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Un recueil de nouvelles de Fabien Muller, publié chez Cécile Langlois.

Tout de suite, chers amis, une mise au point. Non, non, Fabien Muller n'est point un extra-terrestre. Ce n'est pas davantage un nouveau-venu, ou un inconnu. J'avais déjà chroniqué ici « Le journal d'un écrivain sans succès », de Jean-Fabien. Eh bien, Jean-Fabien et Fabien Muller sont une seule et même personne. Depuis, il a été transféré chez Cécile Langlois, où il poursuit sa brillante carrière.

Bon, je vais sans tarder, et sans tricher, avouer la vérité : pour ma part, j'avais quand même préféré « Le journal d'un écrivain sans succès ». Il est vrai que j'étais directement concerné par le sujet. Ici, c'est différent puisque nous sommes dans le pur recueil de nouvelles. Une dizaine. Certaines se limitent à une page et demie. La dernière est un mini-roman de près de 50 pages.

Et ma foi, Fabien Muller vaut largement Jean-Fabien, niveau talent d'écriture. Je lui reconnais sans hésiter un don : celui de la chute. À chaque histoire, il trouve une chute frappante, percutante, d'autant plus marquante qu'elle survient toujours dans le dernier paragraphe, voire la dernière phrase. Il est meilleur que moi pour ça. Autrement, on retrouve ici son humour caustique, parfois féroce, et qui éclate dans des formules cinglantes. Un humour trompeur, car il sert surtout à dissimuler des émotions très fortes. Voyez la chute finale de « Copie conforme », ou de « L'homme de glace » : des dénouements poignants et profondément humains, propres à toucher tous les hommes et toutes les femmes.

Parce que le sujet de prédilection de Fabien Muller est justement celui-là : les femmes. Il les met à toutes les sauces, si j'ose me permettre cette formule ambiguë. Ses héros ne pensent qu'aux moyens de fréquenter de près le genre féminin. Bien sûr, cela pourrait paraître misogyne, jusqu'au moment où on s'aperçoit que c'est la maladresse de ses héros qui créent les malentendus.

« L'inconvenance du désastre » n'est donc pas un désastre, au contraire. C'est même un recueil réussi. Moi, mon seul petit regret est que les histoires ont presque toutes pour thème les choses de la vie quotidienne. Le fantastique, ou science-fiction, n'est employé que dans deux nouvelles : et ce sont justement mes deux préférées. L'auteur approfondira-t-il le genre dans le futur ? J'ose l'espérer.