02 novembre 2009
La prisonnière du désert, de John Ford
Le plus grand western de tous les temps ? C'est bien possible. Le Far West porté aux dimensions de l'Odyssée homérique. Inoubliable.
03 septembre 2009
Il était une fois en Amérique, de Sergio Leone
Il faut débattre, paraît-il. Alors, débattons. Ce soir, France3 nous propose de revoir « Il était une fois en Amérique », de Sergio Leone. Un film très célèbre, un grand succès dans l'histoire du cinéma.
Eh bien, ce film, je ne l'ai jamais aimé. Oui, c'est comme ça. La réaction des cinéphiles est de m'accuser de sacrilège, ou de blasphème. Ensuite, c'est de me demander le pourquoi. En fait, il n'y en a pas. Bien sûr, des raisons, il y en a quelques-unes. Il y a ces multiples flashes-back qui rendent le film pas évident à suivre. Il y a aussi le fait qu'aucun des gangsters qui défilent pendant quatre heures ne porte de nom à consonance italienne : tous sont Juifs ou Irlandais, aucun n'est Italien. Ce qui ne manque pas de sel, quand on sait à quoi ressemblait la criminalité en Amérique vers les années 1920 ! Il y a aussi l'ambiance générale : tous ces gens sont gangsters de la naissance à la mort, et jamais l'idée d'être autre chose ne leur traverse l'esprit. Bref, j'ai quelques raisons.
Mais en fait, des raisons, il n'y en a pas. Je n'ai pas aimé ce film, voilà tout. Alors, suis-je normal ? Je me pose la question en voyant la reconnaissance générale qui l'entoure. Si autant de personnes compétentes et respectables le classent parmi les chefs-d'oeuvres, je suppose que c'est bien moi qui doit être à côté de la plaque. Sans doute ai-je raté quelque chose. Rien de grave, ça arrive. Maintenant, je vous dis franchement que j'admire beaucoup Sergio Leone, Robert de Niro et James Woods, mais pour d'autres films.
22 août 2009
Les derniers jours du monde - Arnaud et Jean-Marie Larrieu
Aujourd'hui, je suis allé acheter une nouvelle paire de chaussures (c'est fou ce que ça s'use vite, ces machins). En sortant, l'idée m'est venu de passer au cinéma. Je n'insisterai pas sur les 9,20€ que coûte désormais un ticket, plus 3,50€ pour une glace, et sur la caissière qui vous raconte en détails ses maladies du dos et du genou.
Il y avait "Les derniers jours du monde", d'Arnaud et Jean-Marie Larrieu, avec Mathieu Amalric, Catherine Frot, Karin Viard et Sergi Lopez. L'histoire était alléchante : à cause d'une guerre mondiale, le monde va disparaître inéluctablement. Un homme (Mathieu Amalric) commence alors une errance à travers l'Espagne et la France, à la recherche d'un hypothétique salut. Il sera accompagné par deux femmes (Catherine Frot et Karin Viard) et son ami (Sergi Lopez).
Bien sûr, je me réjouissais de voir le cinéma français retrouver le genre fantastique qui fit jadis la gloire de René Clair, Marcel L'herbier, Julien Duvivier, et d'autres. Et c'est vrai que le scénario propose des scènes impressionnantes : des villes désertées par les humains et envahies par les animaux, des gens qui fuient (vers où, puisque le monde entier va être détruit ?), des vautours qui attaquent les voitures, des morts sur les terrasses des cafés, Paris dans l'obscurité. On se dit alors que ça peut être un grand film fantastique.
L'embêtant, c'est qu'on s'emmerde. Et grave. En effet, les réalisateurs ne développent pas ce scénario. L'essentiel du film est consacré à des histoires de sexe répétitives et parfois à la limite du grotesque. C'est ainsi que les personnages de Catherine Frot et Karin Viard sont sous-employés. Quant au malheureux Sergi Lopez, on se demande un peu ce qu'il fait là. À chaque fois qu'on croit que l'action va enfin décoller, le film retombe dans ces scènes répétitives, et on trouve le temps long.
À la fin, on se dit que les auteurs ont gâché une bonne idée et qu'ils ont raté ce qui aurait pu être un film formidable.
P.S. : Si vous passez par la Bastille, n'entrez pas dans un cybercafé. À 2,90€ pour 30 minutes, la connexion devient un luxe. Et le patron ne fait aucun effort pour être agréable.
23 juillet 2009
Jeanne Poisson, marquise de Pompadour
La télévision estivale étant ce qu'elle est, j'ai eu la curiosité de me brancher sur France2 pour voir "Jeanne Poisson, marquise de Pompadour", un téléfilm en deux parties sur la célèbre Madame de Pompadour.
Au début, j'ai bien failli abandonner. C'est que je ne comprends pas pourquoi ceux qui font des films sur cette époque se croient obligés de nous remplir les oreilles de cette musique qui devient horripilante à force d'être omniprésente. Heureusement, j'ai continué, et j'ai bien fait, parce que le film était impressionnant et poignant, même si la deuxième partie était peut-être un peu larmoyante. Une réussite.
Le mieux, sans discussion, était Hélène de Fougerolles, absolument prodigieuse dans le rôle de la marquise, séduisante et émouvante. Visiblement, elle s'est identifiée au personnage. Très bien aussi Charlotte de Turckheim dans le rôle de la Reine. J'ai été moins convaincu par Vincent Perez qui ne correspondait guère à mes souvenirs scolaires sur Louis XV, mais... il est vrai que mes souvenirs scolaires commencent à dater !
En conclusion, une réussite de la télévision publique.
14 juin 2009
Looking for Eric, de Ken Loach
Aujourd'hui, avec une copine, on allait au cinéma. Je voulais voir "Une nuit au musée 2", mais elle a insisté pour qu'on bifurque vers "Looking for Eric", film de Ken Loach projeté au dernier Festival de Cannes.
J'y suis donc allé à reculons, mais finalement, c'était plutôt bien. Du moins au début. L'idée de départ était en effet bien trouvée : un brave postier de Manchester mène une vie difficile. Sa seule passion : le footballeur Eric Cantona, dont il collectionne les posters. Soudain, un soir, Eric Cantona en personne apparaît devant lui. Réalité ? Illusion ? Aucune importance : cette apparition va aider le brave postier à changer sa vie. Grâce aux conseils de Cantona, il trouve le courage de règler enfin ses problèmes.
Bien trouvé : le film pourrait être un épisode de "La Quatrième Dimension", par son thème et par le traitement. Limite fantastique, beaucoup d'humour, et beaucoup d'humanisme. Cantona va jusqu'à se moquer de lui-même. C'est donc une sorte de fable moderne, doublée d'une réflexion sur la société et le football.
Et puis... Et puis, il y a la deuxième partie, et on plonge carrément dans le grand guignol. Avec en guise de sommet, une incroyable "opération Cantona" menée par les collègues du postier chez un bandit ! Quel dommage, cela démolit l'excellente impression laissée par la première partie. Si M. Loach avait coupé la dernière demi-heure, il aurait réussi un grand film. Comme ce n'est pas le cas, l'impression qui prédomine est celle de l'inachevé.
Un film à voir, mais si vous partez une demi-heure avant la fin, vous n'aurez rien raté.
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15 mai 2009
La ferme de la terreur (Deadly Blessing) - Wes Craven - 1981
Hier soir, j'ai visionné, pour la deuxième fois, ce film datant de 1981. Hélas, sur le DVD, je dois dire que la VOST est abominable : les sous-titres sont bourrés de fautes !
Pour en venir à l'essentiel, ce film est classé dans l'horreur, mais il pourrait tout aussi bien être considéré comme un thriller. En effet, on y retrouve la figure classique du tueur en série. Le thème : trois jeunes et jolies femmes se retrouvent dans une ferme, en pleine campagne, et tremblent de peur. Et pour cause : un tueur en série se promène et poignarde tout ce qui bouge. Juste à côté se trouve une secte religieuse, les Hittites (lesquels ne sont autres que les Amish, comme on le comprend assez vite), et c'est vers eux que se tournent les soupçons.
Le metteur en scène Wes Craven (futur réalisateur de Scream) maîtrise parfaitement les règles du genre. Pendant deux heures, il nous entraîne sur des pistes dont on ignore si elles sont bonnes ou pas. Sans être un huis-clos, le film se déroule dans un espace réduit, où tout le monde se connaît et où tout le monde a des secrets à cacher. Wes Craven déposera le spectateur à la toute dernière scène, où le dénouement (que je me garderai bien de vous révéler) lui fera comprendre qu'il s'est trompé tout au long de l'histoire. Du grand art.
On retrouve ici la toute jeune et toute mignonne Sharon Stone, dont c'était le premier film. Je la trouve d'ailleurs plus séduisante que dans Basic Instinct. La scène où elle est enfermée dans une grange et essaye de sortir est, de loin, la meilleure. On reconnaît aussi le grand Ernest Borgnine, absolument prodigieux dans le rôle d'un patriarche Amish.
D'un point de vue cinématographique, c'est une réussite. D'un autre point de vue... Il faut bien avouer qu'on est quelque peu dérouté et troublé. En effet, Wes Craven commence par critiquer le fanatisme religieux des Amish, et à la fin... il leur donne presque raison ! Le message serait-il plus ambigu qu'il n'y paraît ? Ou bien, plus simplement, Wes Craven a-t-il eu peur d'un procès ? Impossible de savoir, et cela renforce le sentiment de malaise qui prédomine au terme du film.
"La ferme de la terreur" est un DVD Bach Films. Réalisé par Wes Craven, avec Maren Jensen, Sharon Stone, Susan Buckner.
09 mai 2009
Star Trek Le Film
Enfin, je l'ai vu. On l'a attendu si longtemps qu'on l'oubliait parfois. Mais il a fini par arriver. Star Trek XI (comme on l'appelait sur Internet) est enfin sur les écrans, et je suis allé le voir.
Et alors ? Et alors, impression... mitigée. En fait, la première partie est formidable. J.J. Abrams nous fait découvrir l'enfance de Kirk et de Spock, leur rencontre à l'Académie, leur rencontre avec les autres personnages classiques. C'est vraiment prenant et émouvant. Le trekker averti s'amuse à repérer les références à tous les opus précédents : la fille à la peau verte, Kirk qui triche à un test, l'amiral Pike dans un fauteuil roulant. Autant de scènes évoquant des épisodes parfois anciens. Et on entend l'USS Farragut et l'USS Antarès, des astronefs qu'on a vu passer dans des films de la série. On salue aussi les efforts de l'équipe pour reconstituer les décors et costumes originaux. Vraiment bien.
Et puis, il y a la deuxième partie... Incompréhensible. Pour moi, du moins. Une sorte de retour vers le futur, ou vers le passé, je n'ai pas compris. Ma confusion est telle que je ne sais toujours pas si le méchant a été tué ou pas. Et l'apparition incongrue de Leonard Nimoy enbrouille encore les choses. Je ne suis pas sûr que Roddenberry lui-même s'y serait retrouvé.
Pourtant, le film plaît aux spectateurs. Parce que la deuxième partie enchaîne les effets spéciaux et les cascades spectaculaires. Ce qu'il faut pour accrocher les djeuns d'aujourd'hui.
Que penser de tout cela ? Star Trek est-il reparti pour 40 années de plus ? Pour les jeunes générations, c'est probable. Pour moi, c'est moins sûr.
08 février 2009
Un week-end avec Jacques Tourneur
Ainsi donc, je viens de passer un week-end merveilleux avec le coffret de Jacques Tourneur. Passer un week-end avec Tourneur, il y a de plus mauvaises compagnies !
J'ai visionné les trois films. Fabuleux. Un sommet du cinéma. Cependant, je dois avouer que je ne partage pas les avis émis dans les bonus. Contrairement à ce que j'ai entendu, "La Féline" n'est pas conventionnel du tout : c'est même le plus anti-conformiste des trois. L'héroïne du film (Simone Simon) se révèle être la méchante au milieu de l'histoire, celle qui semble secondaire au début devient la véritable héroïne, le héros (Kent Smith) est un homme passif qui n'agit presque jamais, et celui qui agit vraiment est un personnage secondaire, le Dr Judd (Tom Conway). Ajoutez à cela que le film commence comme une romance avant de basculer très lentement dans l'horreur. Tout cela est contraire aux règles du genre et permet de mesurer l'impact de l'oeuvre à l'époque : elle rapporta plus d'argent que Citizen Kane !
"Vaudou" est aussi anti-conventionnel. Cela commence avec le schéma classique : une jeune fille romantique est engagée en tant qu'infirmière dans une propriété. Naturellement, le maître des lieux est séduisant et l'amour va surgir. Du classique. Ensuite, Tourneur dévie le récit : tous les personnages deviennent troubles. Les repères disparaissent et le film aboutit à une scène finale absolument grandiose. Je suis emballé par cette façon de faire du révolutionnaire avec un schéma ultra-classique.
"L'homme léopard" est un cas à part. Il ne s'agit pas d'un mauvais film, bien au contraire. Mais d'abord, il se démarque des deux autres : ici, il n'y a aucune intervention paranormale. En fait, on a le schéma normal de ce genre : un monstre tue des gens (en fait, des jolies filles), un couple mène l'enquête, et ils finissent par démasquer le coupable. Très bien fait. Mais on est assez loin des deux autres. En réalité, celui-ci marque réellement le bouclage de la trilogie.
Dommage que ce soit fini : quel beau week-end !
Quant à vous, n'oubliez pas de visionner le blog de mon feuilleton radio : http://manuelruiz4.canalblog.com
03 février 2009
Le coffret Jacques Tourneur, aux Editions Montparnasse
Je sais bien que la période, tendant vers la crise, ne s'y prête guère. Mais je me suis quand même offert une fantaisie : le coffret des Editions Montparnasse, contenant l'intégralité de la trilogie fantastique de Jacques Tourneur. Encore faut-il préciser que j'ai profité d'une promotion.
En effet, les Editions Montparnasse ont eu l'idée de réunir les trois films et de les proposer ensemble. Il y a « Féline » (Cat People, 1942), « Vaudou » (I walked with a zombie, 1943), et « L'homme-léopard » (The leopard man, 1944). D'autre part, le coffret propose aussi plusieurs interviews et reportages sur Tourneur, mais aussi sur le légendaire producteur Val Lewton, et sur l'époque. Au total, presque quatre heures de pur bonheur pour le vrai cinéphile.
Parce que la trilogie de Jacques Tourneur, c'est du vrai cinéma, du grand : sans effets spéciaux, sans cris stridents, sans cascades superflues. Tournés dans des conditions difficiles, pendant la guerre, avec des bouts de ficelles, avec des acteurs peu connus et limités, ces trois films sont le sommet du genre fantastique. Malgré le temps écoulé, les budgets énormes, les progrès de la technologie, on n'a jamais fait mieux depuis. Voici d'ailleurs une liste : Tim Burton, John Carpenter, Wes Craven, George Romero, Ridley Scott. Tous ont reconnu dans des interviews avoir vu les films de Tourneur et avoir été influencés par eux. Il s'agit donc d'un tournant capital dans l'histoire du cinéma.
C'est en 1942 que le producteur Val Lewton vint chercher Jacques Tourneur pour sauver un film qui partait en catastrophe : « Féline ». Tourneur débarqua sur le plateau et eut trois semaines pour redresser le projet : il tailla dans le scénario, raccourcit les dialogues, modifia tout. Le résultat fut un succès énorme. Val Lewton lui confia alors les deux autres films et la trilogie fut ainsi constituée. Le style Tourneur, c'est le dépouillement (imposé par les faibles budgets) : décors réduits au minimum, costumes banalisés, lumières n'éclairant que le nécessaire pour le récit. Et surtout, la règle numéro un : ne jamais montrer le danger. On sait qu'il est là, mais on ne le voit pas, et le sentiment de peur est amplifié. Un style inimitable, qui a traversé le temps.
Hélas, on rappellera quand même que Jacques Tourneur, dont les films rapportaient beaucoup d'argent, finit sa vie dans le Périgord, avec une maigre retraite. L'éternelle injustice du cinéma.
Bref, je me suis offert cette fantaisie. Maintenant, je vais devoir bloquer un week-end pour visionner le coffret et déguster cette trilogie inoubliable.
02 février 2009
Les Chevaliers de la Table Ronde
Ce soir, la chaîne Arte propose « Les chevaliers de la Table Ronde », un film de Richard Thorpe, avec Robert Taylor. C'est à 20H40.
Et c'est une occasion pour réfléchir une fois de plus sur le fameux axiome : « des goûts et des couleurs... » En effet, ce film, je l'ai toujours trouvé MAUVAIS. Oui, c'est spectaculaire. Oui, il y a de belles armures, de belles robes, des décors grandioses. Mais le film en lui-même est lent et lourd. Et plus il se fait lourd, plus la lenteur se remarque et énerve. Quant à l'humour, il brille par son absence remarquable et remarquée. Bref, ce n'est pas le genre de film que je classerais dans ma collection. Pas plus que « Ivanhoé », que la même Arte va diffuser prochainement.
C'est d'autant plus dommage que le duo Richard Thorpe – Robert Taylor a fait des trucs comme « Quentin Durward » ou « La perle noire », véritables merveilles du cinéma hollywoodien. Et Thorpe tout seul a fait « Le prisonnier de Zenda » (formidable) ou « La vallée de la vengeance » (grand western). Infiniment mieux, si vous voulez mon avis.
Mais justement, on ne me le demande pas. Les cinéphiles adorent « Les chevaliers de la Table Ronde » et le portent aux nues. Toutes les remarques faites plus haut, ils les ignorent. Il est probable que ce soir, ils seront une fois de plus des millions devant la télé, et tous très satisfaits. « Les chevaliers de la Table Ronde », ils en ont fait un classique du cinéma, et point.
Quant à moi, je continuerai à préférer les autres oeuvres de Richard Thorpe et Robert Taylor. Mais des goûts et des couleurs...
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