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« L’indélicatesse du Cosmos » fait partie de Rivière Blanche, une collection créée par des nostalgiques du glorieux Fleuve Noir. Son ambition est de ressusciter l’ancienne et mythique collection « Anticipation » : la présentation et la couverture sont rigoureusement les mêmes, et les illustrations très proches de cette belle époque. C’est vraiment formidable de se retrouver avec ces livres en main et de se sentir rajeunir !

 

THÈME : Dans un futur lointain, la Terre, rebaptisée Terre Zéro, est devenu parfaite. Trop parfaite pour les dirigeants qui récompensent les gens ayant un comportement antisocial : sabotage, vols, crimes, mensonges, hypocrisies sont ainsi récompensés. C’est le cas de Logan, un policier qui vit avec sa famille : sa femme Pénélope, son fils Sly, sa fille Nooba. Pour saluer ses multiples méfaits, il se voit accorder un droit : celui de mourir le jour de Noël. Un peu plus tard, le même Logan se voit octroyer un autre droit : celui de vivre une seconde vie. Absolument pas pour se prélasser : en compagnie d’autres personnes dans le même cas, la famille va devoir embarquer dans un astronef  et partir vers l’espace, à la recherche d’une race extra-terrestre qui voudra bien accepter de faire enfin une bonne guerre.

 

HOLOLOLOGOGOGRAMME : Il est impossible de raconter « L’indélicatesse du Cosmos », car il n’y a pas vraiment d’histoire. En fait, pas d’histoire du tout. L’intérêt est ailleurs. L’intérêt est que Éric Lequien Esposti a réussi le plus difficile pour un écrivain : il a créé un univers. Son univers. Lequel ne ressemble à aucun autre : l’originalité est totale. On pourrait dire que l’auteur ne fait pas vraiment de la science-fiction : il crée un genre nouveau. Il trace son propre créneau. Pour cela, il multiplie les trouvailles géniales : chaque page, chaque paragraphe, nous propose une trouvaille mémorable. Cela va de l’holologogramme à Bayne Hur, en passant par les tubes à nourriture, sans parler des innombrables actes antisociaux. Une véritable mitrailleuse à trouvailles ! Le lecteur ne sait plus où donner de la tête. Bien sûr, je ne vais pas mentir : il est notoirement connu que je pratique personnellement une science-fiction plus classique et traditionnelle. Or, c’est cette science-fiction qu’Éric Lequien Esposti pulvérise méticuleusement et consciencieusement. Exit, les cosmonautes courageux et les explorateurs chevaleresques. Tout est démoli avec un humour caustique, ironique et féroce. Le lecteur est à la fois dérouté et emporté. Ce n’est pas le moindre mérite de l’auteur.

 



CONCLUSION : Éric Lequien Esposti va-t-il révolutionner la science-fiction française ? Ce n’est pas impossible. En attendant, il a déjà réussi quelque chose : créer son propre créneau. Le créneau de Éric Lequien Esposti, qu’il est pour l’instant le seul à occuper. Fera-t-il des émules ? On verra. Pour l’instant, il est assez rare qu’un auteur crée son propre genre pour ne pas marchander nos compliments à celui-ci.

 

LA PHRASE : « En d’autres termes, nous y sommes, mais personne d’autre que ceux qui y sont, sans y être plus que nous, ne peut nous y trouver ! »