24 janvier 2012

La jeune fille et la mort - Ariel Dorfman - Théâtre Darius Milhaud -

2912fdc519262409853a54d514b76ef8« La jeune fille et la mort », d’Ariel Dorfman. Avec : Stéphanie Reynaud, Régis Bourgade, Alain Fabre.

LE THEÂTRE : Le Théâtre Darius Milhaud est une salle, finalement sympathique, plantée en plein milieu du populaire XIXè. Elle semble faire un effort au niveau de la programmation. Le problème est qu'on ne sait pas bien comment elle fonctionne. Quand on arrive, il n'y a personne. Quand on revient une heure après, il n'y a toujours personne. Le comptoir qui tient lieu de billetterie n'ouvre que 10 minutes avant le début du spectacle. Lequel débute avec du retard, bien sûr. Y a-t-il un théâtre à Paris où la pièce débute à l'heure ?

LE THÈME : Dans un pays d'Amérique Latine sortant à peine d'une dictature militaire, un jeune avocat vit avec une femme qui fut jadis victime d'arrestation et de torture. Un soir, il ramène à la maison un homme, médecin, qui l'a dépanné sur la route. La jeune femme croit reconnaître en lui un de ses anciens tortionnaires. Contre l'avis de son mari, elle décide de le retenir de force, en l'attachant. Puis elle fait, tout simplement, son procès. Le procès improvisé d'un homme accusé des pires crimes. Un procès qui va durer une nuit entière.

MON AVIS : Disons-le sans tarder : le projet est formidable. À l’heure où le théâtre se referme sur ses valeurs sûres, éliminant les risques, voilà un spectacle qui sort complètement de l’ordinaire et qui nous propose enfin « autre chose ». Initiative à saluer. Pour ma part, j’ai apprécié essentiellement la forme. Les trois comédiens sont visiblement et totalement impliqués dans un projet auquel ils croient et qu’ils nourrissent de leur adhésion. Régis Bourgade très bon en mari dépassé par les évènements, Alain Fabre fort dans le rôle du méchant. Stéphanie Reynaud, après un début hésitant, rentre peu à peu dans son personnage et son jeu va crescendo. Le décor, noir, colle parfaitement au sujet. Certes, il y a quelques balbutiements. Certes, il y a quelques invraisemblances de mise en scène. Mais c’est le jeu. Sur la forme, on peut considérer qu’il s’agit d’une réussite à applaudir.

Mes seules petites réserves concernent le fond. Je ne connais pas Ariel Dorfman et je ne sais pas ce qu’il a voulu démontrer. Apparemment, la pièce se déroule à l’époque des dictatures militaires. Mais ce contexte paraît aujourd’hui lointain. Je ne suis pas sûr qu’une histoire dans ce contexte ait l’impact qu’elle avait jadis. Je peux me tromper, bien sûr. Mais tout au long de la pièce, j’ai eu l’impression de réentendre des débats remontant à ma jeunesse et un peu oubliés depuis. L’intérêt, c’est le jeu des comédiens et le suspense bien entretenu.

 

Posté par Dalleray à 16:12 - - Commentaires [1] - Permalien [#]



Commentaires sur La jeune fille et la mort - Ariel Dorfman - Théâtre Darius Milhaud -

    Stephanie Reynaud est absolument geniale, elle joue à la perfection un rôle extraordinairement difficile, elle y croit, on le sent. Elle aime son métier, pourvu qu'elle ne flanche pas . Bravo à elle et merci à toute l'équipe, enfin du vrai théatre etnon plus de gaudrioles.
    Ayez la gentillesse de nous faire parvenir par e-mails vos programme. Merci

    Posté par Initiatives13, 21 février 2012 à 12:00 | | Répondre
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