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Le N°57 de la collection Anticipation, du Fleuve Noir, datant de 1955.

THÈME : En 1975, un grand savant tente une expérience audacieuse : modifier le cerveau d’un être humain pour développer toutes ses facultés mentales. D’autant plus audacieuse qu’il la tente sur son propre fils. Un quart de siècle plus tard, un mystérieux jeune homme appelé Slade prend place à bord d’un croiseur interplanétaire. Il semble détenir une science universelle, puisqu’il maîtrise toutes les matières. Suffisant pour attirer l’attention de Jerome, un homme d’affaires. Celui-ci engage Slade et le charge d’une mission quasi-impossible : récupérer le contrat de vente de Phobos, satellite de Mars. Impossible, puisqu’il faut pour cela affronter le redoutable gouverneur de la planète rouge, ce que personne n’ose faire. Slade va pourtant essayer, avec le soutien de la jeune secrétaire Zonia, peut-être plus intelligente qu’il y paraît.

MON AVIS : Ce bouquin, rescapé de 1955, porte témoignage de la formidable énergie créatrice de la littérature populaire de l’après-guerre. En effet, voici un numéro de plus (le 57) de l’énorme collection Anticipation qui en comptait des milliers. On serait donc en droit d’attendre le produit standard, vu et revu. Or, bien au contraire, on tombe sur un récit plutôt original. Un sujet de départ bien trouvé, quoique un peu vague. Naturellement, ce Volsted Gridban est totalement inconnu au bataillon, comme tant d’autres. Sans doute un pseudo quelconque.

On entame la lecture. Ensuite… Eh bien, ensuite, il faut bien s’apercevoir que le roman nous vient de 1955. Que voulez-vous que je vous dise, il s’agissait d’une autre science-fiction, d’une autre littérature. Et d’un autre lectorat, ne l’oublions pas. On se surprend à sourire quand la jeune secrétaire prend des notes en sténo. Bien sûr, l’auteur ne pouvait pas prévoir l’essor des ordinateurs et des smartphones ! Surtout, on se surprend à penser que tout cela s’avère quelque peu téléphoné et prévisible. Les évènements se succèdent tels qu’on les entrevoyait, jusqu’à un dénouement pas franchement novateur. Des considérations probablement injustes et déplacées : en 1955, ce bouquin devait paraître super-avant-gardiste.

Nos yeux contemporains ne le voient plus ainsi. C’est comme ça. Mais ce vestige est là, témoin d’une autre époque, celle qui a permis précisément à la science-fiction d’exister.