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Un roman de la collection Cherry O (N°25), datant de 1976, écrit par Glen Chase.

THÈME : Cherisse Delissio, dite Cherry O, est une agent du SPASM. À New York, elle vit un incident curieux : elle se retrouve en possession d’un ticket du Mont-de-Piété égaré par quelqu’un. Intriguée, elle choisit d’aller l’échanger et reçoit en retour une bague sans grande valeur. Rien de monumental. Et pourtant, voilà que des meurtres s’enchaînent. Des hommes se font tuer à cause de cette vulgaire bague. Cherry O se voit contrainte de mener une enquête, en compagnie de son chef et amant Mark Condon. Elle les conduira à une agence de call-girls et à trois personnages mystérieux dont on se demande pourquoi ils se réunissent dans une maison du Connecticut.

MA LECTURE : Il y a des romans qui marquent une vie, souvent sans que cela soit en rapport avec leur qualité. Prenez celui-ci, simple polar sans autre prétention que celle de distraire le lecteur. En toute logique, il aurait dû se perdre dans le puits de ma mémoire, qui en a englouti bien d’autres. Or, « Perles à rebours » est resté présent à mon esprit, malgré le temps. Cela pour une raison fort simple : c’est ce modeste bouquin qui fit découvrir à l’adolescent que j’étais une pratique sexuelle dont je n’avais jamais entendu parler auparavant : le sado-maso. Oui, je l’ai découvert à cette occasion. Aujourd’hui, un demi-siècle plus tard, le sado-maso (rebaptisé BDSM, par la grâce de la mode des initiales) s’est imposé à peu près partout, et s’étale sans complexe. À l’époque, c’était évidemment différent. Je me souviens encore de ma surprise en voyant ces jolies filles qui prenaient un plaisir étrange, et incompréhensible, à recevoir des fessées. Que leur arrivait-il donc, me demandais-je. En somme, ce fut une étape de mon éducation. Voilà pourquoi « Perles à rebours » est demeuré dans mes souvenirs.

Maintenant, pour parler du livre en lui-même, je dois répéter, une fois de plus, que cette collection de Cherry O était absolument passionnante et que je ne comprends pas pourquoi tant de gens l’ont traitée par le mépris, ou l’indifférence. Ici, nous avons affaire à un vrai et très bon polar. L’idée de départ est si géniale qu’on se dit qu’elle aurait dû être reprise par d’autres : un ticket du Mont-de-Piété tombé de la poche d’un homme assassiné et qui provoque une cascade de meurtres. Bien trouvé, accrocheur. Ensuite, les rebondissements s’enchaînent et on suit l’enquête périlleuse de la belle Cherry O, laquelle promène désormais sa tignasse rousse à New York, et plus dans des contrées exotiques. De la littérature populaire à l’état pur.

1976. C’est ce que l’on pourrait qualifier de point culminant des seventies, l’apogée de cette décennie de cheveux longs et de libération sexuelle. La lecture de « Perles à rebours » fait remonter à la surface Kojak, Starsky et Hutch, les Drôles de Dames, et tout ce qui a fait la mythologie de notre jeunesse. Bien sûr, cela est un peu lointain. Mais les souvenirs ne demandent qu’à se réveiller et à venir nous regonfler le moral. J’ai eu la chance de vivre cette époque et, avec le recul, j’en suis heureux.