Un roman de la collection OSSEX (N° 14), datant de 1973.

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THÈME : Déguisée en hippie, Eve Drum traîne dans Central Park, essayant de s’infiltrer dans les réseaux de trafic de drogue. Son truc marche : elle se lie avec une jeune droguée qui la mène aux milieux du cinéma pornographique, et là, elle fait la connaissance de Pete Raviola, membre d’un réseau, dont elle devient la maîtresse. Justement, Raviola est envoyé au Brésil pour trouver de la drogue et Eve Drum l’accompagne. Ils atterrissent à Bahia, où ils sont accueillis dans la luxueuse villa d’un aristocrate français, fournisseur de drogue à ses heures. Il organise des orgies et Eve Drum en profite pour repérer et ouvrir son coffre-fort. Malheureusement pour elle, les policiers brésiliens sont corrompus et vont la livrer aux gangsters. La belle espionne sera horriblement torturée. Heureusement, elle est devenue amie avec la maîtresse de l’aristocrate : c’est cette dernière qui la délivrera et lui permettra de faire arrêter tout le réseau.

MON AVIS : Au risque de me répéter, j’ai toujours préféré la concurrente Cherry O. Mais puisque je possède des livres de la collection OSSEX, pourquoi ne pas en profiter ? D’autant qu’ils sont bons. En tout cas, celui-ci l’est. Je l’ai déjà dit : c’est de la série Z. L’écriture est au niveau zéro : on peut s’amuser à compter les « être » et les « avoir ». On le sait, on l’accepte. Ou on ne l’accepte pas. Si on l’accepte, ce bouquin populaire est divertissant. Surtout, il réveille en nous la fibre nostalgique. Quand Eve Drum marche dans les rues sales et encombrées de New-York, c’est tout le cinéma et les séries TV des années 70 qui nous reviennent en mémoire. D’autant qu’elle porte l’uniforme des hippies, devenu complètement atypique de nos jours. Les scènes au bord de la piscine évoquent aussi les « Black Emanuelle » et autres films érotiques de notre adolescence. Parce que, au-delà de l’intrigue pseudo-policière, c’est bien d’érotisme qu’il s’agit. Et la nymphomane Eve Drum remplit son contrat : elle porte une mini-jupe à New-York, elle tourne un film pornographique, elle se promène au bord d’une piscine avec un maillot évoquant les futurs strings. Bref, elle paye de sa personne. Ensuite, elle se fait torturer de façon horrible : c’est un fantasme aussi, mais on n’est pas obligé de le partager.

Moi, c’est ce qui m’a amusé : tout en étant une nymphomane, la belle blonde ne se fait aucune illusion sur les hommes à qui elle accorde ses charmes. Elle nous dit sans détour que ce sont tous des cochons. Dans le genre érotique, c’est assez rare pour être signalé. Finalement, c’est très différent de Cherry O, mais Eve Drum, c’était également de la littérature populaire. Pas génial, mais diablement créatif, pour ceux qui voulaient bien lire.

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