La révolte des dieux rouges (Rocky Mountain) - William Keighley - 1950
THÈME : Vers la fin de la guerre de Sécession, un groupe de Sudistes est chargé d’une mission désespérée : se rendre dans l’Ouest pour lever une milice et détourner l’attention de l’armée nordiste. Le détachement est commandé par Barstow. Ils ont rendez-vous avec un certain Smith. Mais en l’attendant, ils sont témoins de l’attaque d’une diligence par les Indiens. Quoique n’étant pas concernés, ils décident d’intervenir et sauvent le conducteur et une femme. Or, cette dernière est la fiancée d’un officier nordiste. Le groupe de Sudistes se retrouve isolé sur une hauteur, encerclé à la fois par les Unionistes et par les Indiens. Quelques heures dramatiques qui aboutiront à une tentative de sortie désespérée.
LE FILM : Je suis un amateur de westerns. Pourtant, je ne connaissais pas celui-ci. Je l’ai donc découvert en DVD. Eh bien… voilà une surprise qu’elle est bonne ! Un super-western. Magnifique. Superbe. Injustement oublié. J’oserais dire qu’on y trouve une ambiance digne de William Wellman, une utilisation des paysages digne d’Anthony Mann, des personnages dignes de Budd Boetticher. Sans oublier le final, digne de Raoul Walsh. Le metteur en scène William Keighley (vétéran de la Warner) pose ses héros sur une hauteur désolée, en plein désert, et il prend une journée et une nuit pour nous les décrire, à l’aide d’une caméra-loupe. On pense à « La patrouille perdue », de John Ford. Entre autres. Là-haut, sur la "Montagne Fantôme", c'est un havre de paix et de sécurité. Fragile, naturellement. En bas, c'est la fureur des hommes. Pourtant, il faudra bien qu'Errol Flynn et ses compagnons redescendent. Comment faire autrement ? Le symbolisme est puissant et bien maîtrisé.
C’est tout simplement passionnant et poignant. Le film est à l’image du décor naturel : aride, âpre, sans fioriture. Les dialogues sont réduits au minimum, les gestes et mouvements presque étouffés. On oserait parler de « western crépusculaire », s’il avait été fait un peu plus tard. Une impression encore renforcée par Errol Flynn : vieilli, les joues creusées. On voit que le temps a passé et que la déchéance approche.
Pourquoi ce grand western est-il presque oublié ? Peut-être à cause de ce foutu noir et blanc qui a condamné tant de chef d’œuvres à la marginalité. À moins que le souvenir des succès d’Errol Flynn l’ait enseveli. Mais c’est du vrai western. À découvrir d’urgence.













