21 mars 2010

Un dimanche au Théâtre de la Colline

0_86960000_201268671006_thumbLe carrefour Gambetta est un endroit intéressant. On y trouve des restaurants de tous genres, un cinéma et un théâtre prestigieux : le Théâtre National de la Colline. De quoi passer des week-ends distrayants, et pas trop bêtes.

Justement, je viens d'y passer le week-end. Le samedi, je me suis enfermé au cinéma pour voir "Blanc comme neige". Un thriller de style classique, fort bien joué par François Cluzet. J'ai été satisfait, même si l'actrice Louise Bourgoin m'a semblé à côté de la plaque.

Le dimanche, j'ai préféré le théâtre. La pièce : "Les Justes", d'Albert Camus. La mise en scène : Stanislas Nordey. Les comédiens : Emmanuelle Béart, Vincent Dissez, Wajdi Mouawad. Disons-le franchement : j'y suis allé surtout pour Emmanuelle Béart, une grande de la scène que je tenais absolument à voir. J'ai passé un grand après-midi. C'est bien de retrouver ces moments de bonheur dus à la culture. Une culture qui devient peu à peu un luxe : 27€ la place, 4€ le café-crème, ce n'est pas à la portée de toutes les bourses.

Le metteur en scène a dépouillé toute la grande scène. Aucun décor. En revanche, les costumes sont bien ceux de 1905. Un contraste qui interpelle immédiatement. Nous sommes en 1905 et nous sommes aujourd'hui. La pièce est intemporelle. C'est sans doute ce que voulait Camus. Un Camus qui a poussé la réflexion très loin, au point de s'en prendre même aux enfants. Son intention était de troubler et il y parvient : on ne sait plus qui sont les innocents et les coupables. D'ailleurs, les uns et les autres n'existent plus. La fin justifie-t-elle les moyens ? C'est ce que se demandent ces cinq terroristes. Ils veulent libérer le peuple russe, mais le peuple, représenté par un détenu-bourreau, ne se reconnaît pas dans leur combat. Ils veulent faire un monde meilleur, sans savoir de quoi il s'agit exactement. Le texte de Camus nous interpelle encore.

Emmanuelle Béart est formidable, Vincent Dissez aussi. Laurent Sauvage m'a étonné en policier désabusé et cynique. Vraiment, une grande réussite.

Posté par Dalleray à 22:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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