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Un roman historique de Giuliana Boldrini, datant de 1968, aux Éditions de l’Amitié.

THÈME : Au V° siècle avant J.C., Vel est un jeune garçon étrusque qui vit à Tarquinia et qui appartient à une famille de marchands. Son père, Aules Pulena, estime qu’il est assez grand et l’emmène dans son nouveau voyage : une traversée de la Méditerranée jusqu’à Massilia. Le petit Vel va vivre une formidable aventure, avec le timonier Ocno, le précepteur Ibico, la jolie Seia, le mystérieux Ermor. Il va découvrir la mer, les voiles, les tempêtes. Son navire fera naufrage, il retrouvera son père. Ensemble, et dans un ultime contretemps, ils seront attaqués par des pirates. Au retour, il sera devenu un homme.

MON AVIS : Nous avons tous eu une enfance. Si tel n’a pas été votre cas, je vous suggère de vous adresser à un médecin, afin de vérifier si vous appartenez bien à la race humaine. J’en ai eu une, moi. Vers 1970, mes parents habitaient à Perpignan, sur l’ancienne route de Thuir. Je ne vous dirai pas quel était mon âge. C’est là, et à ce moment, que j’ai découvert ce livre, que je l’ai dévoré, que je l’ai adoré. Il a marqué mon esprit et est demeuré comme un événement dans ma vie. Je m’en suis toujours rappelé. Après l’avoir perdu, naturellement.

Un demi-siècle plus tard, grâce à Internet, je l’ai retrouvé, enfin, et relu. Après cette éternité, le petit Vel m’est réapparu, s’est à nouveau présenté devant moi. J’espère ne pas l’avoir trop déçu avec mes cheveux blancs. Il a eu la politesse de ne pas me demander où j’étais passé durant tout ce temps, ni ce que j’avais fait. Heureusement, car j’aurais été embarrassé pour lui répondre. Bonjour Vel, comment vas-tu ?

J’ai donc relu le bouquin. Contrairement à d’autres, il est resté dans ma mémoire tel qu’il était réellement, ou à peu près. Tout juste avais-je oublié le naufrage qui survient au milieu. Autrement, mes souvenirs se sont révélés intacts. Il y a cette carte qui occupe l’intérieur de la couverture, il y a ces illustrations légèrement naïves. Il y a surtout le récit de ce voyage merveilleux et terrible. Au V° siècle avant notre ère, une traversée d’Italie à Marseille représentait une aventure extraordinaire, aussi surprenant que cela nous paraisse. Nous découvrons avec Vel les forges de Populonia, la mer exigeante, l’escale en Corse pour puiser de l’eau dans une source, les courants dangereux qui emportent les navires, l’antique Massilia et ses habitants pas toujours hospitaliers. Oui, parce que cela m’avait étonné à l’époque, et m’amuse aujourd’hui : dans ce livre d’origine italienne, les Gaulois sont les barbares. Mes souvenirs étaient exacts.

Que dire de plus ? Nous savons que les Étrusques n’ont pas livré tous leurs secrets aux archéologues. Pas grave, puisque nous ne sommes point des archéologues. Nous n’allons pas étudier les tombes de Toscane, nous nous contentons de lire. Et la lecture est bonne. À la suite de Vel, nous voguons sur les flots, nous nous laissons bercer, nous sentons l’air marin qui vient vivifier nos poumons. Les voiles claquent, les proues fendent les vagues. Nous avons fait un beau voyage ? Oui, très beau. À la fin, on est déçu que ce soit fini.

Le temps a passé. Un demi-siècle après, j’ai retrouvé Vel. Émotion, disons-le franchement. Puis j’ai refermé le livre. Salut, Vel. Je ne t’oublierai jamais. Tu fais éternellement partie de mon enfance, de ma jeunesse, de ma vie.