Le Blog de Manuel Ruiz

Manuel Ruiz, écrivain, s'adresse à ses lecteurs, avec amitié et avec le désir d'entamer un dialogue.

11 octobre 2007

Interview de Laura Vanel-Coytte, poétesse

Laura est une jeune poétesse installée au Maroc, et qui m'envoie souvent ses avis éclairés sur mes récits. Son site : http://lauravanel-coytte.hautetfort.com

portrait_31/Comme tous les écrivains, vous habitez dans le VI° arrondissement de Paris ?

Non, à Casablanca au Maroc.

2/Comme tous les écrivains, vous vivez dans une belle villa avec pelouse et piscine ?

Il y en a beaucoup ici mais moi, je vis dans un grand appartement.

3/Comme tous les écrivains, vous avez un bureau de 20 mètres de long et hyper-fonctionnel ?

L’ancien bureau de travail de mon mari avec le PC et mon petit bureau de collégienne.

4/Comme tous les écrivains, vous entassez une pseudo-documentation ?

Depuis mes études de lettres, je crois que je sais assez bien me documenter.


5/Comme tous les écrivains, vous vous équipez comme un cosmonaute pour écrire ?

Mon PC, de la musique, parfois des livres, beaucoup d’eau et un peu de thé, une pomme en cas de faim.

6/Comme tous les écrivains, vous faites des rituels étranges avant de commencer à écrire ?

Non, car ça me prend parfois par surprise

7/Comme tous les écrivains, vous prenez des substances fortes pour trouver l'inspiration ?

J’ai arrêté de fumer alors maintenant je me contente d’eau, de thé et de pommes.

8/Comme tous les écrivains, vous mangez en écrivant ?

Je me répète,  le plus souvent une pomme

9/Comme tous les écrivains, vous passez vos nuits en discothèque ?

Non mais j’aime danser.

10/Comme tous les écrivains, vous faites des fautes d'orthographe ?

Je les évite au maximum. Mais il reste toujours des coquilles.

11/Comme tous les écrivains, vous écrivez des livres, mais vous ne lisez pas ceux des autres ?

Je lis beaucoup au contraire.

12/Comme tous les écrivains, vous gagnez beaucoup d'argent et vous ne le dites pas ?

Non, je suis même carrément fauchée en ce moment … mais mon prochain livre….

13/Comme tous les écrivains, vous ne pensez qu'au sexe ?

Je suis avant tout un être humain et le sexe fait partie de mes besoins.

14/Comme tous les écrivains, vous vous prenez pour le centre du monde ?

Ce n’est pas  à moi de le dire.

Pour les artistes en général, il faut accepter que le génie soit souvent monstrueux.

15/Comme tous les écrivains, vous ne vous apercevez pas que le peuple n'en a rien à foutre des écrivains ?

Ca dépend lesquels ; certains ont beaucoup de succès…

16/Comme tous les écrivains, vous décrivez des contrées exotiques alors que vous ne sortez jamais de chez vous ?

Depuis mon exil, je peux parler d’une contrée exotique même si je n’y fais pas de tourisme.

17/Comme tous les écrivains, vous vous prélassez pendant la semaine ?

Je suis « auteure » au foyer et de mes études par correspondance, j’ai gardé une certaine discipline

18/Comme tous les écrivains, vous écrivez parce que vous ne savez rien faire d'autre ?

Seuls de rares écrivains  vivent de leurs livres, les autres sont bien obligés de faire autre chose.

19/Comme tous les écrivains, vous écrivez des livres parce que vous êtes trop lâche pour affronter le monde réel ?

Le réel nourrit les livres.

20/Comme tous les écrivains, vous vous prenez pour le héros de vos livres ?

De plus en plus, mes écrits sont à la 3 e personne…

21/Comme tous les écrivains, vous dites aux gens pour qui ils doivent voter ?

Je n’ai pas cette influence.

22/Comme tous les écrivains, vous êtes contre la mondialisation libérale, contre l'impérialisme américain, contre les OGM, et patati, et patata ?

Non.



23/Comme tous les écrivains, vous êtes pistonné par un ami qui travaille au Ministère de la Culture ?

Malheureusement, non …. Mais je suis preneuse.

24/Comme tous les écrivains français, vous prétendez être un best-seller au Japon et au Lesotho, des pays où personne ne va jamais ?

Non

25/Comme tous les écrivains, vous prédisez l'Apocalypse ?

La fin de la culture  oui…

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01 juillet 2007

Interview de Philippe Auffret, écrivain

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Il n'aime pas que je le dise, mais Philippe Auffret est le meilleur auteur du site Anice-Fiction. Son roman "P.K.VI" ferait un malheur en librairie, si un éditeur voulait bien lui faire confiance. Et ses nouvelles fantastiques sont du haut de gamme. Le futur et le passé de l'humanité semblent ne pas avoir de secret pour lui.

Voilà longtemps que je projetais de vous le faire connaître. C'est le moment :

1/Philippe Auffret, c'est vous, ou c'est votre voisin ?

            C’est bien moi. Je n’ai même jamais envisagé de prendre un pseudonyme… sauf, peut-être, quand je voudrais faire publier des textes plus légers !

2/En quelques mots, votre parcours littéraire ?

            J’ai toujours été attiré par les livres. Mais c’est après avoir lu Tschaï de Jacq Vance, que l’envie d’écrire est apparue. C’est alors qu’est né « Peccavi ». A 22 ans, suite à un accident qui m'a laissé avec trois mois à occuper, j'ai commencé à écrire ce roman de science fiction ! La première mouture m'est apparue insuffisante ! Et depuis, malgré de longues périodes d'inactivité littéraire dues aux nécessités de la vie, j'ai continué à la modifier, à l'améliorer, à y transposer des événements vécus, des personnalités rencontrées aussi ! A 50 ans, après avoir découvert le site « Anice-Fiction » j'ai décidé de renouveler ma tentative d'émancipation de mes personnages ! En parallèle, j'écris des nouvelles fantastiques et de science fiction.

3/Pourquoi de la SF ?

            J’ai découvert la science fiction avec un livre reçu en CM1 (un prix de … ?), « XP15 en feu » de Pierre Devaux. Après une énorme consommation de romans « fleuve noir », avec un peu de tout (du bon, mais également du moins bon !), j’ai eu la chance de croiser la route de « Fondation » d’Isaac Asimov ; une révélation.

4/Vous préférez Star Trek ou Star Wars ?

            J’avoue ne pas avoir vu beaucoup d’épisodes de « Star Trek », alors que j’ai dévoré les six « Star Wars » ; la question est donc faussée.

5/Combien de livres ou de nouvelles ?

            « La petite église », que vient de mettre en ligne Anice, était la dix-septième nouvelle. « Peccavi » est mon premier livre ; une suite existe mais doit être réécrite pour se retrouver dans le prolongement de la dernière mouture de la première partie que je viens de renvoyer à Anice.

6/Les éditeurs sont-ils mauvais ou les lecteurs sont-ils nuls ?

            Je ne peux en parler qu’au travers de ma petite expérience. J’ai envoyé mon roman par deux fois à des éditeurs, qui me l’ont retourné… Aujourd’hui, plus de vingt ans plus tard, avec les avis extérieurs qui m’ont permis de corriger les points faibles, je ne peux réellement contester les raisons des refus. (L’auteur entre également dans l’alchimie du processus !) Je n’oublie pas que les éditeurs sont à l’intérieur d’un système en place, basé sur la rentabilité et non sur la révélation de futurs écrivains, sauf cas exceptionnel. Peut-on leur reprocher de chercher à survivre avant tout ? Le soutien des jeunes auteurs ne devrait-il pas relever d’autres instances, moins commerciales ? Aujourd’hui des associations comme l’Ava essaient d’assurer ce rôle.

7/P.K.VI, c'est l'œuvre de votre vie ?

            Absolument. La deuxième partie est déjà rédigée depuis une vingtaine d’années, mais demande, tout de même, une totale réécriture. La troisième et dernière partie, déjà pré-existante au fond de moi, ne se concrétisera que plus tard.

8/L'ambiance totalitaire de P.K.VI rappelle celle de Fahrenheit 451. C'est à ça que vous pensiez ?

            J’avoue que non. Je n’ai lu ce roman de Ray Bradbury que tardivement. C’est la prise de conscience de l’utilisation de la publicité subliminale, dans les années 1970, qui a constitué la ligne directrice du roman.

9/L'ordinateur Parq évoque beaucoup CARL, l'ordinateur de "2001, l'Odyssée de l'espace". Vous êtes d'accord ?

            Là par contre, je confirme. Mais Parq est plus fiable, heureusement pour mon équipage. Il faut reconnaître également qu’il est moins sophistiqué ! Mais sur un astronef, je pense que l’efficacité doit prévaloir sur la convivialité.

10/Si P.K.VI était adapté au cinéma, quel(s) acteur(s) verriez-vous dans le rôle principal, ou les rôles principaux ?

            Quitte à être fou, soyons-le totalement ! Brigitte Bardot et Claudia Cardinale. John Wayne ; Henry Fonda ; Clint Eastwood… (Ah ! On vient de me dire que certains ne sont plus de ce monde, et d’autres un peu sur le déclin… Il va falloir que j’accélère mon rythme d’écriture !)

11/Le début de P.K.VI, quand les sept personnages sont présentés un par un, serait formidable dans un thriller. Vous y avez pensé ?

            Thriller ; science-fiction ! Ne serait-ce pas uniquement l’époque de l’action qui déterminerait la classification dans un genre ou dans un autre ?

12/Vous avez anticipé le réchauffement de la planète !

            Dans la dernière mouture, ce point y est plus explicitement évoqué.

13/Dans P.K.VI, vous donnez beaucoup de détails scientifiques. C'est votre domaine ?

            Non. Dans un premier temps, je voulais absolument me baser sur des connaissances scientifiques et technologiques crédibles, pour me différencier de certains romans, dont je parlais plus haut, qui, entre autres, ignoraient totalement la réalité astronomique (ou égocentrisme, désirant que son texte défie les années !). Cependant, ce souci du détail a eu pour conséquence d’alourdir l’histoire et d’en ralentir sa lecture. Ce point a également été allégé lors de la réécriture.

14/Dans "Le Catalyseur", vous semblez bien connaître la préhistoire et l'âge du cuivre. Est-ce le cas ?

            En fait, j’ai été fasciné par la découverte de Ötzi, l’homme des glaces. J’ai essayé d’imaginer les quelques jours précédant sa fin.

15/Je n'ai pas bien compris le message final du "Catalyseur". Qu'avez-vous voulu exprimer ?

            Aux temps préhistoriques, les initiatives personnelles devaient être nombreuses, mais isolées, elles n’avaient que très peu de chances de se voir pérenniser. Le Catalyseur assurait la liaison entre les différentes communautés qui ne se côtoyaient que très peu, et facilitait ainsi le transfert des connaissances. Quant au serment prononcé sur la dépouille du prêtre, elle permet de comprendre mieux les morts mystérieuses qui ont suivi la découverte de Ötzi en 1991!

16/Vous arrêterez d'écrire un jour ?

            Quand l’inspiration disparaîtra… Mais aujourd’hui, à chaque nouvelle annoncée aux actualités m’apparaissent des quantités de possibilités cachées, de causes parallèles et insoupçonnées… L’opacité croissante des circuits mondiaux, de toutes natures, ne peut qu’exacerber cette imagination.

17/Vous n'en avez pas marre de ces programmes que la télé intercale entre les spots publicitaires ?

            Je ne suis pas un grand fan du petit écran. Je le regarde, parfois trop, parfois pas du tout. Mais lorsqu’on vit à plusieurs, ce n’est peut-être pas toujours facile de s’extraire du groupe familial pour faire autre chose. Et la vie en société oblige aussi, peut-être, d’avoir une non-culture commune ?

18/Si vos fans vous cherchent, où peut-on vous trouver ? Des sites ?

            Avant la rencontre avec Anice-Fiction, j’envisageais la création d’un site sur lequel mettre en ligne mes nouvelles. Aujourd’hui Anice-Fiction répond à mes attentes par des échanges réguliers avec les lecteurs, et entre auteurs. Un visiteur attentif à mes différentes interventions est capable de  bien mieux me cerner que beaucoup de personnes que je côtoie quotidiennement, hormis ma famille proche, naturellement.

19/Pour finir, que pensez-vous de cet individu infréquentable qu'on appelle Manuel Ruiz ?

            S’il est infréquentable, il a au moins une immense capacité d’ouverture d’esprit et une réelle volonté de recherche du contact. Je pense, au contraire, que c’est un homme très fréquentable.

20/Merci, bonne chance et au revoir.

            A bientôt, sans doute, chez Guy. Merci aussi.

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09 février 2007

Une interview vidéo de Guy Richart

L'écrivain Guy Richart a donné une interview vidéo, faite par son propre fils. Il cite mon nom et mon blog, ce qui est vraiment sympa.

http://guy.richart.free.fr/journal/interview1.htm

Je rappelle que j'ai moi-même publié une interview de Guy Richart (voir plus bas).

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27 novembre 2006

Interview de Katia O'Wallis, actrice

Une interview de Katia O'Wallis, actrice de sa profession et fille sympa de son état. Je l'ai découverte sur la7788421 scène de l'Alambic Studio où elle défendait "Hello and Goodbye" devant une poignée de spectateurs. Depuis, elle a fait son chemin, puisqu'elle vient de connaître une vraie consécration : elle est allée au Festival d'Avignon, dans le in. Ce qui, pour un écrivain, équivaut à recevoir un prix littéraire ! Cette jeune fille BCBG se métamorphose sur les planches pour interpréter des rôles parfois limite. Sous la lumière des projecteurs, elle ne connaît plus de tabou. Et rien ne l'arrête : elle est au Festival de Bourges, au Festival de l'Essonne, à l'Espace Kiron, elle reçoit des prix d'interprétation. Pour finir donc à Avignon où sa pièce "Cinq minutes avant l'aube" a tellement frappé qu'on la reprise à Paris, à l'Hôtel de Choiseul. Dépêchons-nous de rencontrer Katia avant qu'elle devienne une superstar inaccessible !                                          

1/Katia O’Wallis, blonde aux yeux noisette, anglais bilingue, allemand courant, c’est vous ?

Oui.

2/Votre fiche sur Comoedia est vraiment succincte ?

La photo synthétise.

3/En quelques mots, votre parcours artistique ?

Formation, au Théâtre du Rond-Point. Rôles, au théâtre et au cinéma.

4/Vous êtes devenue actrice par vocation ou parce que vous vous êtes trompée de porte en cherchant du boulot ?

J’ai choisi de faire de ma passion mon métier. Donc on peut appeler ça une vocation.

5/La plupart des écrivains sont incapables de dire pourquoi ils écrivent. C’est un besoin inexplicable. Est-ce pareil pour les acteurs ?

Pour ma part, le jeu est un outil me servant à extérioriser une vérité intérieure.

6/Vous préférez le théâtre classique ou le contemporain ?

Ca dépend de l’auteur et de ce qu’il défend. Le classique a l’avantage de ne garder que les « valeurs sûres » en ce qui concerne les textes (la mise en scène est un autre sujet)

7/Que diriez-vous aux gens qui ont du mal à comprendre le théâtre moderne ?

Que je les comprends ; moi-même je vais rarement au théâtre.

8/Après « Hello and Goodbye » et « Dernière Cigarette », vous ne craignez pas d’être enfermée dans les rôles de « jeune fille à problèmes » ?

Je ne connais personne qui n’a aucun problème. Ce sont des personnages où le public peut s’identifier car ils font écho à la part d’ombre de chacun.

9/N’aviez-vous pas un malaise en jouant « Hello and Goodbye » ? C’est le genre de rôle qui oblige à puiser dans sa propre personnalité et on doit parfois apprendre des choses sur soi-même.

La connaissance de soi est le premier travail d’un comédien. C’est une quête qui ne s’arrête jamais et les différents rôles sont des prétextes pour aller chercher toujours plus profondément en soi.

10/Certains acteurs disent : « C’est un rôle de composition. » Est-ce un refus d’assumer leur rôle ?

Je n’avais jamais pensé à cela et c’est une question très intéressante. En effet, on ne peut composer qu’avec ce que l’on est, sinon ce n’est plus du jeu d’acteur mais de l’imitation.

11/Envisagez-vous de mettre en scène, d’écrire vous-même des pièces ?

La mise en scène m’intéresse, mais je n’ai pas de structure ni d’argent pour envisager un tel projet pour l’instant. L’écriture m’attire de plus en plus ; mais pas l’écriture de pièces de théâtre dont la forme est trop restrictive pour moi.

778868912/Une question de néophyte : est-ce que les acteurs sentent quand le public se régale ou s’ennuie ?

Oui.

13/Une question-bateau : est-ce que ça vous gêne de jouer nue ?

Non.

14/Si vous nous parliez plus longuement de votre passage au Festival d’Avignon ? La Cour d’Honneur, c’est vraiment impressionnant ?

Je ne jouais pas dans la Cour d’Honneur, mais dans le Jardin des Doms qui surplombe la Cour d’Honneur. C’était une aventure intéressante ( « 5 minutes avant l’Aube » ) qu’on a réitérée ce mois-ci à Paris à la demande du Ministère de la Culture.

15/Aujourd’hui, on accuse l’Actor’s Studio d’avoir formaté les acteurs américains. Vous êtes d’accord ?

Comme dans tous les domaines il existe des modes. Ce n’est jamais bon d’avoir un genre unique de formation. Je pense qu’il faut se frotter à la diversité et rester curieux.

16/Vous savez que Marilyn Monroe n’a jamais été nominée pour les oscars ?

Je le sais. C’était ce qu’on appelle une décision «politiquement correcte». Mais elle a reçu l’essentiel pour elle, qui était la compréhension et l’amour du public.

17/Si vos fans vous cherchent, où vous trouve-t-on ? Un agent artistique, un site ?

Jean-Marc Haftman est mon agent (http://www.monagent.org/)

Je suis sur le site http://www.andesite-production.com/

18/Pour finir, que pensez-vous de ce sale individu appelé Manuel Ruiz ? Est-il si infréquentable ?

Je n’aurais pas répondu à ses questions si c’était le cas.

19/Cette interview ne vous a pas semblée trop débile ?

Non.

20/Merci, bonne chance et au revoir.

Je rajoute ici les états de service de Katia :

THEATRE :

5’ avant l’Aube. Adrien de Van et Pauline Bureau. Festival d’Avignon In
La comédie de la comédie de Jean Tardieu Cyrille LougeRôles: La Baronne, L’Américaine. Zénaïde, Janine, Madame
Embarquement 5’32”. Adrien de Van. Pauline Bureau
Hello & Goodbye de Athol Fugard.Richard Acket. Hester
Cabaret « Fin du monde chez Gogo » Frederika Smetanova La chanteuse
Qui a volé le Soleil ? de José Rivera Florian Sitbon La Déesse
Qu'une tranche de pain de Fassbinder Florian Sitbon Véra
La princesse enrhumée de Christian Oster Pauline Bureau L’Ombre
La grève des fées de Christian Oster Pauline Bureau La fée
Casimir et Caroline de Ödön von Horvath Pauline Bureau Lisa
L’X Fragile de Mendy Younès.Mendy Younès. Betty
L’homme de moins de Mattieu Mével Mattieu Mével La femme en rouge
Le Parc de Botho Strauss Florian Sitbon Titania
Une petite entaille de Xavier Durringer Aurélien Bénizeau Lisa
Les mouches de Sartre et Electre de Giraudoux Florian Sitbon L’Erinnye
Médéa de Jean Vauthier. Fabrice Pruvost Vénus
Comédie Musicale « Les Misérables » Eric Szerman L'ouvrière
Antigone de Sophocle. Brigitte Girardey Antigone
Ondine de Jean Giraudoux Frédéric Sherrer. Ondine

CINEMA

GLORIA. Manuela VIEGAS. Anika
SELECTION OFFICIELLE AU FESTIVAL DE BERLIN 1999.
WARNING. Renaud Ducoing. Emma
Dernière Cigarette. Renaud Ducoing. Emma
GRAND PRIX de la Fiction du Festival de Seyssins-Grenoble – Novembre 2005
Prix ESPOIR du festival Imag’Essonne – Janvier 2006
Prix Jeunesse et Sport du Festival de Cabestany – Février 2006
Prix de la MEILLEURE ACTRICE du festival des «24 Courts » du Mans – Avril 2006
Prix de la Fiction et Prix de la MEILLEURE ACTRICE au Festival de Lyon – Avril 2006
Lola Forever. Renaud Ducoing. Lola
PRIX D’INTERPRETATION FEMININE du Festival de Lyon - Avril 2005
GRAND PRIX du Festival de Bourges – Octobre 2005
Mètres Carrés. Erwan CADIC. Delphine

TÉLÉVISION :
Juliette. Jérôme FOULON. La vendeuse

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Emmy. Moshe YOMTOV. La femme de chambre

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15 novembre 2006

Interview de Sarah Oling, écrivaine, comédienne, conférencière

Sans_titreAujourd'hui, une interview de Sarah Oling. Cette écrivaine lyonnaise a déjà publié trois livres et prépare le quatrième. Ses activités ne s'arrêtent pas là, puisqu'elle donne aussi des conférences dans les lycées et collèges. Elle trouve néanmoins le temps de nous répondre.

1/Sarah Oling, c'est vous, ou c'est votre voisine ?

Allez savoir ! Qui suis-je ? Vous avez raison, je vais aller sonner chez ma voisine, peut-être n’est ce pas moi qui vous répond, d’ailleurs ! Seul léger problème, ma voisine… est un voisin ! Charmant, d’ailleurs !

2/En quelques mots, votre parcours littéraire et artistique ?

En combien de mots ? Pour être sérieux… Je crois que je ne me souviens pas absente de l’écriture, j’ai commencé mes premières errances textuelles dès que je sus tenir un crayon ! Et cela ne s’est pas calmé depuis… J’ai donc commencé par des poèmes, maladroits, enflammés, lyriques… Puis j’ai poursuivi fiévreusement par des nouvelles, avant de me lancer dans la grande aventure d’un texte entier. Je fus également comédienne, de théâtre, au sein de

la Compagnie

Etoile

de l’Aube. Si ma carrière ne fut pas éblouissante, en terme de notoriété, j’en garde plein de moments forts. Jouer du Duras en théâtre Nô reste du domaine de l’inoubliable ! Surtout pour les spectateurs

3/Combien de livres ? Les titres ? Les éditeurs ?

Trois livre publiés : Donnez-Moi un Dieu et Le Rassembleur d’Etincelles aux Editions Cosmogone

Je n’irai plus à Cracovie murmurer ton nom  aux Editions Aléas. Un manuscrit en attente de publication   Le Sceau de Ganesh et je suis repartie en écriture d’un nouveau roman, mais chut… ce sont les prémisses !

4/Vous n'en avez pas assez des délires qui accompagnent la fonction d'écrivain dans notre société ?

De quels délires ? C’est vrai que l’écrivain est considéré comme un être un peu mystérieux, souvent entouré de chats, vivant en retrait du monde, souvent entomologiste de son entourage, écrivant fébrilement sur la moindre feuille de papier le plus infime événement… C’est plus nuancé, mais pas tout à fait inexact, non ? Mon cher Manuel ?

5/Vous avez participé au livre "La Condition d'Ecrivain". De quoi s'agissait-il exactement ?

D’une vaste enquête sous forme d’un questionnaire, adressé à environ 500 écrivains de Rhône-Alpes, dont je faisais partie.

6/Ecrire, ça mène à quoi ? Le public semble se moquer des livres.

A quoi mène l’acte d’écrire ? Je vous dirai plutôt que ne pas écrire, dans mon cas, mène à une forme d’aridité intérieure, un manque viscéral, une peur sourde de ne plus pouvoir écrire à nouveau. L’écriture m’est source. Pourquoi me priverai-je de cette source de vie ?

7/Parlez-nous de vos livres. "Le Rassembleur d'Etincelles" ?

Il raconte l’histoire d’un vieil homme, Yann et de son voyage intérieur au cœur de la souffrance de ses souvenirs. Il aurait dû être le plus grand chef d’orchestre de tous les temps, s’il n’était pas né en Autriche au mauvais moment. Mais il ne parle plus désormais qu’aux oiseaux. Yann, grâce à un jeune musicien, qui devient son élève,  va accepter  d’évoquer sans complaisance ses erreurs, sa mauvaise lecture des événements, ses compromis malheureux pendant que se déroulait en Allemagne l’horreur de

la Shoah.

Comme

tout survivant, il porte avec lui le poids de cette culpabilité injuste et terrible : ne pas avoir disparu avec ses êtres aimés.

8/- Et « Donnez-moi un Dieu » ?

C’est un récit à trois voix qui fait dialoguer, à travers leurs journaux intimes, Abraham et sa fille Esther, sous les yeux de Sarah, la troisième voix. Sarah, la petite fille d’Abraham, retrouve à la mort d’Esther les carnets de son grand-père et de sa mère. Sa propre histoire explose…

9/- Et « Je n’irai plus à Cracovie murmurer ton nom » ?

C’est un récit d’une femme prisonnière d’une tragédie transgénérationnelle, un hymne à la résilience et à la victoire de la force de la destinée, centré sur le personnage d’Elise, parfois naïf et léger, qui traverse les épreuves sans jamais se lamenter sur son sort.

10/Un de vos livres va être adapté au cinéma en Inde ?

Je l’espère, en tout cas, mais rien n’est encore vraiment engagé. Le Sceau de Ganesh est mon dernier roman en quête d’éditeur. A la demande d’une personne impliquée dans des affaires en Inde, j’en ai fait l’adaptation cinématographique. Et des contacts sont en cours à Bombay avec des producteurs semblant intéressés. Mais c’est l’Inde, dans toute sa splendeur, sa lenteur légendaire à traiter les affaires, et son éloignement géographique !!!

11/Littérature, théâtre, cinéma, vous touchez à tout. Y a-t-il un mode d'expression que vous ne pourriez pas employer ?

Je suis une femme de défi. Lorsqu’un chemin se présente, qu’il me semble noble et porteur de partage et d’humanisme, je me lance !

12/Les prix littéraires, c'est magouilles et compagnie ?

Je ne me permettrai pas de vous répondre. Je ne suis ni petite cuillère sur une table du café de Flore, ni chihuahua dans les bras d’un membre du jury du Goncourt, ni… en clair, je ne commente pas ce que j’ignore…

13/Vous faites des conférences dans les écoles. Les jeunes sont-ils réceptifs ou est-ce que ça leur passe par-dessus la tête ?

Je dis plus volontiers que j’ouvre des espaces de parole avec ces jeunes. Nous sommes alors dans une véritable altérité, un échange. Ils me reçoivent comme je les accueille, avec intérêt et chaleur. Je suis avec eux aussi dans mon rôle de journaliste, qui est l’un de mes métiers, je les fais parler et je rebondis sur leurs propres préoccupations. Ils ont besoin qu’on les respecte dans leur dimension encore fragile, inachevée par essence. Ils sont sur le chemin, à nous de les aider

14/Vous n'en avez pas marre de ces programmes que la télé intercale entre les spots publicitaires ?

Pas d’avis là-dessus.

15/Si vos fans vous cherchent, où peut-on vous trouver ? Un site ?

Des fans ? Non ? Vraiment ? Mon site est www.sarah-oling.com!

16/Pour finir, que pensez-vous de ce sale individu appelé Manuel Ruiz ? Est-il si infréquentable ?

Vous induisez une réponse négative, cher ami ! Pourquoi infréquentable ? Et pour penser quelque chose de vous, il faudrait que je vous connaisse plus que par votre site. Plus sérieusement, je pense que vous avez la volonté de rapprocher les êtres et leurs passions. Je pense également que vous avez vous aussi une véritable quête, d’humain d’abord, d’écrivain ensuite…

17/Cette interview ne vous a pas semblée trop débile ?

Elle m’a semblé surtout un peu narcissique… La journaliste que je suis a plus l’habitude de « cuisiner » que de répondre sur « sa vie, son œuvre »

18/Salut, bonne chance, et au revoir.

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14 novembre 2006

Interview de Francine Bernier, historienne

Montreal_front

Aujourd'hui, une interview de Francine Bernier, historienne québécoise. Francine se caractérise surtout par une hyper-activité qui laisse perplexe. A croire que les journées durent 36 heures pour elle ! L'histoire secrète du Canada, la chevalerie, les vieux corps de métier, les sociétés initiatiques, tout l'intéresse. Et elle livre ses connaissances dans des articles et des livres. Du fond de son Québec natal, Francine va vous donner un aperçu de son savoir, avec érudition et avec humour.

1/Francine Bernier, bonsoir, comment allez-vous ?

Habituellement sur mes deux pieds, l’un devant l’autre. Et vous ?

2/En quelques mots, votre parcours ?

J’ai toujours été fascinée par l’histoire et le rôle du langage symbolique dans la transmission du savoir. J’ai fait mes études universitaires en communication et en ethnographie de la communication. J’ai vécu plusieurs années en Afrique équatoriale où je me suis intéressée au symbolisme des masques et fétiches initiatiques.

3/Combien de livres ? Chez quels éditeurs ?

Un seul pour le moment, une brique de 400 pages en anglais, intitulée « The Templars’ Legacy in Montréal : The New Jerusalem » (2003),  chez Frontier Publishing. Un deuxième livre est en écriture.  J’ai également publié une série d’articles sur des sujets peu abordés par nos historiens contemporains, par exemple sur les moines-artisans de l’Ordre de Tiron qui, au XIIe siècle, ont construit en Écosse l’Abbaye de Kilwinning, « berceau légendaire de la Franc-maçonnerie ».

4/Vous écrivez, mais vous publiez toujours en anglais. Pourquoi ?

Parce qu’un éditeur anglophone me l’a proposé, sans même que je ne le demande ! Je n’avais pas prévu d’écrire un livre, ni en anglais ni en français.

5/De quoi parle « The Templars’ Legacy in Montreal » ?

Il raconte, pour ainsi dire, les dessous de la fondation de Montréal, au XVIIe siècle. Le petit groupe de Français qui ont planifié et financé cette mission peu ordinaire étaient tous des mystiques rêvant de fonder la Nouvelle Jérusalem promise aux Élus de Dieu (dans l’Apocalypse de Saint Jean). Ils étaient, officiellement, membres de la Société de Notre-Dame de Montréal mais cette société était en réalité une filiale de la Compagnie du Saint-Sacrement (en France). Ils n’étaient pas comme tous les autres visionnaires partant à la conquête du Nouveau Monde dans l’intérêt de la Couronne de France. Pour eux, le seul Roi digne des plus grands sacrifices était le Christ-Roi. À Montréal, ils vivaient et pensaient exactement comme des moines-soldats du Moyen-Âge, ces « soldats du Christ » qui ont repris et protégé Jérusalem aux XIe-XIIe siècle. Jusque là, l’histoire des Montréalistes n’a rien d’extraordinaire car elle était bien représentative du regain de mysticisme en France, largement encouragé à l’époque par Bérulle, Condren, Vincent de Paul, etc. Mais en analysant une série de symboles, d’objets rituels et d’autres traces laissés derrière par les fondateurs de Montréal ou des témoins immédiats dans leurs autographes, l'on découvre tout un courant de pensée sous-jacent qui suggère fortement l’hérésie : gnosticisme, jansénisme, johannisme, etc. Ces hommes et femmes qui ont fondé Montréal se croyaient les « Élus de Dieu ». Pas pour rien que les Jésuites, établis dans la ville de Québec, en vinrent à les surnommer les « Illuminés de Montréal ». 

6/Quand on se promène dans Paris, on découvre régulièrement de vieux endroits mystérieux : anciens laboratoires alchimiques, anciens lieux de réunions secrets. Est-ce comparable à Montréal ?

L’histoire de Montréal ne remonte qu’au XVIIe siècle. À l’origine c’était une petite colonie vivant dans des maisons de bois, derrière des remparts faits de troncs d’arbre. Cela ne signifie pas pour autant que des réunions secrètes n’y avaient pas lieu. Au contraire, comme la Société de Notre-Dame (dont faisaient partie Pierre de Maisonneuve et Jeanne Mance) était une filiale de la Compagnie du Saint-Sacrement, il est fort probable que les Montréalistes suivaient eux aussi la « règle d’obédience » imposée en France par la société-mère à sa centaine de cellules. La règle numéro un était l’obligation du secret absolu, non seulement sur ce qui se passait durant les réunions clandestines, mais aussi sur l’identité des membres. Tout devait rester secret et anonyme. On invoquait comme raison la nécessité de totale humilité. À Montréal, on aurait pu penser que personne n’avait besoin de se cacher car il n’y avait qu’eux ! (sauf les Iroquois, bien sûr). Mais ils furent contraints au silence à cause du rôle inquisiteur des Jésuites. Les « Montréalistes » ont même demandé aux Jésuites de ne rien écrire à leur sujet dans leurs fameuses « Relations ». Par la suite, avec l’arrivée d’autres colons et artisans, plusieurs cas de sorcellerie, de magie, d’alchimie furent dénoncés et jugés devant le tribunal. L’un d’eux impliquait un commandant de la garnison de Maisonneuve.

7/Vous vous intéressez aux sociétés initiatiques, aux corps de métiers, aux traditions païennes, à la chevalerie. D’où vient cet intérêt ?

Pour moi, connaître l’histoire, son passé et ses origines, c’est aussi se connaître, savoir de quoi on est fait en tant qu’individu et collectivité, jusqu’à la fibre de la pensée. Toutes nos traditions, nos croyances, nos rituels, notre organisation sociale, nos institutions modernes ont été façonnés au fil des millénaires par conquête, syncrétisme, emprunts, suppression, conversion, accommodement, etc.  Nous prétendons avoir conservé le meilleur du passé pour bâtir du neuf, mais combien avons-nous perdu ainsi ? Chaque ancienne tradition est comme une marque dans la pierre : au moment où elle fut tracée, elle était clairement définie ; mais le temps, l’usure, la négligence, l’oubli, il ne reste plus que quelques traits flous arrondis, ce qui rend toute lecture impossible. L’histoire de la Nouvelle-France est parsemée de ce genre de détails obscurs et c’est en les étudiant que je me suis intéressée à divers courants religieux, aux anciens métiers, à l’idéal de la chevalerie qui a connu une résurgence au XVIIe siècle.

8/Une question bête : si les sociétés initiatiques ne font rien de mal, pourquoi se réunissent-elles en secret ?

Les sociétés que l’on peut réellement qualifier de « secrètes » sont peu nombreuses et sont généralement à caractère sectaire – rien d’initiatique ici. La seule société initiatique moderne que je connaisse est la Franc-maçonnerie et elle n’a rien de secret, ni dans la forme, ni dans le contenu, encore moins dans son existence propre.

9/La société initiatique la plus connue, c’est la franc-maçonnerie. Vous affirmez qu’elle était présente au Canada avant la conquête anglaise ?

Les premiers maçons dits « opératifs », c’est-à-dire les vrais maçons qui taillaient la pierre pour gagner leur vie, sont débarquées en 1606 en Amérique, avec Samuel de Champlain. On a retrouvé, près d’Annapolis en Nouvelle-Écosse,  une pierre tombale d’un maçon décédé en 1606, arborant l’équerre et le compas. Par la suite, il est probable que les premiers « semi-spéculatifs » (surtout des ingénieurs militaires) soient arrivés vers la fin du XVIIe siècle ou au début du XVIIIe, avec des loges militaires ou navales, mais nous n’en avons aucune preuve manuscrite. Selon Ragon, les premiers « spéculatifs » seraient arrivés à Québec en 1721 ; ils auraient fondé, vers 1743, la loge Les Maçons régénérés, sous la juridiction de la nouvelle Grande Loge Amitié et Fraternité (Dunkerque) et, à Montréal, la première loge, « Antiquity no 1 », aurait été fondée en 1752. Tout cela est possible car nous savons qu’Ange Duquesne de Menneville, marquis de Duquesne, venu au Canada en 1729 (futur gouverneur de Nouvelle-France en 1751), de même que le général Jean Erdman, baron de Dieskiau qui vint au Canada en 1755, étaient tous deux Francs-maçons.

10/Et les Martinistes, sont-ils implantés au Canada ?

Oui, il y a plusieurs branches, mais je sais très peu de choses à leur sujet, et pour vous dire franchement, je ne m’y intéresse pas ! Je sais seulement que l’Ordre Martiniste et Synarchique du Canada existe depuis 1958 et qu’il y aussi un groupe issu de l’Ordre martiniste des Pays-Bas  et le «  Rose-Croix Martinist Order of Ontario ».

11/Et la fameuse Golden Dawn ? A-t-elle fait un détour par là-bas ?

Oui, il existe un groupe « OTO » plutôt résilient à Montréal, extrêmement discret d’ailleurs. Je ne saurais dire quand exactement ce groupe s’est établi ici, mais cela fait au moins 20 ans.

12/Le Québec a eu SA grande société secrète : l’Ordre de Jacques Cartier. Pouvez-vous résumer de quoi il s’agissait et quel bilan on peut tirer de son action ?

Non, ce n’était pas une « grande société secrète » du tout ! Elle était connue, mais on la disait « secrète » parce que personne ne savait exactement ce qu’on y faisait à l’intérieur ! Le peu qu’on en sait aujourd’hui se résume à ce qu’écrit le « Canadian Encyclopedia » (je traduis) : société secrète surnommée La Patente, fondée en 1926 et éteinte en 1965 ; structure très hiérarchisée; n’a jamais compté plus de 10 000 membres, mais tous bourgeois et Canadiens-français ; ils menaient des campagnes pour influencer l’opinion publique, par exemple pour lutter contre le communisme et pour défendre la langue française.

13/Et le Richelieu International, c’est quoi ?

La Fondation Richelieu International est issue du Mouvement Richelieu. C’est une association de bienfaisance, à but non lucratif, réunissant quelque 275 clubs francophones à travers le monde. Créée en 1977 à Ottawa, elle se donne pour mission d’aider les jeunes vivant des situations difficiles (détresse mentale, physique, etc.). Sa devise est « Paix et fraternité » et ses valeurs, compassion, paix, justice, engagement social, fraternité, solidarité et partage. Elle est appuyée par la Fondation de l’Hôpital Saint-Justine de Montréal, l’Association québécoise de suicidologie, le Ministère de la santé et des services sociaux du Québec et le Commissariat aux langues officielles du Gouvernement du Canada. Rien de secret ici. Que du bon et du transparent.

14/En Europe, on fantasme beaucoup sur les sociétés secrètes étudiantes d’Amérique du Nord, comme les Skulls and Bones. C’est un délire ?

Délire ? Beuh, non.. Il s’agit de clubs sociaux fermés, les traditionnelles « fraternities » typiquement états-uniennes, c’est-à-dire des associations étudiantes qui se voudraient élitistes par pure compétition entre universités ! Elles ne détiennent aucun pouvoir ni aucun  « secret » initiatique, mais elles s’amusent à initier leurs nouveaux candidats en leur faisant subir des épreuves généralement ridicules, mais demandant tout de même un peu de courage – du genre être en sous-vêtements et nettoyer la rue à coup de brosse à dents. ; ou « emprunter » (pour ne pas dire voler temporairement) un objet précieux appartenant à un collègue qui ne se doute de rien.. Ce n’est pas une tradition typiquement canadienne, mais nous avons eu ici ce genre d’initiations improvisées à l’université. Je me rappelle encore de la mienne et, franchement, c’était très banal. Probable que cela se fasse encore aujourd’hui.

15/Aujourd’hui, on trouve des Néo-Templiers, des Néo-Cathares, des Néo-Carbonari, etc. Ce sont de vrais initiés ou des sectes ?

À vrai dire, je m’attarde peu à ce genre de groupes. Tout ce qui est « néo » : aucun intérêt pour moi. Ou bien la tradition est authentique ; ou bien elle est fabriquée pour accommoder la modernité.

16/Bientôt, une traduction et une publication en France ?

J’ai publié deux articles l’hiver dernier dans le magazine français « Les carnets secrets » (numéro 4, janvier-mars 2006) ; l’un sur le curieux Tétragramme que j’ai découvert lors de mes recherches sur l’histoire de Montréal, l’autre sur les moines-artisans de Tiron. Il y a également la possibilité d’un troisième livre pour le marché francophone européen. Je ne peux vous en dire plus pour le moment !

17/En-dehors de vos intérêts intellectuels, vous connaissez beaucoup de recettes culinaires. Vous avez une recette contre la gueule de bois ?

Deux cachets d’aspirine et un litre d’eau ! Pour la langue de bois : je n’ai encore trouvé aucune recette miracle. Faudrait demander au sorcier du village !

18/Pour finir, que pensez-vous de ce sale individu appelé Manuel Ruiz ? Est-il si infréquentable ?

C’est la rumeur qui circule ! Est-elle fondée ?

19/Cette interview ne vous a pas semblée trop débile ?

Débile ? Non, pas du tout. Sauf pour la précédente question !

20/Merci, bonne chance, et au revoir.

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11 novembre 2006

Interview de Jacob Cohen

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Aujourd'hui, j'ai le grand plaisir de vous proposer l'interview d'un écrivain qui est en plus un ami personnel. Jacob Cohen est marocain, ancien professeur d'université, grand voyageur et polyglotte. Il est surtout un auteur qui aime écrire. Avec talent, avec passion, il parle de ce qu'il connaît : le Maroc, la Méditerranée. Bien sûr, ceux qui ont lu mes livres et nouvelles, ou qui fréquentent ce blog, constateront les grandes divergences qui peuvent exister entre Jacob et moi sur de nombreux sujets. Mais l'amitié ne se nourrit-elle pas des différences ? Jacob nous apporte un peu de soleil :

1/Jacob Cohen, c’est vous ?

Aucune erreur possible. C’est bien moi.

2/En quelques mots, votre parcours.

Etudes politiques et juridiques à Casablanca et à Paris. Maître assistant à la Fac de Droit de Casablanca pendant 10 ans. Quelques années passées à Montréal et à Berlin. Installation définitive à Paris depuis 1987.

3/Combien de livres ? Chez quels éditeurs ?

- Les Noces du Commissaire, Le Fennec, Casablanca.

- Moi, Latifa S., l’Harmattan, Paris.

- Du Danger de monter sur la Terrasse, Editions Tarik, Casablanca.

4/Vous pensez être un bon écrivain, ou vous écrivez juste pour transmettre des messages ?

Je pense avoir trouvé un style qui plaît à certains. Il se trouve aussi que ce qui se passe autour de moi me passionne, et j’ai envie de le faire connaître. Cela ne recouvre pas nécessairement la « transmission de messages ».

5/Vous êtes de la vieille école : écriture à la terrasse d’un bistrot et recopiage pendant la nuit ?

Je dois être de la nouvelle école, mais je ne m’en suis pas rendu compte. J’écris dans un cadre strict et à des horaires bien définis. Je n’ai pas de carnet, mais une assez bonne mémoire pour retenir une idée qui passe.

6/Jacob Cohen, avec un nom et un prénom pareils, les présentations sont superflues. Comment vous situez-vous par rapport aux Juifs ashkénazes ?

Justement, avec un nom et prénom pareils, j’aurais très bien pu être ashkénaze. Mais je suis assez éloigné de leur mentalité. Il n’y a pas d’atomes crochus spécifiques. Le fait d’avoir la même religion ne me rapproche pas d’eux automatiquement. En fait, je me sens plus proche de l’identité arabo-méditerranéenne ; je suis plus sensible à ma culture d’origine, en fin de compte.

7/Je définis votre œuvre comme une peinture critique de la société marocaine et du monde arabe en général. Vous êtes d’accord ?

Je suis d’accord pour la première partie de la question. On pourrait à la rigueur élargir la portée à l’Afrique du Nord. Mais au-delà, je n’en suis pas si sûr. Le monde arabe est assez divers. Je ne crois pas que mes descriptions puissent s’appliquer dans les détails à des pays comme l’Egypte ou la Syrie, et encore moins aux pays du Golfe.

8/Vous êtes conscient que je ne pourrais pas écrire certaines choses que vous écrivez, parce que je me ferais traiter de raciste ?

Je me demande bien lesquelles. Cependant, je partage assez cette opinion que certaines critiques venant de la part d’un Français (donc ancien colonisateur) pourraient être mal perçues, avec une charge historique négative. Cela arrive assez fréquemment dans certains médias marocains. Et même les milieux évolués n’acceptent pas facilement les critiques venant de l’étranger, bien qu’ils les trouvent fondées.

9/Dans « les Noces du Commissaire », j’ai découvert avec surprise une société marocaine où on boit du whisky en grande quantité. Peut-être suis-je naïf, mais je croyais que les Musulmans ne buvaient pas d’alcool ?

En théorie, les Musulmans ne doivent pas boire d’alcool, mais comme souvent dans toutes les religions, la pratique est tout autre. Le whisky est très prisé au Maroc. Et comme la société est assez libérale, on peut en acheter ou le commander dans les discothèques. Mais il faut que ce soit fait dans la discrétion. Par exemple, un Musulman peut boire une bière à l’intérieur d’un café mais pas sur la terrasse. C’est hypocrite, mais c’est comme ça.

10/Dans vos livres, vous affirmez que les sociétés arabes font preuve d’une grande hypocrisie en matière de sexualité. Qu’avez-vous à dire à ce sujet ?

C’est le grand tabou. Et la grande obsession. Pire que pour l’alcool, tout se fait en cachette. On ne peut imaginer d’ici le décalage entre les discours et la réalité. La virginité ne signifie plus grand-chose. Les jeunes filles se donnent facilement. Le sexe devient un jeu auquel on joue beaucoup, à tort et à travers, justement à cause de l’interdiction formelle. C’est le plaisir de la transgression. Comme une revanche à prendre sur les contraintes imposées.

 

11/Dans vos livres, vous parlez fréquemment des femmes. Comment expliquez-vous qu’elles acceptent si facilement des coutumes qui les écrasent ?

La société marocaine, de par la tradition, la religion et l’histoire, est une société où l’individu compte peu. Ceci vaut aussi bien pour l’homme que pour la femme. Dans ce cadre strict, il n’est pas facile de secouer le poids du groupe, sauf à se retrouver isolé, et ça, très peu d’hommes et de femmes sont prêts à l’affronter. Même ceux qui ont adopté d’autres coutumes à l’étranger sont repris, à leur retour, par cette mentalité de groupe.

12/Parlons des Juifs marocains. Selon vous, il y avait un antisémitisme, mais le mot n’était jamais employé ?

Il n’y avait pas d’antisémitisme au sens classique, c’est-à-dire établi et organisé. Disons que le juif marocain a vécu pendant des siècles selon le régime de « dhimmitude », un citoyen de seconde zone. Le Coran aussi est très ambigu vis-à-vis des juifs, mais globalement assez méprisant. Et comme la société marocaine fonctionne en général selon un système clanique, le juif se retrouve démuni, en termes de pouvoir, par rapport au musulman. Globalement, un juif marocain n’aura jamais la place qui lui revient dans cette société. Et c’est ce qui explique que, bien que la situation des juifs au Maroc soit bonne, 99% d’entre eux ont préféré émigrer.

13/Et les intellectuels marocains, que font-ils ?

Ils essaient tant bien que mal de s’en sortir. Il est vrai que 40 années de règne de Hassan II n’ont rien fait pour arranger les choses. Aujourd’hui la parole se libère, et les initiatives de toutes sortes se multiplient.

14/Au fond, le problème entre les Musulmans et nous n’est-il pas que les Musulmans se foutent de nous et de ce que nous pouvons leur apporter ? Ils ont leur culture, leur religion, et cela semble leur suffire ?

C’est cela le grand malentendu entre l’Occident et les pays musulmans. Ces derniers avaient cru que l’Occident allait leur apporter la civilisation et les valeurs humanistes qu’il proclamait. Et ils y avaient adhéré de tout cœur. Dans la première moitié du 20e siècle, les grands partis politiques avaient fait leurs les principes et les valeurs de l’Occident. Or ce n’était qu’un discours creux et fallacieux. L’Occident n’avait aucun intérêt à voir ces pays évoluer et se développer. Il les a maintenus dans l’ignorance et la dépendance, et le mépris colonial. Sans compter l’injustice flagrante dans les relations internationales. Comparez l’impunité d’Israël par rapport à la Syrie ou l’Irak. Alors les pays musulmans sont retournés à leur histoire et à leurs traditions. Plus par dépit au départ, et aujourd’hui par conviction.

15/Vous êtes Juif, mais très critique envers Israël. Selon vous, le sionisme ne serait qu’un énorme mensonge ?

Le sionisme est une des plus grandes arnaques du 20e siècle. La purification ethnique, c’est-à-dire vider la Palestine de ses occupants et effacer toute trace de civilisation palestinienne, a été l’obsession des sionistes. Ils ne cherchaient pas à vivre en symbiose avec leurs voisins, ce qui était possible. Ils voulaient un Etat juif pur. L’apartheid était leur idéal. Et grâce au soutien des Américains, à la complaisance des Européens, à une machine de propagande extraordinaire, et à un trésor de guerre inépuisable, Israël est devenu une place forte et se croit tout permis. On a fait d’Israël le bon, et des Palestiniens la brute et le truand.

16/Salman Rushdie est-il l’écrivain le plus important de notre époque ?

C’est une question de goût personnel. Pour ma part je ne partage pas cet avis. Je dirais en premier Kafka.

17/Comment expliquer l’hostilité qui semble entourer un écrivain comme Bernard-Henri Lévy ? Est-ce de la jalousie, ou est-ce plus profond ?

Il y a de multiples raisons, légitimes, qui expliquent cette hostilité. D’abord c’est un puissant homme d’affaires à la tête de sociétés d’investissements (150 millions d’Euros). Fortune en grande partie héritée, certes, mais sauvée grâce à ses relations politiques, notamment Mitterrand, qui a obligé une banque publique à sauver le père de la faillite. B-H L a des réseaux partout ; quand il publie un livre, tous les « grands noms » médiatiques se croient obligés de se coucher devant son « talent ». Quand Philippe Cohen a écrit une biographie documentée et sérieuse sur B-H L, qu’il faut lire, les grands médias ont eu interdiction d’en parler. Il s’est par exemple entendu avec le propriétaire du groupe Prisma, pour un reportage annuel dans « Voici », un reportage élogieux et soft. Etc. Etc. Et en plus, c’est un pro israélien, pro américain, anti-arabe. Et c’est un philosophe creux.  Mais il est beau et séduisant.

18/Vous êtes un écrivain courageux. Mais soyons francs : un livre peut-il changer le monde ? Le combat n’est-il pas perdu d’avance ?

Le combat pour les valeurs est éternel. Il y aura des hauts et des bas. Mais il faut toujours continuer. Avec un livre, et même une chanson. Tout est bon.

19/Et maintenant, un bon couscous avec du vin de Boulaouane ?

Si tu me prends par les sentiments…

20/Pour finir, que pensez-vous de ce sale individu appelé Manuel Ruiz ? Est-il si infréquentable ?

Tout être est destiné à s’améliorer.

21Cette interview ne vous a pas semblée trop débile ?

J’ai vu pire.

22/Merci, bonne chance, et au revoir.

Au plaisir, cher ami, et cher confrère.

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10 novembre 2006

Interview de Richard Mesplède, écrivain

IMGP0105  Richard Mesplède est un des auteurs phares du site Anice-Fiction. Cet écrivain, malgré sa jeunesse, écrit depuis 16 ans déjà. Et il a choisi de s'exprimer dans un genre précis : la Fantasy. Son style est flamboyant, son sens du récit prenant. Il a toutes les qualités pour triompher. D'ailleurs, il commence à être connu et reconnu dans sa ville de Bayonne. Ecoutons-le :

1/Richard Mesplède, c’est vous ou votre voisin ?

C’est bien moi : né le 21 décembre 1975, 1m70, 69 kilos certains jours, et plus que 30 dents !

2/En quelques mots, votre parcours littéraire ?

Cela fait 16 ans que j’écris.

Cette passion est née de ma rencontre avec la littérature de science-fiction. Gros lecteur, j’en ai dévoré des tonnes avant de décider de créer à mon tour. Créer, inventer des histoires, des personnages, des situations. C’est devenu chez moi un besoin ; peut-être un moyen de canaliser un trop-plein d’imagination.

A mon actif, une centaine de poèmes, quelques dizaines de nouvelles (toutes fantastiques, depuis la science fiction jusqu'à l'héroïc Fantasy en passant par l'horreur...) et le projet d'un très, très gros roman, qui aura pour titre « Le Cycle d’Ouroboros », et dont le premier volet « La Musique des Sphères », est disponible en ligne sur le site anice-fiction.com.  Je griffonne aussi quelques modestes scénarios pour des jeux de rôle (encore du fantastique) ainsi que des chansons (deux ou trois projets en hibernation).
J'ai remporté quelques prix pour certains de mes textes (concours de nouvelles locaux, parution dans certains magazines, fanzines et revues spécialisées, j'ai même été lu à la radio!). Malgré tout ,  je n'ai jamais décroché de véritable contrat avec une maison d'édition.
Mais tout vient à point… enfin, on verra !

3/Il y a un Claude Mesplède qui a écrit un « Dictionnaire des littératures policières ». Il est de votre famille ?

J’ai effectivement découvert cet écrivain en cherchant mes homonymes sur Internet. Je ne le connais pas plus que ça ! Peut-être est-il dans ma famille, mais je pense qu’il faudrait remonter jusqu’aux gaulois pour trouver un lien familial entre nous…

4/Vous semblez avoir choisi la Fantasy comme moyen d’expression. Pourquoi ?

Voilà une bonne question. Je vais essayer d’y répondre.

Si mon roman est classable dans la catégorie « Fantasy », il n’en va pas de même pour tous mes textes. J’exploite également la science-fiction et l’horreur. Cependant il est vrai que la Fantasy est mon « moyen d’expression » favori. Il permet de créer sans limite : je crois que c’est l’élaboration nécessaire d’un monde avec son histoire, sa géographie, sa chronologie, ses civilisations, leurs mœurs, coutumes et religions qui illustre le mieux ceci. Le récit n’est plus enfermé dans l’univers familier qui est le notre, mais dans un monde qui reste à découvrir et à explorer par le lecteur. Et, en tant que lecteur, je préfère, quitte à m’évader, le faire complètement.

5/Si vous nous parliez plus longuement de « La Musique des Sphères » ?

La Musique des Sphères est le premier volet du Cycle d’Ouroboros. Le fond, la forme et la trame de ce roman se veulent non conventionnels ; le but étant de surprendre le lecteur saturé de clichés, de modèles, ou d’archétypes devenus « classiques » dans les romans médiévaux-fantastiques. C’est assez difficile à expliquer si je veux préserver le mystère qui plane sur ce roman, et certainement ardu à appréhender pour les lecteurs qui ont lu le premier opus. La preuve en est la frustration de certains de ne pas obtenir les réponses auxquelles ils s’attendaient…

            J’ai passé quatre ans à écrire la Musique des Sphères, mais je travaille en réalité depuis plus de quinze ans à l’élaboration d’Albia, le monde dans lequel se déroule l’action.

            La Musique des sphères traite d’une quête initiatique et cosmique dans laquelle cinq héros que tout sépare doivent finalement s’unir auprès d’un très mystérieux personnage, dans le but de préserver leur monde d’une fin dont ils ignorent la nature exacte. Mais les intérêts communs des protagonistes rejoignent un but collectif…

            Je travaille actuellement sur la deuxième partie du cycle, et je pense qu’elle en surprendra plus d’un dès les premiers chapitres… Du moins je l’espère.

6/C’est drôle, mais ce titre, « La Musique des Sphères », évoque pour moi « L’âge de Cristal », un film de SF où les humains vivaient sous des dômes de verre. Ce rapprochement est-il sans fondement ?

Je ne connais pas ce film, mais je tenterai de me le procurer, par curiosité ! Aucun fondement, donc.

7/Dans « Mon Nom est Légion », vous paraissez féru d’histoire militaire. Est-ce le cas ?

Au contraire, je n’y connais pas grand-chose. Pour écrire Mon Nom est Légion, j’ai dû faire de nombreuses recherches… La guerre n’est pas vraiment mon violon d’Ingres, je suis anti-militariste. Cependant, je porte un intérêt particulier à la Guerre de Sécession.

8/Que répondez-vous aux critiques qui trouvent vos trames un peu légères ?

Concernant mon roman, je n’ai rien à répondre à cela pour l’instant. La trame d’une œuvre se juge sur la totalité de celle-ci. Je n’ai écrit que le début de mon cycle, on en reparlera quand il sera terminé !

Pour ce qui est de mes nouvelles, j’effectue un travail totalement différent sur la construction du récit. Parfois la trame est nécessairement légère, cela dépend du contraste que je cherche à créer entre fond et forme ; cela dépend aussi de l’effet que je veux donner au lecteur ; cela dépend, enfin, du lecteur lui-même ! Et puis, chacun ses goûts !

9/La SF, c’est Jules Verne ou Stanley Kubrick ?

Les deux !

10/En-dehors de la SF, vous lisez quoi ?

Depuis quelques temps, je me suis débarrassé de mes œillères, j’essaye de lire un peu de tout ! Hors SF, mon dernier coup de cœur a été Blaise Cendrars.

11/Vous n’en avez pas marre de ces programmes que la télé intercale entre les spots publicitaires ?

(Rire nerveux) : je ne suis pas un adepte de la Boîte à Images.

12/Si vos fans vous cherchent, où peut-on vous trouver ? Des sites ?

On peut me trouver sur le net tout d’abord sur le site d’Anice ;  j’ai récemment proposé quelques textes sur bonnesnouvelles.net, et suite à un concours (en 2000) je figure sur le site de l’œil sauvage, une maison d’édition implantée dans mon fief bayonnais : http://www.oeil-sauvage.org/ Il s’agit de la nouvelle  « Dyslexies », qui a eu pas mal de succès. Sinon, en cherchant un peu, on doit pouvoir dénicher quelques uns de mes scénarios de jeu de rôle sur  des sites spécialisés.

13/Pour finir, que pensez-vous de ce sale individu appelé Manuel Ruiz ? Est-il si infréquentable ?

Pas du tout, la preuve en est cette interview qu’il m’a gentiment proposée ! J’ai lu quelques-uns de ses textes ; c’est dans ces moments-là que je me dis que j’ai encore des progrès à faire.

14/Cette interview ne vous a pas semblée trop débile ?

Si, bien entendu, et c’est précisément cela qui m’a plu !

15/Merci, bonne chance, et au revoir.

Merci à vous pour m’avoir fait l’honneur de figurer auprès des autres auteurs interviewés sur votre blog. Très bonne continuation, et à bientôt vous lire !

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05 novembre 2006

Interview de Yves-Fred Boisset, historien, écrivain, journaliste et poète

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C'est un grand moment pour moi, puisque je vais vous proposer l'interview d'un homme pour qui j'ai une admiration particulière et infinie. Yves-Fred Boisset est un authentique trésor de savoir, d'érudition, de connaissances. Son oeuvre littéraire et journalistique est immense. Mais celui qui l'approche a la surprise de découvrir quelqu'un de toujours simple et discret. C'est avec sobriété qu'il vous parlera de ses passions : Saint-Yves d'Alveydre, Papus, le Martinisme, le symbolisme, la poésie. Droiture et élégance sont les mots qui le décrivent le mieux. Comme vous allez le lire, c'est mon ami, et cela ne me gêne absolument pas de le dire avant de commencer l'entretien.

1/Yves-Fred Boisset, c’est vous, ou c’est votre frère ?

C’est bien moi, hélas !