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Le roman N°1 de la collection Anticipation, du Fleuve Noir, datant de 1951, écrit par Richard-Bessière.

L’AUTEUR : Un monument de la littérature populaire française, pilier de la collection Anticipation, et dont les écrits ont accompagnés plusieurs générations de lecteurs à toutes les étapes de leur vie.

THÈME : Le professeur Bénac a mis au point le Météore : un vaisseau spatial révolutionnaire, capable de décoller et de voler jusqu’au fond de l’espace. Il improvise un équipage : son filleul Richard Beaumond, le journaliste Jeff Dickson, la belle Mabel Peterson. Par un accident imprévu, l’astronef devra aussi embarquer le mécanicien Ficelle et le mystérieux Don Alfonso. Le Météore atterrit d’abord sur la lune, où les voyageurs doivent échapper à des monstres préhistoriques. Puis sur Mars, où ils découvrent la surprenante civilisation martienne. Le roman s’achève au moment où ils se dirigent vers Jupiter.

MA LECTURE : Comment créer un mythe ? Ce livre vous apporte la réponse. En septembre 1951, le Fleuve Noir le publia et il s’agissait du N°1 d’une nouvelle collection : Anticipation. Une collection entièrement dédiée à la science-fiction, écrite en français, à destination d’un public francophone. Ce fut le début d’une légende. Anticipation allait devenir un pan entier de la littérature française. Ces petits romans de SF ont fait partie de la vie de millions de lecteurs et sont aujourd’hui des trésors pour les collectionneurs.

Alors, les Conquérants de l’Univers ? Je devine les commentaires qui planent. Que c’est de la science-fiction vieillotte, jaunie, comme les anciens numéros de « Nous Deux ». Que c’est simpliste et naïf. Que c’est du Jules Verne amélioré. Bref, que ça ne vaut pas la SF de maintenant. Eh bien, je dis, moi, que ça tient la route aussi bien qu’en 1951. Les aventures du professeur Bénac et de ses compagnons sont peut-être simplistes, mais n’empêche qu’on y accroche et qu’on les suit avec passion jusqu’au bout. Justement à cause de leur simplicité : Richard-Bessière ne nous assomme pas avec des dissertations philosophiques, ou autres. Il est écrivain, et il écrit de la science-fiction. Il fait son boulot. Point. Après, inutile de pointer du doigt les erreurs et approximations scientifiques : l’astrophysique de 1951 n’avait pas le niveau de la nôtre, voilà tout. Tel qu’il est, le bouquin se révèle aussi passionnant qu’à l’époque. Il recèle d’ailleurs des moments amusants, tel que celui où les Martiens entendent du jazz et se demandent comment les Terriens peuvent écouter cette musique barbare.

Enfin, rien de vieux ou de démodé là-dedans. 63 ans plus tard, le professeur Bénac et ses compagnons volent toujours dans l’espace. Et la collection Anticipation est devenue un mythe du XXè siècle.