre, au point de dépasser ces adjectifs qui se révèlent faibles pour résumer son style. À croire qu’il a voulu démolir sciemment tout ce qui rendrait supportable la vie humaine. Nous vivons une époque où la démagogie et le populisme s’imposent partout. Dans ce contexte, Lovecraft apparaît comme une incongruité. Bien simple : il n’a fait AUCUN effort pour attirer les éventuels lecteurs. Au contraire, il s’est acharné à les décourager : pas le moindre dialogue, paragraphes denses comme des taillis, phrases interminables, expressions fumeuses, noms propres imprononçables. Rien pour plaire, tout pour rebuter. Lire du Lovecraft représente une épreuve de volonté. Je dirais que lire du Lovecraft, ça se mérite.

En tout cas, il avait du talent. Il en fallait pour intéresser le public à une histoire qui n’en est pas une. « L’appel de Cthulhu » n’a pas vraiment de récit, pas vraiment d’intrigue. On ne sait pas de quoi il s’agit exactement. Cela ne raconte rien, et cela se termine sans une fin véritable. Que des gens aient pu accrocher à une œuvre pareille permet de mesurer le don de cet écrivain si déroutant.1926. Plus de 90 ans plus tard, Cthulhu rôde toujours, nous angoisse toujours, nous fascine toujours. Parce que, tout en faisant semblant de le rejeter, nous sommes attirés par le mal. Lovecraft avait compris ça. Tel était son génie.

 

 

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05 mars 2017

Accusé, sors de ta tombe - Stéphane Loiseau - Durand-Peyroles - 2016

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Un roman de Stéphane Loiseau, chez Durand-Peyroles, de 2016.

THÈME : Anna Bourseau est une brave employée de bureau résidant à Ancenis, et menant une vie banale. Cette dernière va pourtant basculer. Un soir, elle reçoit sur son portable un appel au secours provenant de sa fille. Or, celle-ci est morte depuis huit ans. Anna voit alors son existence bouleversée. Elle est accusée de meurtre, de faux témoignage. Elle voit ressurgir un passé dramatique et qu’elle croyait disparue. Sa seule issue est de mener elle-même l’enquête pour comprendre. Hélas, elle est bien seule et son nouvel amant Vincent se révèle son unique allié.

MON AVIS : Après un intermède, je retrouve donc Stéphane Loiseau, dont nous suivons le parcours depuis un bon moment. Dans son nouvel opus, il s’éloigne du fantastique pour revenir au thriller à l’état pur. Parce que c’est un thriller, tordu et angoissant, déroutant et d’une logique implacable. Planté sur les bords de la Loire, il m’a rappelé ces polars que fait France Télévision dans différents terroirs. Il est d’ailleurs conçu comme un scénario de téléfilm.

Moi, j’aime bien ces histoires enfoncée dans la réalité quotidienne. L’univers d’Anna Bourseau, c’est le nôtre, avec les mêmes voitures, les mêmes téléphones portables. Et ces personnages qui défilent, c’est nous. On se dit que la mésaventure que connaît l’héroïne aurait pu nous arriver, et on se demande ce qu’on aurait fait dans ce cas. Après un moment de confusion fort compréhensible, elle prend les choses en main et conduit son enquête avec détermination. Et nous, qu’aurions-nous fait ?

Ayant été, pour ma part, légèrement déçu par le précédent, je dois dire que celui-ci m’a passionné. Je répète que l’auteur devrait le proposer à la télé, car il ferait un téléfilm formidable. En attendant ce jour, il est déjà un roman formidable. S’il ne sort pas de la tombe, il sort au moins de sa tanière, ce qui est déjà bien.

 

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24 février 2017

La Mésopotamie - Georges Roux - Points Seuil - 1985

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Un livre d’histoire de Georges Roux, chez Points Seuil, première édition en 1985.

 

Depuis que je tiens ce blog, j’ai déjà chroniqué tout et n’importe quoi, au point qu’on pourrait s’interroger sur ma santé mentale. Pas grave, puisque personne ne vient par ici, à part quelques mouches. Je peux donc chroniquer ce que je veux, tout le monde s’en fout.

Alors, puisque je peux me permettre toutes les fantaisies, j’en fais une et je vais présenter un livre que j’ai lu voilà longtemps. Pour rassurer quelques consciences, je l’ai (évidemment) revu avant d’en parler, afin de me replonger là-dedans. Si je tiens à chroniquer ce livre, c’est parce qu’il est le deuxième meilleur bouquin d’Histoire que j’ai lu dans ma vie. Le meilleur était un ouvrage sur Guillaume le Conquérant que je retrouverai un de ces jours, promis. Pour le moment, celui-ci.

Oui, celui-ci et pas un autre. Parce que le paradoxe est là, énorme : deux géants comme Dumézil et Bottéro sont passés par là, et pourtant le livre de référence sur la Mésopotamie est l’œuvre d’un certain Georges Roux. J’avoue franchement que je ne connais pas du tout ce monsieur et que je serai incapable de vous dire s’il vit encore. Cette réussite est de lui, point.

C’est une réussite, car le titre indique clairement de quoi il s’agit : TOUTE l’histoire de la Mésopotamie. Tellement fou qu’on n’y croit pas au départ, avant de se rendre à l’évidence : oui, Georges Roux nous narre TOUTE l’histoire. Depuis les premiers vestiges préhistoriques jusqu’à l’enfouissement sous la poussière, plus de six siècles après J.C. Un travail d’Hercule, une gageure, un exploit. Tout ce que vous voudrez, simplement pour dire qu’il a réussi un tour de force. Parcourez ce bouquin et vous verrez tout défiler : chaque période est étudiée, chaque civilisation est décrite en détails, chaque événement est mentionné. Rien ne manque. On se demande comment l’auteur a fait, mais il n’a rien omis. Rassurez-vous, le livre n’est pas qu’une somme d’informations. Il se révèle aussi passionnant. Parce que le sujet est passionnant.

Tout de suite, ne braillez pas trop fort, puisque je le sais : la Mésopotamie n’existe pas, n’a jamais existé. Il s’agit d’une invention artificielle des Grecs. D’accord. Mais la vallée de l’Euphrate existe bien, elle. C’est là qu’après une longue fermentation préhistorique, vers le IV° Millénaire avant J.C., surgissent les premières villes, les premières civilisations, tout au sud de l’actuel Irak. Incroyable fantaisie de l’histoire humaine : cela aurait pu apparaître ailleurs, en mille endroits plus propices. Mais de façon inattendue, cela commence là, en ce lieu semi-désertique. Ne cherchons pas à comprendre, puisqu’on ne comprendra jamais. En tout cas, et c’est ce qui me frappe personnellement, ça va très vite : dès 2800 avant J.C., une cité comme Ourouk possède des murailles de plusieurs mètres d’épaisseur. Les hommes du Néolithique se sont vite civilisés !

Nous sommes dans la période que je préfère : celle de Sumer. Sacrés Sumériens qui n’ont jamais voulu nous dire qui ils étaient et d’où ils venaient. Ils se sont contentés de tout inventer. Premières villes, premiers temples, premières écoles, premières rues à angle droit. Et surtout l’écriture. Rien que pour cela, on doit leur dire merci. Our, Ourouk, Oumma, Lagash, Eridou, ce n’est pas de la science-fiction, ce sont les cités sumériennes, là où commence l’histoire. Malheureusement, tout a une fin, et les Sumériens disparaissent, ou se fondent dans d’autres peuples, ce qui revient au même pour un historien. Alors débute une autre étape, avec un miracle portant un nom propre : Babylone. Une ville surgie des sables et qui, par un concours de circonstances, devient le premier empire universel de l’humanité. Hammourabi d’abord, Nabuchodonosor longtemps après, et les jardins suspendus, et la Tour de Babel, et tout, et tout. Avouons-le, Babylone, c’était si fabuleux qu’on se demande si notre race humaine a jamais connu une chose comparable. Et puis, il y avait les inévitables ennemis, les Assyriens, à la sinistre réputation, dont on ne sait si elle était justifiée, ou si on l’a fabriquée. N’importe, tout cela, c’était la Mésopotamie.

Et tout cela s’effondre en 539. La chute de Babylone. Ou plutôt, sa prise par les Perses. Le genre d’événement qui change toute l’Histoire. Celui-ci fut si important qu’il paraît marquer la fin du pays. Naturellement, ce n’était pas le cas. La Mésopotamie a continué, simplement et perpétuellement occupée. Occupation perse, occupation d’Alexandre, occupation romaine, occupation byzantine, et enfin le coup de grâce : l’occupation arabe. C’est durant cette dernière que la poussière recouvre le peu qu’il restait. Ces vestiges demeureront enfouis jusqu’à aujourd’hui, où les archéologues s’échinent pour retrouver un bout de tablette, ou une statuette abîmée. Tout ce qui permettra de ressusciter un univers qui fut, et qui n’est plus.

Voilà ce que raconte ce bouquin. TOUT, sans rien écarter. Certes, je sais comment certains réagiront : la prolifération de noms imprononçables évoque l’Héroïc-Fantasy, l’enchevêtrement des empires devient assommant. J’en suis conscient : il faut faire un effort. Ces gens n’existent plus et leur monde nous paraît provenir d’une autre planète. Le mérite de Georges Roux est justement celui-là : nous restituer la dimension humaine des Mésopotamiens. Ils étaient comme nous. Quant on parcourt la description de la vie quotidienne à Our, au III° Millénaire, on découvre simplement la notre, ou presque. Et on apprend des choses : que la légende du Déluge et de Noé nous vient des Sumériens, que Babylone au sommet de sa prospérité était gouvernée par des rois étrangers, que les ouvriers bâtissant les temples étaient payés en rations alimentaires, que les-dits temples pratiquaient la prostitution comme une activité banale, etc. Chaque page nous apprend quelque chose. En 500 pages, on ne s’ennuie jamais. On est même déçu quand on arrive à la fin.

Voilà pourquoi j’aime, et je continue à aimer, ce bouquin. Georges Roux a réussi un tour de force : raconter toute la Mésopotamie, sans rien oublier, et sans rien réduire. Peu d’ouvrages historiques m’ont passionné à ce point. Un livre immense pour un sujet immense.

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03 février 2017

Une crêpe à l'Île Saint-Louis

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Un écrivain ne vit pas que de nourriture intellectuelle. Suivant ce précepte, je suis passé sur l'Île Saint-Louis, quartier que j'ai trouvé quelque peu... cher. Disons que si vous désirez dîner dans les restos de là-bas, mieux vaut avoir la carte bleue bien achalandée.

En vertu de quoi, je me suis rabattu sur une crêperie, découverte par hasard. Un accueil sympa et une bonne crêpe au chocolat. Miam. Ah, vous êtes jaloux ? Tel n'était pas mon but.

Et maintenant, bon appétit.

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02 février 2017

Ces dames de l'annonce - Théâtre Clavel

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-Une pièce de Philippe Decaplain, présentée au Théâtre Clavel-

Vous allez finir par croire que je couche au Théâtre Clavel, mais ce n’est pas de ma faute si j’habite à côté et s’il me suffit de marcher 200 mètres pour m’y rendre.

Bref, j’y suis allé une fois de plus. À cette occasion, pour y voir « Ces dames de l’annonce », une pièce de Philippe Decaplain, annoncée en grande pompe sur Facebook. Je peux vous dire qu’elle faisait le plein, bonne nouvelle par les temps qui courent. Le thème est relativement simple : un monsieur passe une petite annonce de rencontre et quelques dames y répondent. La pièce nous raconte les rendez-vous, et c’est un prétexte pour présenter une galerie de femmes amusantes, voire vraiment déjantées.

Sur le plan littéraire, celui qui me touche le plus, l’ensemble est bien écrit et soigné. En tout cas, le texte se défend parfaitement. Sur le plan de l’interprétation, j’ai apprécié les actrices (Julie-Anne de Sée, Anne Bert, Wanda Sportes, Sandrine Besnard), complètement impliquées dans leurs rôles, parfois très forts.

« Ces dames de l’annonce » surfe donc sur la vague du théâtre érotique, qui semble bien se porter dans les salles parisiennes. En plus, elle est très liée aux milieux de la littérature érotique et aux réseaux sociaux. D’aucuns nous diront qu’elle s’adresse à un public averti. J’estime, moi, que toute personne de plus de 18 ans peut la voir. À moins d’être complètement bouché. On rit, on s’amuse, et on sort de là revigoré.

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18 janvier 2017

My lonely christmas in Berlin - Charlotte Roustang

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Depuis que je maintiens ce blog, contre vents et marées, j'ai déjà fait tout et n'importe quoi. Mais aujourdui, je me surpasse, puisque je publie un truc sur un film qui n'existe pas encore.

Comment cela se peut-il ? Eh bien, je parle de Charlotte Roustang. Vous la connaissez, car elle avait réalisé le film "Saviour", déjà chroniqué ici, quelque part. Maintenant, elle vient d'en tourner un autre. Le titre provisoire : "My lonely Christmas in Berlin".

Elle vous livre elle-même le sujet : "Mon Noël (très) berlinois” est un conte de Noël social et déjanté dans les rues de capitale allemande. Mélanie est une musicienne française expatriée à Berlin. Elle se retrouve seule à Noël pour la première fois, après le décès de sa grand mère. Elle est finalement entraînée dans les rues de Berlin grâce à des rencontres inoubliables et découvre alors la face cachée de Noël ainsi que la ville de Berlin telle qu'elle ne l'avait jamais vue. "Mon Noël (très) berlinois” donne à découvrir avec humour et tendresse des personnes et des personnages touchants ou hauts en couleur, qui vivent à leur façon et font connaître à Mélanie, l´héroïne du film, un Noël inoubliable hors du mode traditionnel. Le film commence comme une tragi-comédie, puis se transforme en road movie dans les rues de Berlin, lors de la nuit du Réveillon.
C´est en toile de fond un film sur la subculture berlinoise, ainsi que la solitude dans les grandes villes, la condition d´être femme célibataire en fin de trentaine et enfin c´est enfin ma déclaration d´amour à Berlin, vue par mes yeux de francaise expatriée. Le film met d´ailleurs en scène une partie de la communauté française berlinoise qui n'a cessé de grandir ces dernières années."


Intéressant. Malheureusement, Charlotte Roustang a le même problème que tous les artistes : elle cherche de l'argent. Sans cela, impossible de finir le projet et de sortir le film. Alors, elle a ouvert un compte dans ce but :

 

Mon Noël (très) Berlinois sur Touscoprod

Noël tel que vous ne l avez jamais vu ! Un conte déjanté dans les rues de Berlin, qui mêle fiction et documentaire.

http://www.touscoprod.com

 

N'hésitez pas à faire un effort, même modeste. Le cinéma indépendant en a besoin. Avec un budget suffisant, ce film pourra voir le jour, ainsi qu'il le mérite. Il vous suffit de faire un petit don, et vous aurez bien mérité du 7è Art.

Bonne chance à Charlotte et à son équipe.

 

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28 novembre 2016

Le Salon de la Littérature Erotique - Galerie Art en Transe

Ma vie sociale n’ayant pas complètement sombré dans le néant, j’ai profité de ce samedi pour me rendre dans le III° arrondissement,

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vers la petite rue de Verlomme. Là, à la galerie Art en Transe, se déroulait le Salon de la Littérature Érotique.

Tout de suite, pour ceux que l’intitulé pourrait faire sursauter, précisons qu’il s’agissait simplement de littérature, et qu’il ne s’y passait rien de dangereux pour la société, à moins que parler de livres avec de belles femmes soit de nature à faire s’effondrer la civilisation. Bref, c’était un salon littéraire.

L’organisatrice était Flore Cherry, l’infatigable fourmi qui organise et organise sans trêve ni repos, et à travers tout Paris, des évènements de ce genre, qui permettent à des artistes de s’exprimer alors qu’ils n’en ont, souvent, guère l’occasion. On lui doit beaucoup, à la belle Flore. Recevra-t-elle un jour la reconnaissance et la gratitude qu’elle mérite pour ses efforts ? Pas sûr. Le monde dans lequel nous vivons accorde rarement cela.

Pourtant, ce fut un succès. Ce sera d’ailleurs ma seule réserve : il y avait un monde fou dans une galerie réduite. J’ai passé mon temps à me faufiler pour aller saluer un tel, ou entendre tel discours. Même si tout le monde était sympa, on se prend à regretter une salle un peu plus vaste.

J’ai retrouvé les grands classiques de ces happenings : Flore Cherry déjà citée, Julia Palombe, Octavie Delvaux, Eve de Candaulie, D'Ange Heureux Poète. Malheureusement, et à mon grand désespoir, j’ai raté ma super copine Clarissa Rivière. De quoi gâcher mon week-end ! Mais je me suis consolé. En effet, on nous proposait des défis d’écriture, et pour la première fois, j’en ai gagné un ! Celui organisé par B-Sensory. Le sujet : « Imaginer une relation virtuelle entre deux personnages improbables ». Il faut croire que je ne suis pas si mauvais que je le croyais ! La récompense : trois mois d’abonnement à B-Sensory. Je n’ai pas bien compris de quoi il s’agissait, mais je promets d’aller voir.

L’après-midi fut bien occupé et nous aida à lutter contre le froid envahissant. Espérons que ce genre de réunions va continuer, car nous en avons bien besoin, pour nous distraire, nous rencontrer, et pour garder foi en l’avenir

 

 

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02 septembre 2016

Perles à rebours (Big Bank Roll) - Editions et Publications Premières - Glen Chase - 1976

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Un roman de la collection Cherry O (N°25), datant de 1976, écrit par Glen Chase.

THÈME : Cherisse Delissio, dite Cherry O, est une agent du SPASM. À New York, elle vit un incident curieux : elle se retrouve en possession d’un ticket du Mont-de-Piété égaré par quelqu’un. Intriguée, elle choisit d’aller l’échanger et reçoit en retour une bague sans grande valeur. Rien de monumental. Et pourtant, voilà que des meurtres s’enchaînent. Des hommes se font tuer à cause de cette vulgaire bague. Cherry O se voit contrainte de mener une enquête, en compagnie de son chef et amant Mark Condon. Elle les conduira à une agence de call-girls et à trois personnages mystérieux dont on se demande pourquoi ils se réunissent dans une maison du Connecticut.

MA LECTURE : Il y a des romans qui marquent une vie, souvent sans que cela soit en rapport avec leur qualité. Prenez celui-ci, simple polar sans autre prétention que celle de distraire le lecteur. En toute logique, il aurait dû se perdre dans le puits de ma mémoire, qui en a englouti bien d’autres. Or, « Perles à rebours » est resté présent à mon esprit, malgré le temps. Cela pour une raison fort simple : c’est ce modeste bouquin qui fit découvrir à l’adolescent que j’étais une pratique sexuelle dont je n’avais jamais entendu parler auparavant : le sado-maso. Oui, je l’ai découvert à cette occasion. Aujourd’hui, un demi-siècle plus tard, le sado-maso (rebaptisé BDSM, par la grâce de la mode des initiales) s’est imposé à peu près partout, et s’étale sans complexe. À l’époque, c’était évidemment différent. Je me souviens encore de ma surprise en voyant ces jolies filles qui prenaient un plaisir étrange, et incompréhensible, à recevoir des fessées. Que leur arrivait-il donc, me demandais-je. En somme, ce fut une étape de mon éducation. Voilà pourquoi « Perles à rebours » est demeuré dans mes souvenirs.

Maintenant, pour parler du livre en lui-même, je dois répéter, une fois de plus, que cette collection de Cherry O était absolument passionnante et que je ne comprends pas pourquoi tant de gens l’ont traitée par le mépris, ou l’indifférence. Ici, nous avons affaire à un vrai et très bon polar. L’idée de départ est si géniale qu’on se dit qu’elle aurait dû être reprise par d’autres : un ticket du Mont-de-Piété tombé de la poche d’un homme assassiné et qui provoque une cascade de meurtres. Bien trouvé, accrocheur. Ensuite, les rebondissements s’enchaînent et on suit l’enquête périlleuse de la belle Cherry O, laquelle promène désormais sa tignasse rousse à New York, et plus dans des contrées exotiques. De la littérature populaire à l’état pur.

1976. C’est ce que l’on pourrait qualifier de point culminant des seventies, l’apogée de cette décennie de cheveux longs et de libération sexuelle. La lecture de « Perles à rebours » fait remonter à la surface Kojak, Starsky et Hutch, les Drôles de Dames, et tout ce qui a fait la mythologie de notre jeunesse. Bien sûr, cela est un peu lointain. Mais les souvenirs ne demandent qu’à se réveiller et à venir nous regonfler le moral. J’ai eu la chance de vivre cette époque et, avec le recul, j’en suis heureux.

25 août 2016

la fin d'Artblog

IMG00040Ce n'est qu'une photo, mais elle représente quelque chose pour moi. La fin d'une époque. Pour ne pas sombrer dans la grandiloquence, je dirai la fin d'une étape de ma vie.

Artblog, ce fut la plus belle période de mon parcours littéraire. J'y tenais mon blog : 'l'Artblog de Manuel Ruiz". J'y publiais mes histoires. Et j'avais mon public : un cercle de lecteurs qui me suivaient fidèlement et me laissaient leurs avis. La plupart des histoires formant aujourd'hui le "Cycle de l'Etrange" sont nées à cet endroit. La belle époque, les bons souvenirs, les bons moments partagés. Cela a duré quelques années.

Et puis, cela a pris fin, parce que tout a une fin en ce bas monde. Telle est la loi, inexorable, de la vie. Mon Artblog s'est étiolé. Mes lecteurs se sont dispersés, avant de s'effacer dans le virtuel. Pour la plupart, j'ignore ce qu'ils sont devenus. Ce n'est la faute à personne.

Aujourd'hui, Artblog disparaît et son nom de domaine est à vendre. J'ignore, naturellement, ce qu'en fera le futur propriétaire. Peut-être gardera-t-il le principe d'une plate-forme de blogs. Peut-être. En attendant, je vois une page de ma vie se tourner.

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22 juillet 2016

Le Faidherbe (Les Lilas)

1405_restaus_faidherbeSi vous passez par Les Lilas, charmante commune de la Seine-Saint-Denis en bordure du XIXè arrondissement, je vous signale et recommande une adresse : le Faidherbe, 69 rue de Paris.

Rien de monumental, rassurez-vous. Le Faidherbe est simplement une de ces innombrables brasseries qui pullulent en région parisienne et qui se chargent de restaurer une population de plus en plus nombreuse. Rien pour retenir l'attention, direz-vous. Pourtant, il y a déjà la possibilité de choisir un menu intéressant à 11,50 euros, ce qui garantit un bon déjeuner à un coût minimum : une entrée et un plat principal tout à fait correct. Mais l'important est ailleurs.

L'important au Faidherbe, c'est la brasserie elle-même. Il s'agit d'une de ces "brasseries familiales", semblable à celles qui faisaient le quotidien de jadis et qui séduisaient tant les provinciaux montés à Paris que nous étions. L'ambiance est bel et bien celle d'une famille. La patronne Chantal et les serveurs vous accueillent avec le sourire. Les clients et le personnel se connaissent visiblement depuis longtemps et échangent des nouvelles. L'endroit est un lieu de restauration, mais aussi de conversation et de détente. Autour des assiettes, on discute entre amis. Et franchement, ça fait du bien. Un moment de relaxation en marge de la grande ville.

Voilà pourquoi je vous recommande le Faidherbe. 69, rue de Paris, aux Lilas. N'hésitez pas.

 

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