Holy Motors - Leos Carax - 2012
Un film de Leos Carax, présenté au dernier Festival de Cannes. Avec : Denis Lavant, Edith Scob, Eva Mendès, Kylie Minogue.
THÈME : M. Oscar est un individu étrange. Il passe sa journée dans une grosse voiture, qui roule dans Paris et dont l'intérieur est aménagé en garde-robe. La conductrice lui transmet des « dossiers ». À chaque dossier, il doit se déguiser et aller interpréter un rôle. Tour à tour SDF dans les égouts, mendiant, vieil homme à l'article de la mort, etc. La journée s'écoule ainsi. La nuit revenue, M. Oscar rentre chez lui, ainsi que la conductrice et la voiture, en attendant la journée suivante.
MON AVIS : Je dois avouer la vérité : c'était la première fois que j'allais voir un film de Leos Carax. Je serais incapable de dire à quoi ressemblent les autres. Eh bien, soyons rapide : j'ai aimé. C'est un très bon film. M. Carax a trouvé un truc tout à fait intéressant : un sujet génial, très bien imaginé. Un personnage, celui de M. Oscar, génial. Un autre personnage, celui de la conductrice, génial aussi. Ensuite, cela devient comme un film à sketches, avec M. Oscar comme fil rouge. Les séquences sont de niveau inégal, mais l'ensemble est fascinant. La mise en scène de Carax fourmille de trouvailles et il multiplie les références à Fellini, Cocteau, l'expressionnisme allemand, la planète des singes. Et surtout à Georges Franju, dont il est manifestement un adepte. La dernière image (la femme avec un masque) étant d'ailleurs une reprise évidente des « Yeux sans visage ». Au total, un film captivant. Je le répète : Carax a trouvé un sujet génial. Ce M. Oscar, qui joue des rôles successifs à longueur de journée, est attachant, et on s'aperçoit assez vite que les gens qu'il croise jouent des rôles aussi. Ils nous représentent : nous passons tous notre vie à jouer des rôles, selon le lieu et le moment. Idée décalée aussi d'employer Kylie Minogue et Eva Mendès, cette dernière à contre-emploi : la scène de Kylie Minogue dans la Samaritaine restera sûrement la préférée de beaucoup. Une scène très proche de « La Quatrième Dimension ».
Au chapitre du négatif, on regrettera quelques outrances qui n'apportent rien : la fusillade sur la terrasse du Fouquet's, ou le double suicide à la Samaritaine. Surtout, on peut faire à ce film le même reproche qu'à 80% des films français actuels : trop long. M. Carax aurait pu couper 25 minutes sans rien gâcher.
Retrouvant la veine d'un cinéma oublié, « Holy Motors » est un bon film. M. Oscar et sa voiture-appartement vont-ils devenir cultes dans le cinéma français ? C'est bien possible. En tout cas, je l'espère.














