圖片-3-2On nous l’a annoncé si souvent, on y a cru si souvent, on a été si souvent déçu, qu’on n’ose plus le dire franchement, qu’on se retient. Mettez-vous à notre place : presque un demi-siècle qu’on attend et que rien ne se présente. Alors, le mieux est de prendre des précautions. Pourtant, tout semble indiquer que cette fois est la bonne. En tout cas, ça y ressemble. La longue attente prend fin.

La NASA a finalement produit le communiqué tant espéré : elle s’apprête à reprendre la conquête de l’espace. La vraie. Plus question de robots et de sondes. Non, on va revoir des fusées et des astronautes. Comme dans notre enfance. Comme dans la S.F. Le président de la NASA, M. Jim Bridenstine, l’affirme lui-même.

https://trustmyscience.com/nasa-plan-envoyer-astronautes-lune-mars/

https://sciencepost.fr/2018/10/la-nasa-devoile-ses-projets-pour-retourner-prochainement-sur-la-lune-et-aller-sur-mars/

Apparemment, le programme prévu se diviserait en trois grandes étapes : 1/Installer durablement la présence humaine en orbite autour de la Terre, 2/Installer une base permanente sur la Lune et un astronef autour du satellite, 3/S’élancer vers Mars et y implanter enfin la base tant attendue. Les délais ? 2023 pour la Lune, 2030 pour Mars. Nous savons par expérience que dans le domaine spatial, les dates ne signifient rien d’autre que ce qu’elles signifient, et qu’elles risquent fort d’être revues, de même que tout le reste du programme. Le cosmos est ce qu’il est, et il ne changera pas pour nous.

Aucune importance. Ce qui compte est là : la conquête de l’espace est relancée. On va y retourner. Je ne vous cacherai pas que j’accueille la nouvelle avec joie et soulagement. Nous autres, amateurs et auteurs de S.F., commencions à nous démotiver. Difficile de raconter des belles histoires de space-opera quand on sait que tout ce qu’on narre a peu de chances d’exister un jour. Difficile de regarder un film spectaculaire quand on sait que ce qui brille sur l’écran n’est que scénario et fiction. Seules quelques entreprises privées, telle SpaceX, entretenaient un faible espoir, même farfelu.

Maintenant, le rêve et l’optimisme sont de retour. Car il ne s’agit plus de vagues promesses, mais d’un véritable programme, ambitieux et pragmatique. Par exemple, la NASA prévoit, en parallèle de ses propres activités, de favoriser l’essor de sociétés privées pour soutenir et améliorer ses projets. Les fans de S.F. ne seront pas surpris, puisque c’était précisément ce que prédisaient les films et les romans. D’ailleurs, les futurs vols vers la Lune sont déjà qualifiés de « commerciaux », ce qui écarte tout malentendu. Un vrai programme. Le vaisseau spatial s’appellera Orion, la station spatiale autour de la Lune Orbital Platform-Gateway, le corps de fusée Space Launch System. Les noms, à eux seuls, nous apportent déjà le parfum irremplaçable de l’aventure cosmique.

Moi, je me réjouis. On ne pouvait plus continuer comme ça, enfermés dans l’immobilisme et le refus. La race humaine a besoin d’aventures et de nouvelles frontières. C’est ce qu’elle a toujours cherché, et qui l’a poussée à se dépasser. Renoncer et reculer serait tourner le dos à toute notre histoire. Et puis, la Terre ne suffit plus à faire vivre l’Humanité. Il faut trouver de nouveaux mondes. Enfin, je me réjouis parce que nous pourrons retrouver le rêve en regardant nos chers films de S.F. Salut à notre Enterprise, notre Deep Space Nine, notre Babylon 5. Nous allons les revoir en sachant qu’ils sont dorénavant une réelle possibilité pour l’avenir. Nous repartons : Where no man has gone before !