HenriVernes_Pic01Bob Morane et Bill Ballantine dans la forêt infernale... C'est dommage de vieillir. On aimerait bien rester jeune. Par exemple, pour continuer à lire les aventures de Bob Morane avec émerveillement.

Henri Vernes était un journaliste belge. En 1953, il créa Bob Morane. Pourquoi ? Eh bien, parce qu'on l'avait payé pour écrire des romans pour la jeunesse. Il semble que cela ne l'enthousiasmait guère au début. Par la suite, il tenta à plusieurs reprises d'écrire autre chose, et le public lui fit comprendre que... non. Henri Vernes devait écrire Bob Morane, et rien d'autre.

Mon premier Bob Morane fut « La marque de Kali ». À partir de là, les couvertures de Marabout, avec les dessins en couleurs, devinrent familières pour moi. La particularité du héros d'Henri Vernes était sa polyvalence. En suivant Bob Morane, on poursuivait des gangsters dans le port de Macao. Mais on se retrouvait aussi poursuivi par des dinosaures ! Ou bien, on était propulsé dans une autre galaxie et on rencontrait des extra-terrestres. L'univers de Vernes, c'était parfois celui de James Bond, parfois celui de Corto Maltese, parfois celui de Blake et Mortimer. Un univers composé de tous les univers.

Cette particularité explique la place à part qu'occupe Bob Morane dans la littérature populaire. Jamais je n'ai vu un héros d'aventures provoquer autant d'enthousiasme et... autant d'indifférence. Quand le groupe Indochine sortit sa fameuse chanson, beaucoup de gens me demandaient qui était Bob Morane !

La force de Henri Vernes, le secret de son succès, c'était sa jeunesse de coeur. Cet ancien pilote de course vivait la vie en quatrième vitesse, et toujours avec le sourire. Cela donnait à ses romans un souffle et une vivacité impossibles à imiter. Aujourd'hui, Henri Vernes est encore vivant, et il a réussi le plus difficile : rester jeune. Comme Bob Morane, qui restera jeune pour l'éternité. Pas nous, malheureusement.