Le Blogue de Manuel Ruiz

Manuel Ruiz, écrivain, scénariste, producteur de radio, s'adresse à son public, avec amitié et avec le désir d'entamer un dialogue.

19 octobre 2009

L'Apologie de Socrate - Platon - Le Monde de la Philosophie - 2008

socrate5 Une traduction et version publiée en 2008 par Flammarion, dans la collection Le Monde de la Philosophie, avec la collaboration du journal Le Monde.

THÈME : En 399 avant J.C., le philosophe Socrate est jugé par l'assemblée athénienne et il risque la peine de mort. Il présente son apologie, c'est-à-dire sa défense, dans laquelle il s'efforce de démontrer son innocence. Peine perdue : l'assemblée le condamnera à mort. C'est ce discours de défense que nous rapporte Platon.

COMMENTAIRES : La philosophie, c'est Socrate. Pas Saint-Augustin ni Pascal ni Descartes ni Spinoza ni Marx ni Heidegger. Oui, ça paraît fou, comme ça. Mais c'est ainsi : 25 siècles et des centaines de guerres plus tard, on n'a pas fait mieux que le vieux monsieur à barbe. Les philosophes se sont succédés, Socrate est resté LA référence, et on revient toujours à lui.

Précisons cependant que nous sommes ici devant un cas un peu particulier. En effet, l'Apologie n'est pas un de ces textes où Socrate expose longuement ses théories philosophiques. Il s'agit du discours qu'il prononça devant l'assemblée athénienne pour se défendre des accusations portées contre lui. Difficile, donc, de se replacer dans un contexte aussi ancien, et surtout de prendre conscience qu'il est prononcé devant une foule bruyante : à plusieurs reprises, le philosophe demande aux gens de « cesser de faire du tapage ». Ainsi donc, pas de théories philosophiques : Socrate parle pour tenter de sauver sa peau. Du coup, ce n'est pas un philosophe que nous avons en face, mais un homme. L'homme Socrate. Celui que des siècles de réflexion intellectuelle ont englouti et qui nous réapparaît. Le discours est un mélange d'argumentations, de réponses à des accusations, d'ironies mordantes et... de supplications. Oui, Socrate, le grand philosophe, a peur de mourir, et il supplie les juges (en fait, des membres de l'Assemblée) de l'épargner. On en est tout retourné. C'est donc possible ? Oui, et on se sent plus proche de cet homme si lointain, et on mesure mieux sa grandeur, et on comprend mieux le travail qu'il a dû abattre pour devenir ce qu'il est devenu. Socrate est là, devant nous, et on a envie de lui serrer la main.

L'Apologie est un texte très court et n'importe quelle personne ayant fréquenté l'école primaire peut le lire. Je dis cela pour ceux que la philosophie rebuterait. C'est même la meilleure initiation pour les débutants. En quelques pages, tout est dit, sur la vie, la mort, l'amour, la politique, la religion, les hommes. En fait, toute la philosophie occidentale est là, sous nos yeux, et tout ce qu'on a écrit depuis n'a été qu'une longue étude de l'Apologie.

Et puis, il y a la dernière phrase, celle qui conclut le discours : « Mais voici l'heure, pour moi de mourir et pour vous de vivre. De votre sort ou du mien, je ne sais lequel est le plus enviable. » La plus belle phrase jamais prononcée ? Je le pense, oui.

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18 octobre 2009

Au salon Facebouquins des petits éditeurs

P1010013Aujourd'hui, petite balade dans le XIè pour aller voir le Salon Facebouquins. Une réunion organisée par et pour les petits éditeurs qui ont du mal à se faire une place au soleil. Cela se passait au resto Le Mélange des Genres, sur le boulevard Voltaire.

J'ai eu la joie de rencontrer Emmanuel Guillot, alias Alan Spade (photo de droite), l'auteur des "Explorateurs" (chroniqué un peu plus bas), et un ancien d'Anice-Fiction, comme tant d'autres. J'ai aussi fait la connaissance de Frédéric Vasseur et Anne-Laure Buffet, auteurs de la collection Dix de Plume.

Ce fut sympa. C'est toujours drôle pour moi de rencontrer des personnes qui me ressemblent et qui, je dois le dire, affrontent les mêmes difficultés que moi ! Tout ce que je raconte sur ce blog, ils pourraient le raconter aussi. Mes problèmes, mes espoirs et mes désillusions sont les leurs. C'est vrai que ça n'arrange rien, mais ça console.

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16 octobre 2009

Il y a 50 ans, Miles Davis arrivait à Paris

jazz_miles_davisÀ une époque où des pseudos-artistes occupent le devant de la scène, où des écrivains se barricadent derrière des "engagements" pour masquer leur manque d'imagination, où un écrivain médiocre devient Ministre de la Culture, il est bon de se souvenir des vrais artistes, ceux qui ont vécu et partagé leur passion sans esbrouffe et sans artifice.

Miles Davis fut de ceux-là. En 1949, voici 50 ans, il débarquait à Paris. La suite appartient à la légende. Sa trompette a fasciné le monde entier, et sa gloire atteignit son apogée avec la musique du film "Ascenseur pour l'échafaud", en 1958. Un artiste. Un vrai. Un grand. Honorer sa mémoire équivaut à retrouver le moral. Chapeau, Mr Davis.

Allez, on ne s'en lasse pas :

http://www.youtube.com/watch?v=cTfBpKzu6XA

http://www.youtube.com/watch?v=KkXSbwyln-0&feature=related

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Diam's et Mickey Spillane

899224_1063888Non, il n'y a pas d'erreur : la fille que vous voyez à droite, c'est Diam's, la chanteuse. Voilà 5 ans, ses chansons rythmaient les manifs anti-CPE. Elle était la porte-parole des filles libérées. Aujourd'hui... Eh bien, la photo se suffit à elle-même. Il paraît qu'elle porte même le voile sur scène. Ce n'est plus une évolution, c'est un changement de planète.

J'avoue que j'ai eu du mal à ne pas rigoler, car cette histoire me rappelle, de loin, celle de Mickey Spillane, écrivain américain célèbre pour ses polars bourrés de sexe et de violence. Vers la fin de sa vie, saisi par le remords, il entra dans les Témoins de Jehovah en leur abandonnant toute son immense fortune ! Et plus près de nous, on a encore eu cette chère Madonna, la material girl de jadis enrôlée dans une secte talmudique.

Vous me demandez ce qui me fait rigoler ? Eh bien, les explications que donnent ces braves gens pour justifier ces conversions. En voici un résumé : le succès est difficile à vivre, le fait de gagner de l'argent aussi, et ils doivent se raccrocher à quelque chose. Ben, voyons ! Si l'on comprend bien, les milliers d'artistes qui n'ont pas de succès et qui vivent dans la misère et la frustration doivent se sentir heureux ! Toujours ce vieux et débile discours des riches qui expliquent aux pauvres qu'il est difficile d'être riche. Et il y a encore des pauvres qui marchent !

Dans le cas de Diam's, c'est vrai que c'est particulier. Parce que si MÊME cette fille se met à se voiler, on se demande où on va finir !

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14 octobre 2009

"L'affaire" Mitterrand

Sans_titreBen, je ne voulais pas, vraiment pas. Mais puisque tout le monde parle, ou fait semblant de parler, de ce qu'on nomme "l'affaire Mitterrand", il va bien falloir que je donne mon avis. Rapidement. Parce que ça ne me passionne pas.

Alors, je résume mon point de vue. Un écrivain est libre d'écrire ce qu'il veut. Tout ce qu'il veut. Mais ensuite, IL DOIT ASSUMER CE QU'IL A ECRIT. C'est là que le bât blesse. M. Frédéric Mitterrand a écrit un livre sur sa vie, dans lequel il évoque ses voyages en Thaïlande. N'ayant pas lu le bouquin, je ne sais pas ce qu'il en dit, et je m'en fiche. Ce qui compte, c'est qu'il l'a écrit. Ainsi donc, la moindre des choses serait d'assumer ce qu'il a écrit.

Or, il ne le fait pas, et c'est ce qui me laisse perplexe. Il a fallu insister pour qu'il accepte d'aller répondre aux questions à la télé. "Répondre" étant d'ailleurs un bien grand mot, car il n'a pas réellement répondu. Pourquoi ces réticences s'il n'a rien à se reprocher ? Qu'est-ce que c'est que cet écrivain qui semble avoir honte de ses propres livres ? En tout cas, la sanction n'a pas tardé : il a déjà perdu sept points dans le dernier sondage. Tout porte à croire que la baisse va se poursuivre.

Bref, M. Frédéric Mitterrand, si vous n'êtes pas disposé à assumer ce que vous écrivez, eh bien, cessez de jouer à l'écrivain. Visiblement, ce n'est pas votre truc.

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Dernière livraison de l'Initiation

Ainsi donc, voici venu le dernier numéro de L'Initiation, la revue de mon ami Yves-Fred Boisset. Le sommaire :

-Le retable magique des Antonins d'Issenheim, par Jean-Clergue Vila

-Jean-Baptiste et Jean l'Evangéliste "Fils de la Résurrection", par Jean Pataut

-Témoignage, par Robert Delafolie

-La Religion, par Sédir

-Discours d'Initiation de Papus

-Une personne sérieuse peut-elle étudier les arts divinatoires ? Etude de Papus

-Poèmes de Amey et Frédéric Salin

Ce numéro m'a permis d'apprendre qu'il y avait à Amboise deux maisons prétendant avoir vu la naissance du philosophe Louis-Claude de Saint-Martin ! Les historiens ont réglé ce conflit d'intérêt en décidant qu'il était né au 18, place Richelieu. C'est toujours bon à savoir.

L'Initiation est ici : http://www.initiation.fr

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13 octobre 2009

Un blog sur les maisons des écrivains

Voilà qui est bien. Quelqu'un a eu l'idée d'ouvrir un blog pour présenter et décrire les maisons des grands écrivains de l'histoire. Je vous le recommande, c'est absolument passionnant :

http://maisonsecrivains.canalblog.com

Moi, ma préférée est la maison de Chateaubriand. Superbe :

28541174

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12 octobre 2009

Les Lettres Incestueuses - Nathalie More - 1975 - Collection Aphrodite Classique - Eurédif

clas005 Après des années de recherches patientes et obstinées, j'ai enfin réussi à trouver un exemplaire des « Lettres Incestueuses ». Inespéré, car ce livre est devenu quasiment introuvable. Je l'avais lu dans ma jeunesse et c'est le meilleur roman érotique que j'ai lu de ma vie. Je suis heureux de l'avoir enfin récupéré, et il ne quittera plus ma bibliothèque.

THÈME : En 1929, Jérôme, un jeune aventurier pas très scrupuleux, épouse Claire Seguin, une riche héritière. Il croit d'abord que ce mariage va être conventionnel et ennuyeux. Mais peu à peu, il découvre que sa belle-famille est particulière, et en fait complètement dépravée : la mère Adrienne, et les enfants, Claire, Lise et Didier, se livrent aux vices, y compris l'inceste. Il va lui-même y participer. Les choses vont encore changer avec l'arrivée de la soeur de Jérôme, Gabrielle. Le frère et la soeur forment un duo immoral et dangereux. À partir de là, l'ambiance va devenir de plus en plus lourde, jusqu'au dénouement, tragique.

COMMENTAIRES : Comme dit plus haut, ce livre est le meilleur roman érotique que je connaisse. Il fut un des fleurons de la défunte collection Aphrodite Classique. J'avoue que son auteure, Nathalie More, m'est totalement inconnue. D'ailleurs, le livre lui-même est resté anonyme. Ainsi donc, la qualité n'est pas toujours reconnue et c'est bien dommage.

Si ce roman érotique est le meilleur, c'est parce qu'il est le plus inhabituel et le plus déroutant du genre. À bien des égards, on serait tenté de le classer dans une autre catégorie, et pourquoi pas dans la littérature pure. Comme l'indique le titre, il est ouvertement calqué sur « Les Liaisons Dangereuses » : les personnages échangent des lettres pour se raconter leurs aventures, et le lecteur arrive ainsi à suivre la progression du récit. Ce style épistolaire n'a jamais été mon favori. Pourtant, dans ce cas précis, j'ai accroché. Les lettres s'imbriquent parfaitement et les événements se suivent avec logique. D'autre part, tout cela est écrit dans un français impeccable, si l'on veut bien oublier quelques fautes d'imprimerie, hélas courantes dans ce genre de collections. Insistons : c'est de la vraie littérature, et cela seul justifie la lecture.

Venons-en au roman lui-même. Ainsi donc, le jeune Jérôme épouse la riche Claire. C'est avec habileté que Nathalie More décrit cette famille bourgeoise qui semble si banale, car cela fait ressortir ensuite la surprise de la découverte des amours incestueuses qui s'y déroulent. Surprise renforcée par la parfaite description de la société des années 30. La famille Seguin occupe donc toute la première partie. Dans la seconde, Jérôme prend le rôle principal et nous entraîne dans les boîtes échangistes de Paris. La troisième partie voit intervenir la soeur, Gabrielle, qu'on serait tenté de comparer à la marquise de Merteuil : d'une séduction fascinante et malsaine. Pendant 250 pages, le lecteur a droit à tout ce que la débauche peut proposer : inceste, échangisme, zoophilie, orgies, homosexualité masculine et féminine. Les personnages ne semblent connaître aucune limite, ni dans leurs actes ni dans leurs paroles. Ces scènes sont d'autant plus frappantes qu'elles s'inscrivent parfaitement dans l'histoire qu'on nous raconte. Le lecteur est d'abord émoustillé et fasciné. Ensuite, peu à peu, l'ambiance du livre se fait lourde, voire inquiétante.

En effet, il serait temps d'y venir : « Les Lettres Incestueuses » ne sont absolument pas un manifeste pour la liberté sexuelle. Bien au contraire ! C'est la description rigoureuse, détaillée et impitoyable de la descente aux enfers d'une famille. Le dénouement pourrait même paraître moralisateur. Il n'en est rien, naturellement. Plus simplement, et à la différence des auteurs érotiques des années 60 qui croyaient que la liberté sexuelle amènerait une société meilleure, Nathalie More est consciente que, sexe ou pas, les êtres humains restent des êtres humains. Elle crée donc, avec maestria, une atmosphère de plus en plus malsaine. Les derniers chapitres sont irrespirables pour le lecteur, et dignes des grands polars. Plaisir et effroi se mêlent jusqu'à la tragédie. À la fin, il n'y a aucune morale et aucune conclusion : Nathalie More a raconté une histoire, sans faire l'apologie de quoi que ce soit. Et moi, j'avoue que je me suis beaucoup attaché à ces personnages, et que je les ai retrouvés avec plaisir.

CONCLUSION : « Les Lettres Incestueuses » sont un roman inhabituel, déroutant, immoral, mais écrit avec classe et talent. Un grand livre, injustement oublié, et qui mérite d'être redécouvert.

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11 octobre 2009

Qui suis-je ?

Si vous revenez au point de départ de ce blog, vous constaterez que je l'avais ouvert, en 2006, dans le but de présenter et défendre mon livre "La Société Secrète". C'est d'ailleurs pour ça qu'il y a encore une catégorie portant ce nom. Je n'ai pu me résoudre à la supprimer.

Seulement, le temps a passé et il n'est plus question de ce livre. Ce week-end, j'ai découvert que la seule librairie parisienne qui proposait "La Société Secrète" a fermé en juillet, et que je n'en savais rien. Alors, de fil en aiguille, ce blog est devenu un bric à brac. J'y parle de tout et de n'importe quoi. En fait, je ne sais plus ce qu'est le Blogue de Manuel Ruiz, à quoi il correspond, à qui il s'adresse, ce qu'il prétend apporter, ce qu'il prétend étudier. Je le regarde et c'est un capharnäum. Je me demande comment il peut encore y avoir quelques connexions. Il est vrai que la plupart des visiteurs ne restent que moins d'une minute (c'est écrit sur les statistiques). L'envie me tenaille de le fermer et d'en ouvrir un autre.

Ce qui me retient, c'est que ce brave blog ne fait que refléter ce que je suis devenu moi-même. Je ne sais plus qui je suis, ce que je suis. Je ne suis plus tout à fait un écrivain, si je l'ai jamais été. Je ne suis pas non plus un critique. Et encore moins un commentateur de l'actualité. Je pourrais être un scénariste et un producteur de radio, mais je ne le suis pas encore. Ce que je fait, je ne le sais pas très bien. 

En fait, je ne suis plus rien, ni personne. Tout juste un promeneur de Belleville qui pousse parfois jusqu'au Châtelet. Et le Blogue de Manuel Ruiz est le blog de personne. Pourtant, il suffirait de peu de chose pour que je sorte de cette impasse : par exemple, que mes appels à textes reçoivent une réponse positive. Pour le moment, ce blog est un bric à brac et moi un simple quidam qui ne sait plus très bien ce qu'il fait et où il va.

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08 octobre 2009

J'ai refondu le blog des Chroniques

Après une longue réflexion, j'ai opté pour faire une refonte complète de mon blog consacré à mes Chroniques de l'Etrange. Je l'ai modifié pour en faire une somme de mon oeuvre :

http://manuelruiz4.canalblog.com

Cette refonte était nécessaire, car ce blog ne correspondait plus à grand-chose. Maintenant, il reflète le Cycle de l'Etrange !

Et j'en ai profité pour faire aussi le ménage sur mon blog de textes courts :

http://manuelruiz.artblog.fr

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