14 novembre 2009
A la soirée d'ActuSf et Griffe d'Encre
Hier soir, j'étais à une soirée littéraire organisée par l'association Muses et Merveilles, laquelle convoquait les éditeurs Actusf et Griffe d'Encre. Le premier propose "69" et le second "Chasseurs de fantasmes" : deux anthologies de nouvelles mêlant SF et érotisme. C'était sympa et ça m'a permis de retrouver des gens. Une réserve : trouver le Passage de l'Atlas, où cela se déroulait, relève de l'exploit ! Si on voulait décourager le public d'aller aux conférences, on ne s'y prendrait pas autrement.
26 octobre 2009
Lettre du 26 octobre
Je vais peut-être vous surprendre (après tout, un blog est fait pour ça), mais j'ai passé ce week-end à satisfaire à des "obligations mondaines". Si, si.
Cela commençait vendredi soir. Je me rendais aux Rendez-Vous Transitionnels, dans un pub du la rue Cujas. Il ne s'agissait de rien d'autre que d'une rencontre organisée par Transition, un nouveau magazine qui tente de se lancer. J'ai été reçu par Vanessa Terral, la rédactrice, très sympa. D'ailleurs, c'est toujours sympa de mettre un visage sur des noms qu'on est habitué à trouver sur des forums. La soirée s'est achevée dans une crêperie du boulevard Saint-Michel.
La vie étant une chose étrange, ces Rendez-vous m'ont permis de rencontrer Thomas Bauduret, le responsable des éditions Malpertuis, que... je connaissais déjà ! En effet, nous avons découvert que nous avions fréquenté les mêmes endroits, voilà un certain temps. Le monde est petit.
Mais c'est le samedi qu'arrivait le gros morceau du week-end : j'avais rendez-vous avec mon copain Sacha Messier, celui qui jouait le Diable dans ma radio-série. Et ce type m'a emmené... au Kata Bar ! Décidément, c'est une malédiction pour moi. Cette fois, ça s'est bien passé, parce qu'il y avait Sacha, et parce que nous ne sommes pas descendus au sous-sol. Bref, un après-midi à descendre des pintes de bière, puis des "shots" (des machins qui vous secouent comme des coups de poing). J'avoue qu'on est sortis dans un drôle d'état. Sacha continue ses spectacles et il travaille régulièrement avec Olivier Raymond. Je suis content pour lui.
Le dimanche, je n'ai rien fait, parce que j'ai dormi !
Ces "obligations mondaines" ont l'avantage de me faire patienter, puisque j'attends le mois de novembre et les différentes réponses qui doivent fixer mon avenir.
20 octobre 2009
Lettre du 20 octobre
Depuis que j'ai rangé mon dictaphone (pour combien de temps, je l'ignore), je constate que j'ai repris sans m'en apercevoir ma vie d'antan. Quand arrive le week-end, je ferme ma porte et je m'en vais à travers les rues de Paris, dans une longue flânerie sans but, avec mes bonnes chaussures pour compagnes. Je marche, je m'arrête, je regarde. Voilà bien longtemps que je ne le faisais plus. Je retrouve donc des sensations oubliés, et des lieux où je ne remettais plus les pieds, et ces brasseries dont j'étudie l'ardoise avant d'entrer. C'était ma vie, jadis, et elle le redevient. Sauf que mes cheveux ont un peu blanchi.
Ces flâneries amènent quelquefois des surprises : dans une librairie, j'ai découvert que, par la grâce du classement alphabétique, Zemmour était à côté de Zola. Curieux rapprochement ! Et Beigbeder n'est pas très loin de Chateaubriand. J'ai calculé que, si mes bouquins étaient sur les étagères, je serais (probablement) voisin de Sagan. Flatteur.
Tiens, j'ai d'ailleurs repris la lecture des « Mémoires d'Outre-Tombe ». Que dire ? Simplement qu'un seul paragraphe de Chateaubriand contient plus de littérature que tout un livre d'aujourd'hui. Quel écrivain, et que je me sens petit en le lisant.
Mais qui s'y intéresse encore ? Le niveau culturel de notre société ne cesse de décliner. J'en veux pour preuve cet incroyable débat sur les « dérives monarchiques » de notre Président de la République. Je me vois obligé de rappeler que, dans l'Histoire de France, ce n'est pas le terme exact : les « dérives monarchiques » désignent quelqu'un qui se lance dans les fêtes luxueuses et les apparats grandioses. Ce qu'on reproche à Sarkozy (népotisme, copinage, contrôle de la presse, etc) s'appelle normalement des « dérives bonapartistes », et c'est le mot qu'on devrait entendre, puisque c'est celui qu'employèrent Victor Hugo et Zola pour pourfendre Napoléon III. Le fait qu'on ne l'entende pas démontre que nos journalistes ne connaissent plus l'Histoire de France.
Quoique, pour être franc, le summum de l'inculture demeure l'inqualifiable Séguéla. Dernièrement, il n'a rien trouvé de mieux que de dire que Internet était « la plus grande saloperie de tous les temps ». Bon, rappelons rapidement que ce Séguéla était le chargé de communication de Lionel Jospin pendant la campagne de 2002. On connaît le résultat...
Voilà où j'en suis. Bien sûr, je réalise qu'il s'agit d'une parenthèse pour moi. Un jour ou l'autre, il faudra que je reprenne la plume. Quand, et pour écrire quoi ? Mis à part que je veux poursuivre ma radio-série, j'avoue que j'ignore de quoi demain sera fait.
18 octobre 2009
Au salon Facebouquins des petits éditeurs
Aujourd'hui, petite balade dans le XIè pour aller voir le Salon Facebouquins. Une réunion organisée par et pour les petits éditeurs qui ont du mal à se faire une place au soleil. Cela se passait au resto Le Mélange des Genres, sur le boulevard Voltaire.
J'ai eu la joie de rencontrer Emmanuel Guillot, alias Alan Spade (photo de droite), l'auteur des "Explorateurs" (chroniqué un peu plus bas), et un ancien d'Anice-Fiction, comme tant d'autres. J'ai aussi fait la connaissance de Frédéric Vasseur et Anne-Laure Buffet, auteurs de la collection Dix de Plume.
Ce fut sympa. C'est toujours drôle pour moi de rencontrer des personnes qui me ressemblent et qui, je dois le dire, affrontent les mêmes difficultés que moi ! Tout ce que je raconte sur ce blog, ils pourraient le raconter aussi. Mes problèmes, mes espoirs et mes désillusions sont les leurs. C'est vrai que ça n'arrange rien, mais ça console.
11 octobre 2009
Qui suis-je ?
Si vous revenez au point de départ de ce blog, vous constaterez que je l'avais ouvert, en 2006, dans le but de présenter et défendre mon livre "La Société Secrète". C'est d'ailleurs pour ça qu'il y a encore une catégorie portant ce nom. Je n'ai pu me résoudre à la supprimer.
Seulement, le temps a passé et il n'est plus question de ce livre. Ce week-end, j'ai découvert que la seule librairie parisienne qui proposait "La Société Secrète" a fermé en juillet, et que je n'en savais rien. Alors, de fil en aiguille, ce blog est devenu un bric à brac. J'y parle de tout et de n'importe quoi. En fait, je ne sais plus ce qu'est le Blogue de Manuel Ruiz, à quoi il correspond, à qui il s'adresse, ce qu'il prétend apporter, ce qu'il prétend étudier. Je le regarde et c'est un capharnäum. Je me demande comment il peut encore y avoir quelques connexions. Il est vrai que la plupart des visiteurs ne restent que moins d'une minute (c'est écrit sur les statistiques). L'envie me tenaille de le fermer et d'en ouvrir un autre.
Ce qui me retient, c'est que ce brave blog ne fait que refléter ce que je suis devenu moi-même. Je ne sais plus qui je suis, ce que je suis. Je ne suis plus tout à fait un écrivain, si je l'ai jamais été. Je ne suis pas non plus un critique. Et encore moins un commentateur de l'actualité. Je pourrais être un scénariste et un producteur de radio, mais je ne le suis pas encore. Ce que je fait, je ne le sais pas très bien.
En fait, je ne suis plus rien, ni personne. Tout juste un promeneur de Belleville qui pousse parfois jusqu'au Châtelet. Et le Blogue de Manuel Ruiz est le blog de personne. Pourtant, il suffirait de peu de chose pour que je sorte de cette impasse : par exemple, que mes appels à textes reçoivent une réponse positive. Pour le moment, ce blog est un bric à brac et moi un simple quidam qui ne sait plus très bien ce qu'il fait et où il va.
07 octobre 2009
Programme d'octobre
Ouf, nous voilà au bout du sprint ! En effet, j'étais plongé dans les appels à textes. Depuis cet été, j'ai répondu successivement à :
-Argemmios : "Le Butin d'Odin"
-Transition Pénombres : "Toits, gouttières, greniers"
-ShortStories : "Au fond de la mine"
-CitronMeringue : "Sur la route"
-Transition Eveil : "Au fil de l'eau"
-Station Fiction : "Tempus Fugit"
-Eclats de Rêves : "Les petites bêtes"
Pas mal, non ? Je tenais vraiment à le faire, pour découvrir d'autres horizons. Ainsi que vous l'avez constaté, certains sujets n'étaient guère évidents !
Maintenant, je dis stop. Les autres sujets d'AT ne m'inspirent pas. Et puis, j'ai besoin d'arrêter. Comme je l'ai dit ailleurs, on ne gagne rien d'autre qu'une publication en magazine et un exemplaire gratuit. En attendant les réponses, je prépare mes projets immédiats :
-Faire une refonte complète du blog de mes Chroniques de l'Etrange : http://manuelruiz4.canalblog.com Tel qu'il est, il ne correspond à rien et ne m'apporte rien. Du boulot en perspective.
-Me replonger dans les classiques, parce que je m'aperçois que je commence à perdre mes bases. Dans le même ordre d'idées, revoir quelques films et séries un peu négligés. 
-D'une façon générale, m'occuper de moi, de mon appartement, et d'autres petites choses que j'avais délaissées.
Tout cela avec, en objectif, cette deuxième série radio qu'il faudra bien que je fasse un jour.
28 septembre 2009
Les préjugés contre la Sf et la Fantasy
Décidément, certains clichés et préjugés ont la vie dure, et même se renforcent. Une jeune éditrice raconte sur son site comment la science-fiction et la Fantasy sont perçues dans certains milieux qu'on aurait cru plus ouverts. Edifiant. Bien sûr, il ne faut pas y accorder trop d'importance. Mais ces milieux existent et il faut le savoir.
Donc je raconte L'Autre Livre de l'an dernier.
Un espace glacial, on était en intérieur et pourtant on se pelait comme si on avait été dehors. Des tables mesurées au centimètre et y avait pas intérêt à empiéter sur les centimètres du voisin. Une ambiance sonore à base d'Internationale, d'orgue de barbarie et de vieilles rengaines de Bruant. Enormément d'éditeurs d'ouvrages et de pamphlets politiques. Quasiment pas d'éditeurs proposant des oeuvres romanesques ou de fiction. Un public assez méprisant envers notre "mauvais genre", on a eu droit à des réflexions pas toujours agréables. Et le public était davantage "bobo", intellectuel de gauche, que populaire, d'ailleurs.
Cela ne m'aurait pas dérangée du tout (je ne fais pas de politique sauf quand il s'agit de défendre les opprimés, de se battre pour les libertés ou de protéger l'environnement, et encore je préfère les gens sans étiquette plutôt que les partis que j'ai tendance à vomir en bloc, quelle que soit leur couleur), cela ne m'aurait pas dérangée, disais-je, si je n'avais pas été confrontée à une espèce de mépris général envers nos bouquins, envers le fantastique, la fantasy et la SF en général. En plus les gens s'arrêtaient pour nous dire à quel point la SFFF était méprisable à leurs yeux. Ah, et il paraît aussi qu'avoir des illustrations de couv, ça signifie que c'est "pour les enfants". Cela faisait longtemps que je n'avais pas croisé autant de gens convaincus que les littératures de l'Imaginaire étaient de la sous-littérature pour ados attardés, niveau quai de métro (inférieur au quai de gare) et j'en passe. J'avais vécu ça, beaucoup, dans les années 80 et au début des années 90, ensuite ça s'était calmé, alors du coup, lors de ce salon, je me suis sentie propulsée des années en arrière ! Et ce n'était pas agréable.
Ce public ne connaît pas la SFFF. Pour lui, ça s'assimile aux block busters américains.
J'en viens aux littératures de l'imaginaire (et surtout la fantasy) vues par ces intellos emplis de préjugés. Attention je vais caricaturer (un peu) :
- C'est une littérature qui véhicule le culte du héros.
- C'est une littérature pro-militaire (chevaliers, jedis, robocops même combat)
- C'est une littérature qui "prône" le féodalisme et l'esclavage
- C'est une littérature dans laquelle les dieux sont tout puissants (or tout le monde sait que la religion est l'opium du peuple)
- C'est une littérature qui incite à croire à la magie, la sorcellerie
- C'est une littérature pour laquelle l'idéal esthétique est l'elfe blond aux yeux bleus
- C'est une littérature qui se nourrit des mythes des anciennes religions, particulièrement celtiques et germano-scandinaves (or les nazis avaient récupéré et détourné pas mal de ces mythes et surtout des symboles des anciennes religions. Du coup, toute personne arborant une croix d'Irlande ou avouant s'intéresser à ces civilisations disparues se fait régulièrement accuser d'être néo-nazi... et oui, ça m'est arrivé de me prendre ça en pleine poire).
- C'est une littérature d'action plus que de réflexion, qui abrutit le peuple et le détourne des vrais problèmes (se distraire c'est mal).
Voilà pourquoi, alors que pourtant je m'associe pleinement au combat des éditeurs indépendants, je ne prendrai plus de stand dans le cadre de ce salon-là, car je ne m'y suis pas du tout sentie à ma place ni bien accueillie, et je n'y ai pas rencontré mon public (je veux dire un public susceptible d'être vraiment intéressé par les ouvrages que nous publions).
L'article complet est ici : http://argemmios-editions.aforumfree.com/autres-bavardages-f10/editeurs-independants-et-salon-du-livre-de-paris-t315.htm
Reprise
Ce matin, j'ai repris le boulot au bureau. Et ça me déprime. En fait, plus le temps passe, et plus je m'aperçois que j'ai du mal à revenir au bureau. Hier soir, j'ai pris un antihistaminique et je me suis fait croire à moi-même que c'était contre l'allergie, tout en sachant que c'était en fait pour calmer mon anxiété. Et on a repris.
26 septembre 2009
Le retour
Oui, c'est le retour, non pas de Zorro, mais plus modestement de moi-même. Finies, les vacances.
Cela s'est passé comme prévu, ou presque. Parce qu'il y avait foule dans le métro, apparemment à cause de travaux. Et surtout, parce que m'attendaient : une lettre de la SGDL pour renouveler mon dépôt de "L'homme qui trouva l'éternité", une lettre de l'Oeuvre des Orphelins des Douanes pour me rappeler que je dois payer ma cotisation, une lettre de l'agence me réclamant (encore) une copie de mon attestation d'assurance, sans oublier que c'est précisément aujourd'hui que mon troisième tiers d'impôts doit être prélevé ! Bref, un retour sympa. L'idéal pour replonger dans le quotidien sans douleur.
Je vais quand même reprendre mes projets, dont je vous ai déjà fait part. Je pense que les prochains mois peuvent être intéressants. Je vous tiens au courant.
06 septembre 2009
On n'est pas couchés
1/Eh bien, hier soir, par acquit de conscience, j'ai voulu voir la reprise de "On n'est pas couchés", l'émission de Laurent Ruquier. Et min impression est toujours la même : je ne comprends pas ce genre d'émissions. On dirait des clubs privés où ce sont toujours les mêmes qui reviennent, à intervalles réguliers, et pour raconter la même chose. Hier soir, Richard Berry et Teddy Riner.
Mais ce qui m'échappe vraiment, c'est le duo Eric Zemmour - Eric Naulleau. J'attends encore que quelqu'un m'explique au nom de quoi ces deux zygotos ont le droit de décider si les livres, ou les films, sont bons ou mauvais. Qui leur a donné ce droit et en vertu de quoi ? Et quelle est leur autorité intellectuelle ou morale pour le faire ? Que je sache, leurs livres n'ont guère révolutionné la littérature française. Alors de quel droit ? Sans doute le droit que donne le fait de passer à la télé, ce qui représente l'autorité suprême de nos jours.
2/J'apprends à l'instant la mort de Sim. Triste, car c'était un personnage intéressant. Non pas en raison de ses films ou de ses sketches, mais parce que j'avais lu son livre de souvenirs "Elle est chouette, ma gueule". J'avais alors découvert un homme fort différent de ce qu'on imaginait, qui avait débuté avec Jacques Brel (si, si), qui jetait un regard sans concession sur son métier, le monde, et sur lui-même. Un type qui n'a pas eu la chance de trouver LE metteur en scène qui l'aurait vraiment exploité.







