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Un roman de Virginie Bégaudeau, à La Musardine, de 2017.

THÈME : 1973, aux États-Unis. June est une épouse insatisfaite et déçue. Son amie Elsa la convainc de tout quitter pour commencer une nouvelle vie. Voilà les deux femmes embarquées dans un van et qui parcourent le pays en toute liberté. Du moins est-ce ce que June croit au début. Mais très vite, Elsa lui avoue qu'elle l'emmène dans un endroit précis : la maison des Carpenter, mystérieuse demeure sur laquelle courent bien des rumeurs. Lors d'une halte, elles rencontrent Sacha. Celui-ci les prévient du danger de cette maison et leur annonce qu'il va les accompagner, afin de les protéger. Un peu plus tard, ils atteignent ce lieu énigmatique et font connaissance avec le maître des lieux, Adrian. La malheureuse June ne se doute pas du piège diabolique qui est en train de se refermer sur elle et qui va la mener aux limites de la mort.

MON AVIS : J'ai acquis ce livre au dernier Salon du Livre Erotique. J'ignore d'ailleurs si c'est le bouquin lui-même qui m'a interpellé, ou la poitrine de l'auteure. En tout cas, je l'ai pris. J'ai bien fait : alors que je comptais le lire peu à peu, je l'ai dévoré en un après-midi. J'en suis le premier surpris, mais il faut le dire sans détour : il est passionnant.

Cependant, une précision : contrairement à ce que laisserait entendre la couverture, il ne s'agit pas vraiment d'un road-movie. Moi-même, je m'attendais à « Thelma et Louise », ou « Easy Rider ». Or, le voyage en van n'occupe qu'une portion du récit. L'essentiel de l'intrigue se compose d'un huis-clos interminable et étouffant, dans une maison terrifiante que nous ne recommanderons pas aux lecteurs. Une fois la jeune June entrée, on se demande comment elle pourra en ressortir.

Pendant ce huis-clos, il se passe beaucoup de choses. J'ai bien aimé cet aspect : au rythme des péripéties, on découvre les différentes facettes des occupants de la demeure. La belle June elle-même montrera la face obscure de sa personnalité, et Elsa et Sacha aussi. J'avoue pourtant que le rôle exact d'Elsa est resté pour moi difficile à définir. Celui du mari de June également, mais il intervient peu.

Je ne peux pas prétendre que j'ai été dépaysé. 1973, j'ai connu. C'était mon époque, mon adolescence. J'ai retrouvé dans ce volume toute l'ambiance des seventies : le sexe, la drogue, le rock'n roll. Tout cela paraît si loin désormais. On s'imaginait vraiment que le futur serait meilleur. On s'est trompé, pas grave. Virgine Bégaudeau a le mérite de ne rien cacher des élément sordides de ce temps que nous mythifions un peu trop.

Je le répète : je l'ai lu en un après-midi. C'est donc qu'il accroche. Alors, accrochez aussi : ouvrez-le. Vous ne pourrez plus le refermer jusqu'à la fin.