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Un roman de la collection Anticipation (N°161) du Fleuve Noir, écrit par M.A. Rayjean, datant de 1960.

THÈME : Némox et Zacra, accompagnés de leurs épouses Jelda et Myriem, s’apprêtent à quitter la planète Errêtropolis à bord d’un vaisseau révolutionnaire. L’embêtant est qu’il s’agit d’un voyage sans retour. En effet, ils partent explorer l’Ultra-Univers, autrement dit l’infiniment grand. Un endroit où nul n’est jamais allé. Leur départ est une réussite, mais ils se retrouvent coincés dans un monde totalement inconnu et où ils ne possèdent aucun repère. De péripétie en péripétie, ils finissent par atterrir sur une planète mystérieuse et morte, qui ressemble fortement à la Terre.

UN ROMAN ULTRA-VIOLET : Un vieux bouquin qui nous vient de 1960. Lointaine année, mais importante. 1960, c’est le moment où la littérature populaire, né dans les années 50, va devenir un produit de super-consommation. À partir de là, elle sera déclinée par centaines de romans déversés dans les kiosques et les gares. Des polars, de l’espionnage, de l’aventure. Et naturellement de la science-fiction, précisément ce que faisait la collection Anticipation. De la lecture à profusion.

Bien sûr, devant ce phénomène, la réaction logique est de se dire que tout cela devait être répétitif et ennuyeux. Il y a du vrai, écrivons-le sans complexe. Comment aurait-il pu en aller autrement ? Mais il y a aussi du faux dans ce raisonnement. Parce que ce qui nous surprend le plus dans la littérature populaire est justement ça : sa créativité. Aussi incroyable que cela paraisse à certains, chacun de ces romans avait une particularité, une spécificité, quelque chose qui attirait l’attention.

Prenons celui-ci, un des milliers de numéros qui composèrent la collection Anticipation. Eh bien, il est original. Plutôt, il contient des éléments originaux. D’abord, tous les personnages sont des extra-terrestres et aucun humain ne passe dans les pages. Assez rare, n’est-il pas ? Ensuite, son sujet, puisque nous voici plongé dans la mécanique quantique, domaine pas vraiment commun. Bref, loin d’être un roman de plus, il s’agit de « L’Ultra-Univers », et pas d’un autre. Ajoutons que, pour une fois, la réalité scientifique est préservée. Alors que tant de textes de SF tordent la science dans tous les sens, celui-ci reste dans le domaine de la vraisemblance, y compris au moment des rebondissements les plus spectaculaires. Encore plus rare.

Après cela, qu’il y ait des longueurs, c’est vrai. Que la fin soit quelque peu téléphonée, aussi. Rappelons-le : nous parlons de littérature populaire, pas du théâtre antique. Chacun son boulot.

Créativité, créativité, tel était le secret de ce genre des années 60, qui nous étonne aujourd’hui, précisément par son immensité et son renouvellement perpétuel. Un roman parmi des milliers ? Oui, mais un roman à lire.