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Un roman de la collection OSSEX (N°19) datant de 1974.

THÈME : Eve Drum, blonde espionne américaine, reçoit une nouvelle mission, mais celle-ci se révèle plutôt inhabituelle : elle doit participer à un congrès de science-fiction. En effet, un espion soviétique vient pour chercher un message capital et le lieu prévu pour le rendez-vous avec son contact est précisément un congrès de science-fiction à Québec. Voici donc Eve Drum parmi les fans de SF, essayant de repérer ses ennemis au milieu des participants. Un fan français, Philippe Genty, devient son ami et va jouer, involontairement, un rôle capital pour permettre à Eve de neutraliser les agents adverses.

MON AVIS : Il faut le constater encore et toujours : la littérature de kiosque des seventies se révélait pleine de bizarreries. Comme ce numéro d’OSSEX, datant de 1974, si bizarre qu’on se demande s’il serait publié aujourd’hui. Probablement pas. Mais ça existait, et ça se vendait.

Bizarre, il l’est dès le titre : l’histoire ne se déroule pas à Ottawa, mais à Québec et à Boston (pour les dernières pages). Mais il est surtout bizarre par son intrigue. Cela commence par un premier chapitre franchement pornographique : Eve et son cher David nous offrent une scène tout à fait digne d’un film X en guise de hors-d’œuvre. Ensuite, et de façon inattendue, le roman devient une grosse blague potache avec une cible claire : la science-fiction et ses fans. Près de la moitié des pages proposent une parodie amusante et mordante des amateurs de science-fiction, présentés comme de braves gars un peu hurluberlus. Moi, je suis un fan de SF et j’ai trouvé ça très rigolo. Hélas, je ne suis pas sûr que tous comprennent cet humour. Enfin, et alors qu’on était bien installé dans la parodie, les derniers chapitres replongent brusquement dans le thriller made in 70,s, avec des révolutionnaires violents et sadiques, et avec la sempiternelle et rituelle scène de viol collectif (je répète qu’on n’est pas obligé de partager tous les fantasmes). Mieux vaut vous prévenir : le final est ultra-violent.

Bref, encore une bizarrerie de la littérature populaire de l’époque. Une époque si lointaine qu’on se demande maintenant comment ces bouquins ont pu exister, comment des gens ont pu les acheter et les lire. Mais ils ont existé, c’est un fait, et on les relit aujourd’hui avec curiosité. Celui-ci ne s’inscrit pas dans les meilleurs de la série d’OSSEX, mais il se laisse lire. Souvenirs, souvenirs.