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Ce roman est un western, mais il a été traduit et publié en France dans la série Noire.

THÈME : Au début du XXè siècle, en Oklahoma, deux hommes violent et tuent une femme indienne. Or, celle-ci était l'épouse du marshal Morgan. Il part à leur poursuite, jusqu'à Gun Hill, au Texas. Il découvre qu'un des accusés est le fils de Craig Belden, gros propriétaire du cru, et un de ses anciens amis. Naturellement, Belden refuse de lui livrer son enfant. Morgan va néanmoins l'arrêter. Il s'enferme avec lui dans une chambre d'hôtel et attend le train du soir pour repartir. Belden et ses hommes encerclent l'hôtel. Les habitants étant terrorisés, Morgan ne peut compter que sur l'aide de Linda, ancienne petite amie de Belden.

MON AVIS : Le titre français ne vous dira peut-être rien, mais si vous avez lu le titre américain, ou le petit résumé ci-dessus, vous aurez compris de quoi il s'agit : oui, c'est bien « Le dernier train de Gun Hill », le film de John Sturges, avec Kirk Douglas et Anthony Quinn. Un classique du western. Le grand auteur Gordon D. Shirreffs a été chargé d'en faire une version littéraire. Un cas comparable à « La diligence vers l'Ouest », déjà chroniqué ici. Comme dans ce dernier exemple, le livre suit strictement le schéma du film. Quel était l'intérêt de ce genre d'initiatives ? J'avoue que je ne le vois pas. Je suppose que ces romans devaient se vendre. Oui, probablement.

N'ayant pas grand-chose à dire sur l'ouvrage (puisque je connais le film presque par cœur), je voudrais m'étendre sur Gordon D. Shirreffs. Ce grand auteur exécute une figure imposée : malgré cela, il parvient, par-ci et par-là, à apporter sa petite touche personnelle, sortant du carcan scénaristique. Dans les petits détails du contexte historique : il nous décrit divers objets, nous parle du téléphone et des vélos, nous faisant ainsi comprendre que nous sommes au début du XX è siècle, bien après la période de la Frontière, laquelle est plusieurs fois évoquée avec nostalgie. Et surtout dans les personnages : Shirreffs développe parfois ce que le film ne faisait qu'évoquer. Notamment le personnage de Linda, qui apparaît ici dans toute sa complexité.

Shirreffs, je l'admire. Autant que Lewis B. Patten. Cet écrivain ne triche pas. Il ne trompe personne. Quand son nom apparaît sur une couverture, on sait ce qu'on va trouver. Du western. Shirreffs ne philosophe pas, ne se lance pas dans des pseudo-inventions littéraires ou sociologiques. Il écrit du western. À l'état pur. Avec professionnalisme et passion. C'est dans ses tripes. Et dans les nôtres. Les miennes, en tout cas. Quand je lis ça, je me sens chez moi. Le western est ma patrie. Comme pour Shirreffs.